Limoilou dans les années 1950 (35) : dépotoir au parc Cartier-Brébeuf

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La série « Limoilou dans les années 1950 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives tirées de diverses sources.

Affichée sur la page Facebook du gestionnaire des Archives du photographeJocelyn Paquet, l’image à la une illustre le dépotoir Arsenault, qui a longtemps occupé le site actuel du parc Cartier-Brébeuf. D’une série de quatre, cette photo est tirée des négatifs produits par le Studio Lefaivre & Desroches.Rue CadillacCi-contre, image comparative en date du 20 mars 2017, sur la rue Cadillac en direction ouest. On y remarque entre autres la disparition, à droite, d’un immeuble à logements à l’extrémité du stationnement du parc.

Souvenirs odorants

Parmi les nombreux commentaires suscités par la publication de Jocelyn Paquet, retenons en particulier celui de Daniel Jacob :

J’ai connu ça, Stoekan les Toasts… my hometown ! Ha ! Ha ! J’y suis né en 1952, au coin de Cadillac et l’Espinay. Le dépotoir, la « cavée » comme on l’appelait à l’époque, les gens y jetaient n’importe quoi, du vieux bicycle CCM aux chats morts. J’avais jamais revu d’images de cette horreur depuis le début des années 60… »

Dans Chronique d’une rivière disparue, série de huit billets appuyés de nombreuses photos d’archives et d’illustrations,  rappelle à quel point la qualité de l’environnement dans ce secteur s’est dégradée au XXe siècle, jusqu’à ce que la Ville de Québec entreprenne les travaux de canalisation de la rivière Lairet, au début des années 1960.Concernant en particulier le dépotoir Arsenault, l’image ci-contre, une vue cette fois en direction nord, a également accompagné le passage qui suit, tiré de l’ouvrage de l’historien Limoilou, un quartier effervescent.Les Archives du photographe

Les rives de la rivière Saint-Charles et de ses affluents, comme la rivière Lairet, ont longtemps servi d’égouts à ciel ouvert pour la ville de Québec. Les premières plaintes de résidents de Limoilou concernant les dépotoirs remontent à la fin du XXe siècle. La Ville déposait alors ses déchets à la Pointe-aux-Lièvres. Depuis 1889, année de l’inauguration du monument Cartier-Brébeuf, un petit parc avait été aménagé avec plus ou moins de succès le long de la rue Jacques-Cartier. Dès la fin des années 1930, des citoyens réclament la création d’un grand parc national à l’embouchure de la rivière Lairet. Le 8 septembre 1957, dans le cadre d’une cérémonie marquant le 400e anniversaire de la mort de Cartier, le premier ministre du Canada, John Diefenbaker, annonce la création de ce grand parc national. Mais il faudra attendre plus d’un quart de siècle avant que disparaissent les dépotoirs pour faire place au parc Cartier-Brébeuf. »

Voir le billet précédent de la série : Garage Bédard Enr. À lire aussi : Le parc Cartier-Brébeuf revitalisé : l’inauguration du site historique national finalise un projet de 4 M $.