Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Érick Rivard | 26 octobre 2018 | Article par Jean Cazes

Érick Rivard : « Je réalise aujourd’hui que j’ai toujours voulu être un « ambassadeur » de Limoilou ! »

Crédit photo: Jean Cazes

Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Érick Rivard

Monlimoilou célèbre cette année ses dix ans d’existence. Prenant prétexte de son contexte d’origine — alors qu’il se présentait, en 2008, comme « cette première vitrine web digne de la vitalité d’un quartier en plein renouveau » —, nous souhaitons aujourd’hui, pour l’occasion, souligner l’apport de ceux et celles qui ont contribué à changer le visage de Limoilou au cours de la dernière décennie. Septième portrait de cette série de dix personnalités marquantes : l’architecte et designer urbain Érick Rivard.

En 2000, Érick Rivard s’établit à Québec en Haute-Ville, avant de prendre racine huit ans plus tard avec sa jeune famille dans Limoilou. « Un coup de foudre ! » confie-t-il d’entrée de jeu. Dès lors, l’architecte et designer urbain pour Groupe A / Annexe U s’implique au conseil de quartier du Vieux-Limoilou (CQVL), où il assumera quelques mois plus tard la présidence jusqu’en 2012, ainsi qu’au conseil d’établissement de l’école Saint-Fidèle, que fréquenteront ses trois enfants. Plusieurs de ses réalisations, bénévoles et professionnelles, ont contribué à l’amélioration de la vie de quartier.

Par ailleurs chargé de cours à l’Université Laval, ce citoyen engagé est membre de la Commission de conservation et d’urbanisme de la Ville de Québec, et a déjà siégé à la Commission de la Capitale nationale du Québec. Collaborateur à Monlimoilou, Érick Rivard s’exprime régulièrement dans divers médias sur des enjeux de développement urbain.

Comment perceviez-vous Limoilou, à votre arrivée en 2008 ?

Je n’avais pas d’idées préconçues sur Limoilou, même s’il y a à peine dix ans, une certaine « aura négative » planait encore sur le quartier. On s’était fait « vendre » Limoilou par un proche qui le connaissait bien, beaucoup nous vantaient sa qualité de vie pour les familles, et il était facile d’y devenir propriétaire. En plus, comme usager du transport en commun, je trouvais que le quartier était très bien desservi.

J’ai vite constaté que c’est facile de s’impliquer dans Limoilou, d’y changer des choses. Rapidement, les gens sont derrière nous, avec la complicité d’alliés de diverses entreprises, institutions ou du milieu municipal. Et aujourd’hui, je me considère autant Limoulois que ceux qui y habitent depuis toujours.

Comment pouvez-vous décrire votre rôle dans le quartier ?

Je réalise aujourd’hui que j’ai toujours voulu être un « ambassadeur » de Limoilou ! Déjà en 2008, la présidente de l’époque du CQVL nous a encouragés, moi et ma conjointe, à créer le Grand Bazar des ruelles, car on croyait vraiment que les ruelles de Limoilou méritaient d’être mises en valeur. Comme autre exemple, en étant sur le conseil d’établissement de l’école Saint-Fidèle, ça m’a amené à lancer des petits projets tout autour, comme le rétrécissement des trottoirs pour sécuriser la 12e Rue, avec la complicité de la conseillère municipale Suzanne Verreault.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier, considérant leur impact sur le quartier ?

D’abord, le Grand Bazar des ruelles, qui souligne toute la richesse communautaire de Limoilou. Pendant les quatre premières années, on a tenu ça à bout de bras : j’invitais des amis à fixer les affiches, et une belle complicité s’est établie avec l’équipe de Monlimoilou.

Ma deuxième grande fierté est en lien avec la réalisation de la place Limouloise. J’aime penser qu’on a initié le projet en faisant valoir, depuis dix ans au CQVL, son importance comme lieu central du quartier. En collaboration avec ExMuros, j’ai été impliqué dans le projet pilote de 2015. Un sous-projet qui en avait découlé l’année précédente est le stationnement pour piétons, qui a permis de mesurer toute l’ouverture des Limoulois pour des trucs plus « flyés », qui ont d’ailleurs semé ailleurs en ville.

Enfin, je dois souligner le nouveau nom de notre arrondissement, un geste politique mené de front au CQVL qui a contribué, je crois, à développer notre sentiment d’appartenance. Lors des fusions municipales, Limoilou avait « gagné » son arrondissement, son bureau et ses services. Mais avec la diminution du nombre d’arrondissements, pour éviter que Limoilou retombe dans l’oubli, on en est venu à cette réflexion : « Le CQ va soutenir cette réduction, à la condition que les limites des conseils de quartier ne bougent pas, et que le futur nom de l’arrondissement soit La Cité-Limoilou. »

Comment percevez-vous l’évolution du quartier depuis dix ans ?

Avant tout, on a gagné en fierté ! Il y a dix ans, il n’y avait pas de pancartes « J’aime ma ruelle », pas d’événement comme Limoilove. Les citoyens de tous âges affirment haut et fort « Je suis Limoulois », et à l’extérieur, on reconnaît Limoilou comme étant un quartier effervescent et stimulant.

Cela dit, j’ai travaillé, notamment avec mes étudiants sur des projets urbains touchant le quartier, dont récemment sur la conversion de l’autoroute Laurentienne. On « rêve » Limoilou dans le futur. Un rêve comme la place Limouloise, et comme d’autres places publiques permanentes qui, je crois aussi, verront le jour dans Lairet et Maizerets.

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NDLR : Devant l’avalanche de noms à l’étape de présélection, l’équipe éditoriale a dû faire des choix difficiles, guidée par sa volonté de couvrir une diversité de champs d’intervention. Sans rien enlever aux personnes retranchées, la sélection vise à reconnaître les convictions, l’engagement, la persévérance et la vision qui ont présidé aux efforts consentis pour améliorer notre milieu de vie. À tous ceux et celles qui, néanmoins, s’impliquent dans le quartier et participent à son mieux-vivre, une part du mérite vous revient.