Limoilou en musique 2018 : ça <em>bounce</em> en Basse-Ville | 9 juin 2018 | Article par Émilie Rioux

Larry Kidd

Crédit photo: Émilie Rioux

Limoilou en musique 2018 : ça bounce en Basse-Ville

Tout le monde le sait, Limoilou en musique, c’est un très beau prétexte pour coucher les enfants plus tard, les petits autant que les grands.

Les célébrations démarraient cette année avec une programmation audacieuse, tissée de rap québécois ; un genre musical peu représenté ces dernières années sur la 3e Avenue. C’est sans doute la montée fulgurante en popularité des icônes musicales que sont Fouki et Larry Kidd (membre de la défunte formation Loud Lary Ajust) qui explique la foule considérable amassée en cette première soirée de festivités, vendredi.

Louis the 3rd, une introduction prometteuse

Avant que le jour ne soit tombé, Louis the 3rd était déjà sur scène afin de rassembler les fidèles. Tâche ingrate, s’il en est une, que d’ouvrir pour des têtes d’affiche devant un public plutôt dispersé. Néanmoins, le jeune rappeur de Limoilou s’en sort bien, avec une verve remarquable et une présence sur scène accrue, et ce, malgré une lacune quant à la qualité sonore des rythmes qui le soutenait. Une découverte intéressante, donc, en guise d’introduction.

Fouki, la star montante

La foule, composée essentiellement d’adolescents, s’est rapidement amassée aux devants de la scène avant l’arrivée acclamée de Fouki. Vedette montante, le rappeur de 21 ans a démontré en quelques minutes que la réputation qui le précède ne tient pas de la fabulation médiatique. Sur scène, une chimie évidente avec son beat-maker. Au parterre, des fans qui connaissent les paroles de toutes les chansons. Au fil d’allers-retours incessants sur scène, Fouki anime son public de belle manière, qui en redemande après avoir chanté les hits tels que Zeya, Makeup ou Gayé.

Le rappeur a la qualité d’interpréter lui-même ses refrains mélodiques et désinvoltes, plutôt que de s’en remettre à l’échantillonnage ; c’est sans doute une des clés de son succès encore jeune. À surveiller, donc, puisqu’il sera de retour au Festival d’été de Québec le 5 juillet prochain.

Larry Kidd, solide tête d’affiche

La tête d’affiche de la soirée, l’irrévérencieux Larry Kidd, a finalement fait son entrée, glorieux et visiblement heureux d’être invité à Limoilou. Menant l’intensité du concert à son paroxysme, il s’est amusé avec la foule, elle aussi conquise d’avance par les verse du rappeur et les beats de DJ Manifest, tenant le fort en arrière scène. Même sous les averses intermittentes qui ont ponctué la soirée, la jeunesse s’en est donné à cœur joie dans le bounce, jusqu’à Petit Jésus, ultime pièce du set principal, qui s’est conclu avec ce qu’on pourrait traduire par « l’échappée du micro ». Mention spéciale à la gestion spontanée du rappeur à l’endroit d’une spectatrice manifestement affectée, venue proclamer subitement sur scène son opposition au G7.

Ce segment pour le moins loufoque fut la seule intervention politique de la soirée. Cette première soirée fort satisfaisante aura mis la table pour une nouvelle édition de Limoilou en musique qui s’avère encore pleine de promesses.

Limoilou en musique se poursuit jusqu’à dimanche. Pour consulter la programmation : Limoilou en musique.