Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Louis Grou | 19 octobre 2018 | Article par Stéphanie Vincent

« Je suis fier du fait qu’on a collaboré beaucoup dans les dernières années avec la communauté », confie Louis Grou, qui aura consacré près de 30 ans de sa vie professionnelle au Cégep Limoilou.

Crédit photo: Cégep Limoilou

Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Louis Grou

Monlimoilou célèbre cette année ses dix ans d’existence. Prenant prétexte de son contexte d’origine — alors qu’il se présentait, en 2008, comme « cette première vitrine web digne de la vitalité d’un quartier en plein renouveau » —, nous souhaitons aujourd’hui, pour l’occasion, souligner l’apport de ceux et celles qui ont contribué à changer le visage de Limoilou au cours de la dernière décennie. Quatrième portrait de cette série de dix personnalités marquantes : Louis Grou, jusqu’à tout récemment directeur général du Cégep Limoilou.

Louis Grou a quitté en juillet la direction du Cégep Limoilou après plus de sept ans dans cette fonction et près de trois décennies au service de cette institution. D’abord responsable des sports, puis directeur de la Fondation, des communications, des affaires étudiantes et communautaires, du campus de Charlesbourg et, enfin, directeur général, ce joueur d’équipe a laissé sa marque à l’intérieur comme à l’extérieur des murs du Cégep.

À l’époque où vous êtes entré en fonction, comment perceviez-vous Limoilou ?

Quand je suis arrivé en 1989 et que j’ai eu l’emploi de responsable des sports au Cégep, il y avait beaucoup de gens qui avaient des préjugés à l’égard de Limoilou. On disait : « C’est un quartier difficile, c’est un collège difficile. » Il est vrai que c’est un quartier qui avait besoin d’amour. Tranquillement, on a vu une conversion, les gens se sont approprié le quartier, des éléments de fierté sont ressortis, beaucoup d’entraide s’est développée. Mais les premières années, c’était vraiment un quartier très populaire.

Quelle est la mission du Cégep Limoilou, et celle que vous vous êtes donnée en vertu de votre fonction de directeur général ?

C’est une mission de formation, d’enseignement postsecondaire. Le titre du projet éducatif du Cégep Limoilou — un projet qui existe depuis près de 25 ans —, c’est « Le savoir, source de liberté ». C’est l’accès au savoir. Une fois que tu as ton diplôme, une fois que tu sais, tu es libre de faire ce que tu veux, ou de ne pas faire ce que tu ne veux pas. Tu es plus éclairé dans tes choix. « Le savoir, source de liberté », c’est ce qui nous inspire, mais c’est aussi une mission de formation, de diplomation, d’apprentissage très accessible, ou le plus accessible possible.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier, notamment par rapport à leur impact sur le quartier ?

Il y a eu beaucoup d’efforts chez nous pour témoigner des bons coups des étudiants et du personnel, de la qualité des gens qui y étudient et y travaillent, des projets étudiants, des valeurs d’accessibilité, de diversité et d’entraide que l’on préconise. On a mis cela en évidence. Les anciens sont revenus témoigner publiquement, ils s’affichent, les Yvon Charest, Claude Marcoux, Gertrude Bourdon… Dans le cadre des 50 ans, nous avons réuni 50 anciens, de tous les secteurs d’activité, qui ont remis une bourse à 50 jeunes dans les mêmes secteurs d’activité. Je suis content d’avoir incité les gens à prendre la parole publiquement, mais c’est un travail d’équipe.

Ce dont je suis fier, aussi, c’est la mobilisation et l’engagement du personnel malgré des années difficiles de compression. C’était ma grande crainte, de voir qu’année après année, on nous impose des compressions, et que les gens finissent par dire « assez ». J’ai senti que les gens étaient fiers, restaient mobilisés, qu’ils travaillaient fort malgré ces temps difficiles. J’étais entouré d’une équipe extraordinaire. Ils ont travaillé beaucoup dans les dernières années sur le volet réussite, le volet accompagnement des étudiants.

Je suis fier aussi du fait qu’on a collaboré beaucoup dans les dernières années avec la communauté. On a travaillé avec le Patro Roc-Amadour, la Caisse, les gens de l’Arrondissement, des organismes communautaires. J’ai toujours tenu à cette complicité avec le milieu environnant dans lequel on se retrouve.

Comment percevez-vous Limoilou aujourd’hui ?

Je pense que ma perception a changé, mais je pense honnêtement que le quartier aussi a changé. C’est un quartier de plus en plus convoité, recherché, les gens sont sympathiques, ils sont accueillants. C’est de plus en plus multiculturel ; je pourrais dire multisocioéconomique, aussi.

Cette diversité-là est une richesse. Ça apporte beaucoup au quartier, même si certains peuvent voir cela d’un mauvais œil, disant que ça génère une gentrification. Mais quand on regarde aussi le dynamisme que ça apporte, l’entraide dans le quartier, je trouve que c’est positif. Je regarde les activités qu’il n’y avait pas avant – le Bazar des ruelles, Limoilove, etc. – et c’est ce qui fait qu’il y a de la vie, que des organismes communautaires, des gens qui ont davantage d’initiative, de ressources, viennent aussi aider des gens qui sont davantage dans le besoin.

On remarque que les jeunes ont pris possession du quartier. Ça change les dynamiques dans les écoles, ça change la vie de quartier, ça change même la vie dans les ruelles. On est en train de verdir et d’animer les ruelles et les parcs. Tout ça, ça fait partie d’un beau virage que le quartier a pris dans les dernières années.

***

NDLR : Devant l’avalanche de noms à l’étape de présélection, l’équipe éditoriale a dû faire des choix difficiles, guidée par sa volonté de couvrir une diversité de champs d’intervention. Sans rien enlever aux personnes retranchées, la sélection vise à reconnaître les convictions, l’engagement, la persévérance et la vision qui ont présidé aux efforts consentis pour améliorer notre milieu de vie. À tous ceux et celles qui, néanmoins, s’impliquent dans le quartier et participent à son mieux-vivre, une part du mérite vous revient.