Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Marc Bergeron et Michèle Leboeuf | 2 novembre 2018 | Article par Raymond Poirier

Michèle Leboeuf et Marc Bergeron devant le Minibus des tout-petits, un service d’animation mobile qui va à la rencontre des familles dans les lieux publics.

Crédit photo: Jean Cazes

Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Marc Bergeron et Michèle Leboeuf

Monlimoilou célèbre cette année ses dix ans d’existence. Prenant prétexte de son contexte d’origine — alors qu’il se présentait, en 2008, comme « cette première vitrine web digne de la vitalité d’un quartier en plein renouveau » —, nous souhaitons aujourd’hui, pour l’occasion, souligner l’apport de ceux et celles qui ont contribué à changer le visage de Limoilou au cours de la dernière décennie. Dernier portrait de cette série de dix personnalités marquantes : Marc Bergeron et Michèle Leboeuf, de l’Initiative 1, 2, 3 Go ! Limoilou.

Il va sans dire : les familles ont aujourd’hui leur place dans le quartier – Limoilou est d’ailleurs reconnu pour ses poussettes et ses cris d’enfants. Or il n’en a pas toujours été ainsi ; les familles, il y a quelques années, n’y étaient pas aussi visibles. L’action d’organismes comme l’Initiative 1, 2, 3 Go ! Limoilou n’est, assurément, pas étrangère à cette évolution.

Entre des programmes éducatifs comme Grandir en forêt et les démarches liées à l’initiative Certifié Famille, entre l’organisation de la Semaine des petits trésors et la mise en place du Minibus des tout-petits, entre des projets associés à l’aménagement urbain et combien d’autres interventions, l’action de 1, 2, 3 Go ! Limoilou a eu son impact sur le devenir du quartier ces dix dernières années. Afin de souligner cet apport, Monlimoilou est allé à la rencontre du coordonnateur de l’organisme, Marc Bergeron, et de l’adjointe à la coordination, Michèle Leboeuf.

À l’époque où vous avez amorcé votre travail au sein de 1, 2, 3 Go ! Limoilou, comment perceviez-vous le quartier ?

Michèle Leboeuf (M.L.) : « Je suis arrivée à Limoilou en 2010. En y arrivant, j’avais la perception d’un quartier aux prises avec des réalités liées à la défavorisation, à un contexte de vulnérabilité dans lequel les enfants et les familles évoluaient. Et Marc m’a invitée à aller marcher dans le quartier – ce qui m’a permis de découvrir un autre visage du secteur, lié tout particulièrement au dynamisme de son tissu social. »

Marc Bergeron (M.B.) : « Ça fait trente ans que j’habite Limoilou. J’ai vu le quartier se transformer, au fil des années. Beaucoup s’est dit sur le fait qu’il est devenu, dans cette évolution, plus dynamique. Il y a aussi des défis qui sont liés à cette transformation, et qu’il ne faut pas passer sous silence, comme les enjeux de gentrification qui ont un impact quant à l’accès au logement,  tout particulièrement pour les familles. »

Quelle est la mission que vous vous êtes donnée par rapport au quartier ?

M.B. : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer notre environnement urbain afin que celui-ci soit plus accueillant pour les familles, pour les jeunes enfants ? »

M.L. : « S’appuyer sur la vitalité du quartier, portée par ses différents acteurs, et travailler avec eux au profit de l’amélioration des milieux de vie dans lesquels évoluent les familles, par le biais de projets et d’initiatives qui vont mettre de l’avant et bonifier leur qualité de vie. »

Quelles sont les réalisations dont vous êtes les plus fiers, relativement au quartier ?

M.L. : « Il y en a plusieurs. Il y a des choses bien tangibles, comme le Minibus des tout-petits ou le projet Grandir en forêt, et il y en a aussi d’autres, plus intangibles, comme celle d’avoir contribué à faire en sorte que les gens se mettent ensemble, travaillent avec une vision commune relativement à la petite enfance, et reconnaissent que les premières années de vie sont les plus porteuses pour le développement d’un individu ! »

M.B. : « On en a vu tourner, des projets ! Mais moi, ce que je trouve encourageant, c’est qu’aujourd’hui, quand on sollicite des partenaires, des gens pour travailler avec nous au profit de la petite enfance, il y en a toujours qui répondent à l’appel. Je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir été capable d’amener les gens à travailler ensemble autour d’actions communes liées à la petite enfance et la parentalité. »

Comment percevez-vous l’évolution du quartier depuis dix ans ?

M.L. : « On a fait de la place à la famille, à la petite enfance. Collectivement, on s’est donné un quartier où les enfants ont leur place, où les familles sont accueillies. Peut-être que cet environnement a contribué à l’évolution du nombre d’enfants, au fait qu’on se donne le droit, le plaisir, d’y vivre avec des jeunes enfants ? »

M.B. : « Il y a vingt ans, trente ans, on se faisait dire que ce n’était pas la chose à faire que d’élever des enfants à Limoilou ! C’était l’image qu’on avait du quartier… Aujourd’hui, on voit plutôt une belle cohabitation avec les familles qui se sont installées ici, et qui cherchent à respecter l’histoire, l’esprit du quartier. Limoilou, c’est un quartier où on veut faire, et où on fait de la place à tout le monde, où on peut élever des enfants, en prendre soin, chercher à leur donner le meilleur. »

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NDLR : Devant l’avalanche de noms à l’étape de présélection, l’équipe éditoriale a dû faire des choix difficiles, guidée par sa volonté de couvrir une diversité de champs d’intervention. Sans rien enlever aux personnes retranchées, la sélection vise à reconnaître les convictions, l’engagement, la persévérance et la vision qui ont présidé aux efforts consentis pour améliorer notre milieu de vie. À tous ceux et celles qui, néanmoins, s’impliquent dans le quartier et participent à son mieux-vivre, une part du mérite vous revient.