AutonHommie fête ses 35 ans de services | 17 novembre 2019 | Article par Jean Cazes

AutonHommie, sur la 3e Avenue.

Crédit photo: Jean Cazes

AutonHommie fête ses 35 ans de services

Coup d’œil sur l’origine et l’évolution du centre de ressources sur la condition masculine à la veille des portes ouvertes de AutonHommie.

Dans le cadre de son 35e anniversaire, AutonHommie a tenu, le 15 septembre dernier au restaurant Le Nikoli, un brunch retrouvailles sous le thème « Les hommes ont-ils changé en 35 ans ? ». Ami(e)s, ex-employés, usagers et chercheurs : 57 hommes et femmes ont témoigné du rayonnement de l’organisme de Limoilou et de son incontournable rôle au sein de la communauté.

Le dialogue père-fils entre Jocelyn et Marc, sous l’oreille attentive des invités au brunch.
Crédit photo: Jean Cazes

Accompagné pour l’occasion de son fils Marc, Jocelyn Lindsay, professeur retraité en sciences sociales à l’Université Laval, a bien voulu nous glisser quelques mots sur le centre dont il est l’un des cofondateurs. Comme il l’explique, les origines de AutonHommie remontent à 1978. Sous l’initiative de Marcel Baril, un petit groupe d’hommes séparés met sur pied Centrhomme, un groupe qui visait à fournir de façon informelle de l’aide et du soutien aux hommes vivant un divorce, une séparation ou un mal-être.

« Bien avant, du côté de la France marquée par Mai 1968 et des États-Unis, dit-il d’entrée de jeu, on assistait déjà à une remise en question de notre conception de l’homme « traditionnel » portée entre autres par la religion, avec sa vision de l’homme et de la famille assez conservatrice. […] Le mouvement humaniste naissant nous a amené à une autoréflexion. »

À la fin des années 1970, des hommes comme Jocelyn Lindsay, issus pour la plupart des sciences sociales ou des communications, se sont donc réunis afin de mener une action collective :

« On prenait vraiment conscience que les problèmes des hommes, ce n’était pas juste la violence. Des gars vivaient toutes sortes d’affaires, comme la séparation, la perte d’emploi, un conflit parent-enfant. […] C’est ainsi qu’on a vu arriver au Québec des groupes de conscientisation personnelle et la publication Hom-Info. »

Centrhomme organise en mai 1982 un premier brunch dominical au Café de la résistance, sur la côte d’Abraham, « en passant des annonces dans le journal », ajoute Jocelyn Lindsay. Une tradition qui se poursuivra « dans différents lieux avec divers thèmes de discussion » même après la naissance du nouvel organisme AutonHommie.

De 1984 à aujourd’hui

Les problèmes des hommes étant reconnus et son financement rendu possible, AutonHommie est fondé en décembre 1984. L’organisme ajoute à ses brunchs un café-rencontre hebdomadaire et publie le bulletin L’AutonHomme. En 1988, le centre s’implante dans un logement de la 2e Avenue et engage un premier téléphoniste. Se greffent à ses activités un service d’intervention individuelle, deux groupes sur la rupture et une activité de parrainage s’inspirant de celle des alcooliques anonymes. Cette même année marque une scission donnant naissance au Groupe d’aide pour les personnes impulsives (GAPI).

Ancienne adresse de Autonhommie sur l’avenue de la Normandie.
Crédit photo: Google Street View

Un an plus tard, Autonhommie déménage au 1950, rue de la Normandie et des bénévoles transforment une maison vétuste en un lieu accueillant. Au début des années 1990, les premiers brunchs et café-rencontre mixtes ont lieu en conformité avec la mission de l’organisme qui prône la communication et la compréhension entre les hommes et les femmes. L’organisme crée aussi le Service d’accueil et d’orientation (SAO), une porte d’entrée pour les hommes en difficultés vers l’aide individuelle ou les groupes d’aide comme Gestion des situations difficiles.

En 1995, le centre organise son premier grand rassemblement et forum : il s’agit d’un débat sous le thème « Rétrospective et perspective de l’AutonHommie » auquel participent quelque 200 personnes. AutonHommie met ensuite sur pied de nouveaux groupes tel La retraite, un rendez-vous avec soi. Le nombre de membres et de bénévoles ne cesse d’augmenter et le centre ouvre une ligne d’écoute téléphonique.

Au tournant du millénaire, AutonHommie connaît une crise de croissance, les heures de rencontres individuelles pour son équipe d’intervenants passant à plus de 1770 heures annuellement. C’est pourquoi l’organisme s’installe au 1575, 3e Avenue, son adresse actuelle. De nouveaux groupes voient le jour pour répondre à la demande, un programme de formation est monté pour les bénévoles à la ligne d’écoute et à l’animation et les services d’un sexologue sont ajoutés malgré de chiches subventions.

En 2003, AutonHommie lance son milieu de vie « La Halte » au sous-sol de la bâtisse. Puis en 2007, l’organisme collabore à la mise en action de « S.O.S Rupture », un service aussi offert en milieu de travail. « S.O.S Rupture » vise essentiellement à prévenir le suicide chez les hommes, surtout dans les cas de ruptures amoureuses.

Aujourd’hui, l’équipe de AutonHommie est composée de sept employés permanents, d’une douzaine d’intervenants contractuels et de nombreux bénévoles. Le centre offre six groupes d’entraide : Hommes en rupture conjugale, Gestion des situations difficiles, Gestion des émotions, Maître de soiHommes victimes d’abus sexuel dans son enfance et Père pour toujours.

Trois activités à inscrire à votre agenda

La salle bleue de AutoHommie. Juin 2014.
Crédit photo: Jean Cazes

Comme lors de notre reportage en 2014, AutonHommie invite la population à découvrir son centre, ses multiples activités et à discuter avec ses intervenants ce mardi, 19 novembre 2019, de 13 h 30 à 15 h 30.

De plus, deux autres activités suivront dans les prochains jours. La première, le 21 novembre, est le défilé de mode Valin Confection. Le prix du billet versé au financement du Centre est de 100 $. Puis le 6 décembre à 19 h, le conteur Jérôme Bérubé, avec « Mâle en route », viendra nous entretenir à AutonHommie sur le thème des normes de la masculinité. Suivi d’une discussion, ce spectacle est organisé en collaboration avec le Réseau Masculinités. Le prix d’entrée a llest fixé à 10 $.

En complément, quelques photos du brunch retrouvailles sont ajoutées à la galerie. De plus, Jocelyn Lindsay nous a aimablement fourni le texte de son échange père-fils.

AutonHommie
1575, 3e Avenue
418 648-6480