Quatre projets de ruelles vertes démarrés dans le Vieux-Limoilou | 26 juin 2017 | Article par Raymond Poirier

Ruelle entre la 13e et la 14e Rue (4e-8e Avenue). (Photo : Jean Cazes)

Quatre projets de ruelles vertes démarrés dans le Vieux-Limoilou

À l’initiative de l’organisme Nature Québec, quatre ruelles du Vieux-Limoilou – sélectionnées à la suite d’un appel de candidatures lancé à la population – bénéficieront d’un projet de verdissement et d’aménagement. Une occasion pour les résidents du secteur de s’approprier, toujours plus avant, ces artères au cœur de leur milieu de vie.

Ça fait un bout de temps que Sylvie Roy et ses voisins – entre la 13e et la 14e Rue – veulent aménager leur ruelle. Ils avaient déjà tenté l’aventure, au fil des dernières années, mais la complexité de l’ancien programme de la Ville de Québec les avait fait, au final, reculer. Puis, les mois ont passé. Le projet, mis en veilleuse.

Du moins jusqu’à une rencontre du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, en début d’année 2017. L’organisme Nature Québec y avait été convié afin de présenter son projet « À vos ruelles vertes ! ».

Ça me semblait sécurisant. En fait, tout ce qui était offert par Nature Québec, c’était tout ce qui nous avait manqué lorsqu’on a commencé la première version du projet, tout ce qui avait été trop complexe pour nous », indique la résidente du Vieux-Limoilou.

Soutien logistique, aide financière, accompagnement : le contexte était le bon. Sylvie Roy part de la séance avec l’information en main et, sans tarder, contacte ses voisins – le temps de retrouver la liste d’il y a quelques années. Téléphone. Porte-à-porte. Rapidement, l’appui de 80 % des propriétaires demandé par Nature Québec pour le projet est obtenu. En accord avec ses voisins, elle dépose la demande, officiellement.

Trois semaines plus tard, la réponse vient : c’est oui, leur candidature a été retenue. Le projet tant attendu pouvait, enfin, commencer.

Expertise et accompagnement

Après une première rencontre avec l’équipe de Nature Québec, un « comité de ruelle » s’est constitué, question de penser le projet. « On s’est rapidement mis à brainstormer, on a jasé de ce qu’il était possible de faire », indique Mme Roy. Nature Québec, de son côté, a appuyé le comité dans l’organisation des réunions, la réservation de salle – « en fait, on a peu de travail, de notre côté, pour structurer les rencontres », poursuit-elle.

Sylvie Roy et ses voisins en sont rendus là. Au début d’une belle démarche. Et dans l’attente d’autres démarches à venir, d’autres réponses à obtenir, tout particulièrement en matière de financement. Notamment : une aide financière à obtenir dans le cadre du projet de Nature Québec, ainsi qu’une demande à effectuer dans le cadre du programme de la Ville de Québec pour certains pans du projet – liés entre autres au pavage de l’artère. Et voir également quel montant chacun des participants est en mesure de mettre, question de pousser plus loin le projet.

Et surtout du temps pour imaginer, planifier, préparer.

En fait, dès qu’on a un OK, on compte s’embarquer dans la fabrication de bacs et fermer une section de notre ruelle, commencer à verdir notre secteur », note Mme Roy.

Sur la table à dessin ? On parle d’un volet verdissement, avec un espace jardin à la clef, autant que des aménagements pour les enfants – qui incluent notamment de la peinture au sol.

Nos aménagements viseront à créer un milieu de vie afin de favoriser le voisinage. Et, ne serait-ce qu’avec le comité, on en voit déjà les bénéfices : les gens se connaissent plus, il y a un impact sur nos échanges, sur la dynamique de notre coin de ruelle », ajoute la citoyenne.

Quatre projets sélectionnés

Des projets comme celui de Sylvie Roy et ses voisins, Nature Québec en a reçu une dizaine au fil des derniers mois, fort d’un intérêt manifesté par quelque 300 citoyens du secteur.

Il a fallu faire un choix déchirant parmi les candidatures de cette première année. Mais ce n’est que partie remise pour les autres ruelles », indique d’ailleurs Cyril Frazao, coordonnateur du programme Milieux de vie en santé pour Nature Québec.

Ainsi, de ces propositions, l’organisme en a retenu quatre : outre celle de la 13e et 14e Rue, entre la 4e et la 8e Avenue, il s’agit des ruelles situées entre la 9e et la 10e Rue, à la fois entre la 2e et 3e Avenue (ci-contre), et la 3e et la 4e Avenue, et celle de la 8e et 9e Rue, entre la 3e et la 4e Avenue.

L’ensemble des citoyens de ces projets recevront, à l’instar de Mme Roy, un accompagnement logistique et une expertise en aménagement.

Nous avons été littéralement saisis par l’engouement des citoyens pour le projet dans le Vieux-Limoilou ! Nous savions que les ruelles faisaient partie de l’identité du quartier, mais nous avons constaté que les Limoulois étaient également conscientisés à la problématique des îlots de chaleur, de la santé et de la sécurité, sans oublier la beauté des aménagements, des raisons qui expliquent leur intérêt pour les ruelles vertes », estime M. Frazao.

En somme, un projet au bénéfice des citoyens mais aussi, et surtout, pris en charge par les résidents et résidentes des secteurs concernés.

Les ruelles de Limoilou n’ayant pas de propriétaire clair, personne n’est en mesure d’imposer leur verdissement. L’impulsion devait vraiment venir des utilisateurs et des propriétaires des bâtiments adjacents aux ruelles. C’est pourquoi notre projet demandait l’adhésion de 80 % des propriétaires le long d’une ruelle candidate. De plus, les idées d’aménagement, l’ajout de mobilier, tout ça vient des comités de citoyens formés autour des ruelles choisies. Nous, on agit en support à ces idées, pour permettre leur réalisation », conclut Noémie Brazeau-Béliveau, agente de projet pour « À vos ruelles vertes ! ».