<em>Au-delà des mots</em> : contrer les préjugés tenaces envers des personnes vulnérables | 15 mai 2019 | Article par Jean Cazes

En conclusion de la lecture des témoignages. 9 mai 2019.

Crédit photo: Jean Cazes

Au-delà des mots : contrer les préjugés tenaces envers des personnes vulnérables

Le lancement de l’ouvrage collectif de l’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDS QM), qui vise à sensibiliser la population au vécu des personnes vivant de l’aide sociale, a réuni jeudi dernier une centaine de citoyens œuvrant dans des organismes sociaux ou ayant cette cause à cœur.

Tenu au Domaine Maizerets, cet événement coïncidait avec la Semaine de la dignité des personnes assistées sociales, un mouvement porté depuis 45 ans par les groupes de défense des droits des personnes assistées sociales au Québec, à l’exemple de l’ADDS QM.

Dite de dernier recours, cette aide, tient à rappeler l’organisme du quartier Saint-Sauveur, est « une assurance collective que nous nous sommes donnée en 1969, afin d’éviter de se retrouver dans la rue dans une situation de dénuement total ». Car « personne n’est à l’abri de la maladie ni des épreuves »…

« T’as pas le droit de t’entraider, à l’aide sociale »

« Ce fort sentiment d’être jugé, exclu et marginalisé fait vivre beaucoup de honte. Celle-ci est si intense que dans un des témoignages, l’un des participants affirme ceci : « J’existe, c’est tout. Tu peux te mêler avec d’autres BS. Y’ont tous le même chromosome… ». […] » – Extrait de la préface de Jean-Yves Desgagnés

Le plaidoyer bien senti, chaudement applaudi, du professeur en travail social à l’UQAR, aussi porte-parole des revendications des groupes comme l’ADDS QM, était l’un des trois moments forts de la présentation du recueil en amorce de la lecture de sa préface.

« Les gens qui vivent de l’aide sociale au Québec sont considérés comme des citoyens de seconde classe. […] T’as pas le droit à une vie affective, à l’aide sociale [soulignant l’ingérence des agents dans la vie privée]. T’as pas le droit de t’entraider, à l’aide sociale [dénonçant les coupes pour le partage du logement]. Tu t’es payé un fonds de pension? On va s’arranger pour aller te le voler ! […] Si tu reçois des dons de la famille ou d’amis, c’est de la fraude. […] J’espère qu’on va y mettre fin un jour, à ce système d' »apartheid social » et qu’on aura un revenu social garanti universel ! », a conclu le porte-parole des revendications de groupes de défense des droits sociaux.

Sous une forme théâtrale, des membres de l’ADDS QM ont ensuite poursuivi la lecture du recueil, soit des extraits de 11 témoignages recueillis lors de rencontres avec des personnes assistées sociales en réponse à ce premier objectif : leur donner la parole et leur permettre d’être entendues.

L’une des lectures de Claude Garneau

Pour se procurer l’ouvrage Au-delà des mots, au coût de 5 $ :

ADDS QM
301, rue de Carillon
418 524-5064

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