Biométhanisation à Québec : Zanetti demande des audiences publiques | 16 avril 2019 | Article par Véronique Demers

Sol Zanetti (au centre), député de Jean-Lesage.

Crédit photo: Véronique Demers

Biométhanisation à Québec : Zanetti demande des audiences publiques

À minuit moins une avant sa réalisation, le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, demande une révision du projet d’usine de biométhanisation de Limoilou, qui vise à traiter les résidus alimentaires de la ville.

« Mieux vaut tard que jamais. Mais les inquiétudes ne datent pas d’hier. Les séances de consultation ne se sont pas avérées satisfaisantes; c’était plus comme des soirées d’information. Je demande au ministre de l’Environnement – Benoît Charette – d’intervenir pour qu’il y ait un BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) », a souligné M. Zanetti en point de presse mardi matin à l’Assemblée nationale.

M. Zanetti a mentionné l’appui des conseils de quartier du Vieux-Limoilou, de Maizerets et de Saint-Roch en faveur de la tenue d’audiences publiques.

« J’interpelle le ministre et j’appuie aussi les citoyens. On veut s’assurer que ce soit le meilleur projet possible. Il y a des exemples de succès mais aussi d’échecs. À Longueuil, par exemple, les coûts de l’usine ont explosé », a-t-il illustré.

Solutions de rechange

M. Zanetti était flanqué de représentants du Mouvement pour une ville zéro déchet, dont l’un des porte-parole, Frédéric Narbonne.

« Le mouvement n’est pas contre la méthanisation comme mode de traitement alternatif à l’incinération, mais on s’oppose à la méthanisation des résidus de table. Ceux-ci pourraient prendre le chemin du compostage, une méthode souple, facile à maîtriser et avec de grands bénéfices environnementaux », a détaillé M. Narbonne.

Frédéric Narbonne, porte-parole du Mouvement pour une ville zéro déchet.
Crédit photo: Véronique Demers

« Ne pourrait-il pas y avoir un autre projet que le centre de biométhanisation pour récupérer les résidus de table? Le centre de biométhanisation pourrait avoir sa pertinence pour la récupération des boues usées. Un bel exemple de projet est l’usine de Saint-Hyacinthe, qui traite des résidus agricoles homogènes. La technologie fonctionne très bien », a suggéré M. Zanetti.

De son côté, le porte-parole du Mouvement pour une ville zéro déchet juge que les 124,5 M$ devant servir à la réalisation de l’usine de biométhanisation pourraient être investis plutôt dans le réseau de transport structurant, et que des solutions de rechange moins coûteuses peuvent être envisagées pour la récupération des résidus organiques.

« Dès demain, on pourrait traiter les résidus organiques à Saint-Henri de Lévis. On ne serait pas pénalisés – dans le temps de réalisation – et on éviterait les infrastructures », a mentionné Frédéric Narbonne.

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