Dépassements à l’incinérateur : pour une politique Zéro déchet ? | 14 janvier 2018 | Article par Viviane Asselin

Crédit photo: Jean Cazes

Dépassements à l’incinérateur : pour une politique Zéro déchet ?

Vendredi, la Ville de Québec confirmait que l’incinérateur avait enregistré un taux de rejets toxiques supérieur aux normes environnementales en octobre dernier. Des résultats qui viennent donner du poids à une résolution adoptée récemment par le conseil de quartier du Vieux-Limoilou : celle d’inviter l’administration municipale à adhérer au mouvement Zéro déchet en déployant une politique en conséquence.

Alors que les normes environnementales pour le mercure et pour les dioxines et furannes sont respectivement de 20 ug/m3 et 0,08 ng/m3, la moyenne enregistrée en octobre 2017 est de 27 ug/m3 et 2,5 ng/m3, indique-t-on dans le communiqué émis par la Ville. Parmi les quatre fours en activité, seul le four no 4 est en faute.

Aussi fera-t-il l’objet d’un entretien particulier à compter du 16 février : la Ville le dotera d’un injecteur indépendant de charbon actif, un agent reconnu de contrôle des émissions polluantes. À terme, tous les fours en seront équipés, ainsi qu’il avait été prévu dans le plan d’action dévoilé en mars dernier pour améliorer le fonctionnement de l’incinérateur. Par ailleurs, d’autres actions ont été entreprises dès le 15 décembre 2017 afin de réguler la situation, assure-t-on.

En faveur d’une politique Zéro déchet

Ces récents dépassements viennent mettre en relief l’initiative du conseil de quartier du Vieux-Limoilou qui, dans une résolution adoptée en novembre dernier, recommande à la Ville de se joindre au mouvement mondial Zéro déchet afin de réduire l’impact de l’incinérateur sur l’environnement et la qualité de l’air.

Dans cette résolution, les membres du conseil reconnaissent volontiers les efforts déployés jusqu’à présent par la Ville. Ils citent les investissements pour la mise à niveau de l’infrastructure, la création du Comité de vigilance de l’incinérateur et le lancement de l’étude Limoilou, mon environnement, ma santé — dont les conclusions seront rendues publiques dans un horizon de deux ans.

Or voilà, dans l’intervalle et en dépit de ces efforts, « des dépassements ponctuels liés à certains types d’émanations continuent d’être observés », fait valoir le conseil du Vieux-Limoilou — et l’échantillonnage d’octobre lui aura donné raison a posteriori. Rien, donc, pour calmer les inquiétudes des citoyens, pour qui l’empreinte environnementale de l’incinérateur est l’objet de préoccupations depuis plusieurs années.

Pour le conseil de quartier, le mandat de révision de la Politique de gestion des matières résiduelles de la Ville auquel collabore le Comité de vigilance de l’incinérateur pourrait être l’occasion d’un engagement au mouvement Zéro déchet. Encourageant la Ville à y adhérer, les membres du conseil lui recommandent ainsi de « définir de façon claire et précise sa stratégie [Zéro déchet], de même que son calendrier de réduction des matières résiduelles », peut-on lire dans la résolution.