Comme un conte de Noël – Des billets pour voir les AS | 23 décembre 2018 | Article par André Lévesque

Crédit photo: Revue Les Sports

Comme un conte de Noël – Des billets pour voir les AS

J’avais commencé en octobre à achaler mon père pour aller voir les AS et mon idole Jean Béliveau au Colisée. Papa me répondait toujours qu’un jour il m’emmènerait avec lui, mais qu’il était trop occupé et blablabla. C’est vrai qu’il passait quatre jours par semaine non sur la route, mais sur les rails, car il était cheminot au Canadian National Railway (CNR).

« Quand on ira au Colisée, mon gars, j’vais acheter des billets chers, juste en arrière du banc des AS, proches de Jean Béliveau », avait dit papa.

Début décembre, toujours la même rengaine et toujours la même réponse de papa. Mais un enfant ne se lasse jamais de demander quand il veut vraiment quelque chose. J’étais tenace !

J’ai donc décidé de mettre sur papier ma liste de cadeaux de Noël et de placer « partie de hockey des AS » en tête de liste, suivie d’un chandail de mon équipe préférée. Il paraît qu’une demande par écrit, c’est plus sérieux et plus efficace. J’ai laissé traîner le bout de papier sur la table de cuisine avant d‘aller me coucher.

Le soir du réveillon, j’ai ouvert mes cadeaux, et j’ai trouvé un chandail des AS avec au dos le numéro 9, celui de mon idole, que ma mère avait cousu. Au moins, j’avais le cadeau numéro deux qui était sur ma liste. Je me suis empressé d’enfiler le beau chandail vert.

« Attends mon gars. J’ai autre chose pour toi ! »

Papa sortit une enveloppe de la poche de son veston.

« Tiens, tu devrais lire cette lettre. Ouvre l’enveloppe. »

À l’intérieur, il y avait deux billets dans les bancs rouges, les meilleures places, et une lettre avec le logo des AS. Avec émotion, je lus la lettre.

Je tremblais de joie ! Une vraie lettre de monsieur Béliveau, écrite à la main à part de ça ! Et deux bons billets pour une partie !

« Mais papa, comment as-tu fait pour perdre les billets ? »

« J’sais pas comment c’est arrivé. Quand j’ai réalisé ma gaffe, j’ai appelé au Colisée, mais il ne restait que des places dans le pit, la section des millionnaires en haut. J’ai alors pensé écrire à Jean Béliveau. On m’avait dit qu’il répondait lui-même à toutes les lettres qu’il recevait. »

C’est donc vêtu de mon chandail vert des AS que j’ai assisté avec mon père à mon premier match de hockey au Colisée, trois rangées derrière le banc de mon équipe !

Jean Béliveau compta deux magnifiques buts, et j’ai crié très très fort pour qu’il m’entende. Et les AS ont gagné contre Valleyfield.