Au Marquis de Brummel, la dernière danse | 22 septembre 2018 | Article par Suzie Genest

Jonathan Rioux, copropriétaire, entouré de Johanne et Lili, employées chez Au Marquis de Brummel.

Crédit photo: Suzie Genest

Au Marquis de Brummel, la dernière danse

En fin de journée le 30 septembre 2018, l’équipe d’Au Marquis de Brummel fermera définitivement les portes du commerce de la 3e Avenue. La décision de ceux qui l’opèrent depuis 2008, Jonathan Rioux et Martin Duchesne, tient compte de la conjoncture mais aussi des valeurs de l’entreprise spécialisée en tenues de cérémonie depuis 1973.

« Le marché du vêtement n’est pas facile », reconnaît Jonathan Rioux, qu’on a vu plusieurs années sur le plancher de la boutique. Néanmoins, dit-il, Au Marquis de Brummel « s’en sortait encore bien car on avait une niche très, très, très spécifique. Mais dans dix ans, je ne suis pas certain… »

M. Rioux et son associé auraient eu à prendre de l’expansion, réinvestir pour durer. Or depuis 2016, il opère parallèlement une entreprise de distribution de gaz pour boissons gazeuses, bières et vins en fût, Solutech Québec. Et depuis peu, il développe deux nouveaux projets. Quant à Martin Duchesne, qui était déjà plutôt « à l’externe », un enfant vient de s’ajouter à sa jeune famille. Les associés ont donc décidé de mettre fin à l’aventure.

Une question de cœur

Les propriétaires d’Au Marquis de Brummel ont préféré liquider l’inventaire, refusant des offres d’achat, parce qu’elles n’étaient pas à la hauteur, mais aussi par conviction.

 « C’est une entreprise proche du client. Vous voyez, on ferme et on n’est pas en train de « garrocher ». Ça va vite, mais on sert nos clients avec plaisir. Pour nous, c’était très important que ça demeure. Quand ça tombe dans les mains de quelqu’un d’autre, on n’a plus le contrôle là-dessus. Surtout moi, personnellement, qui ai travaillé ici, ça ne m’intéressait pas d’entendre parler du Marquis en plus ou moins bien… C’est une question de cœur. »

Le commerce avait aussi tissé des liens forts avec ses employées, qui accompagnent M. Rioux dans la fermeture.

« C’est émotif un peu. Tout mon « staff » le sait depuis un bon bout de temps, ils m’ont garanti qu’ils restaient jusqu’à la fin. C’est quasiment une famille. J’ai acheté en 2008, Johanne est arrivée en 2009. Lili a fait ses stages en design ici il y a sept ou huit ans et a travaillé quatre ans chez nous. Elle est retournée à l’université, on l’a ramenée pour fermer le magasin. »

Les deux projets en développement de Jonathan Rioux, dont il ne peut parler pour le moment, verront probablement le jour dans Limoilou, un quartier où il a déjà habité. Entre-temps, Au Marquis de Brummel poursuit sa vente de fermeture jusqu’au 30 septembre inclusivement.

Au Marquis de Brummel
657, 3e Avenue
418-529-6897