Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Véronique Lalande | 30 octobre 2018 | Article par Raymond Poirier

Celle qui a sonné l’alarme dans le dossier des poussières rouges continue de porter la cause alors que se déroule ces jours-ci le recours collectif contre le Port de Québec, au palais de justice.

Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Véronique Lalande

Monlimoilou célèbre cette année ses dix ans d’existence. Prenant prétexte de son contexte d’origine — alors qu’il se présentait, en 2008, comme « cette première vitrine web digne de la vitalité d’un quartier en plein renouveau » —, nous souhaitons aujourd’hui, pour l’occasion, souligner l’apport de ceux et celles qui ont contribué à changer le visage de Limoilou au cours de la dernière décennie. Huitième portrait de cette série de dix personnalités marquantes : Véronique Lalande, citoyenne engagée et lanceuse d’alerte.

Le 26 octobre 2012, un nuage de poussières rouges en provenance du Port de Québec s’abat sur Limoilou. En réaction à cet épisode, Véronique Lalande, aux côtés de son conjoint Louis Duchesne, choisit de se mettre en action. Ils documentent d’abord l’événement d’octobre. Puis, ils creusent plus loin, démontrant les multiples pressions que subit la qualité de l’air des habitant.e.s de Limoilou et des quartiers environnants.

Tirant la sonnette d’alarme, Mme Lalande mobilise citoyens et citoyennes, mettant en place l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec. Aujourd’hui, elle représente leurs intérêts devant la justice alors qu’elle est engagée dans deux recours collectifs concernant l’impact des activités industrialo-portuaires sur la Basse-Ville.

À l’époque où vous avez amorcé votre engagement citoyen, comment perceviez-vous Limoilou ?

Pour moi, le début du sentiment d’urgence qui a fait que j’ai arrêté de subir et que je me suis mise en action, c’est le 26 octobre 2012. Il y avait de la poussière avant, mais j’ai l’impression que le 26 octobre, c’est le moment où l’on s’est dit que c’était assez. Limoilou, c’est le milieu de vie que j’avais choisi, et j’ai compris aussi que c’était un quartier de combattants : on ne peut pas subir une telle situation, face à la qualité de l’air, sans être des bagarreurs, des survivants !

Quelle est la mission que vous vous êtes donnée par rapport au quartier ?

Elle est toujours la même : c’est de documenter et diffuser l’information sur les impacts des activités industrielles sur les quartiers environnants, et militer activement pour des milieux urbains plus sains.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière, relativement au quartier ?

Après les événements de 2012, la première recherche que j’ai faite sur le Web en lien avec la poussière et Limoilou n’avait mené qu’à un seul lien – une œuvre poétique… Aujourd’hui, si l’on tape ces mêmes termes dans l’engin de recherche, eh bien, c’est tout autre chose – il y a des analyses, des rapports. Le fait qu’on puisse désormais trouver ce niveau de connaissances, le fait qu’il n’y a pas grand monde à Québec qui ne sait pas que le Port de Québec génère des poussières hors de sa zone, eh bien, ça, c’est une grande réussite !

Comment percevez-vous l’évolution du quartier depuis dix ans ?

Bien que je n’habite plus le quartier, je travaille encore à proximité. Je sens encore ses odeurs et vois encore sa poussière. Je fréquente encore les commerces de la 3e Avenue. J’ai toujours cette perception que Limoilou est un milieu profondément humain. Que ce n’est pas qu’un quartier où tu vas dormir, travailler ou t’amuser, mais plutôt que Limoilou, c’est tout ça à la fois. J’ai aussi la perception que Limoilou, c’est un quartier qui souffre encore énormément et qu’on ne respecte pas… C’est pour moi des sentiments mélangés… Au bout du compte, au fil des années, ma perception du quartier n’a pas beaucoup changé. C’est un quartier magnifique et accueillant auquel on en fait voir de toutes les couleurs…

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NDLR : Devant l’avalanche de noms à l’étape de présélection, l’équipe éditoriale a dû faire des choix difficiles, guidée par sa volonté de couvrir une diversité de champs d’intervention. Sans rien enlever aux personnes retranchées, la sélection vise à reconnaître les convictions, l’engagement, la persévérance et la vision qui ont présidé aux efforts consentis pour améliorer notre milieu de vie. À tous ceux et celles qui, néanmoins, s’impliquent dans le quartier et participent à son mieux-vivre, une part du mérite vous revient.