Québec ville résiliente : une autre ville est possible | 1 mars 2019 | Article par Baptiste Piguet

Charles Gosselin-Giguère et Simon Parent

Crédit photo: Baptiste Piguet

Québec ville résiliente : une autre ville est possible

Projet de deux étudiants à la maîtrise en design urbain, Québec ville résiliente a beaucoup fait parler de lui. Ce projet repense l’aménagement autour de l’embouchure de la rivière Saint-Charles de manière à lutter contre les changements climatiques, tout en offrant des logements pour 28 000 nouveaux résident.e.s.

Le projet envisage la création d’un nouveau quartier à la place de la zone industrielle Maizerets-Limoilou, la transformation de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain et le réaménagement du Vieux-Port pour le rendre accessible, notamment avec un bassin Louise dédié à la baignade… Il affirme qu’une autre ville est possible. Nous avons donc rencontré Simon Parent et Charles Gosselin-Giguère, les deux concepteurs du projet, suivant leur présentation au conseil de quartier du Vieux-Limoilou la semaine dernière.

Le design urbain, c’est quoi?

Simon : C’est un jeune domaine, qui a une vingtaine d’années, et qui fait le pont entre l’architecture et l’urbanisme. C’est une science de l’aménagement des milieux de vie.

Charles : On est un peu comme des médecins : on diagnostique des problèmes et on propose des stratégies pour les résoudre.

Présentez-nous votre projet en quelques mots.

S. : Notre projet se base sur le réseau structurant de transport pour permettre l’installation, sans étalement urbain, des 28 000 nouveaux habitants prévus dans la ville de Québec.

C. : C’est une réflexion sur la manière d’aménager notre milieu de vie et un moyen pour ouvrir un débat public sur la ville que nous voulons.

Pourquoi un tel projet?

S.: Le modèle actuel d’étalement urbain n’est pas viable, du fait des changements climatiques. Il faut changer de paradigme. Ce qu’on propose n’a rien de radical; on propose juste d’aménager autrement des espaces.

C. : Sur l’étalement urbain, il faut maintenir le statu quo. Il faut offrir d’autres options, d’autres alternatives, pour le bien-être du plus grand nombre.

Comment réagissent les citoyen.ne.s à votre projet?

S. : La réception a été très positive. Certains ont été très enthousiastes, chacun apportait sa réflexion, ses conseils.

C. : Les citoyen cherchent des solutions pour répondre à la crise climatique. On a trouvé un public. Notre page Facebook a recueilli 800 like en très peu de temps, plusieurs médias se sont intéressés au projet, nous avons été invités dans plusieurs conseils de quartier et nous avons rencontré des représentants politiques aux niveaux local et provincial.

Ce projet est-il réalisable?

S. : La conjoncture est parfaite. Dans ce secteur, les industries sont en fin de vie, l’incinérateur est très critiqué et la pertinence des autoroutes à cet endroit est remise en cause. Il est donc possible de faire un meilleur usage de cet espace stratégique.

C. : Le plus gros blocage, c’est la contamination des sols. On a rencontré un promoteur et, pour lui, la principale question, c’est de savoir qui va décontaminer les sols. Mais le Projet Saint-Laurent de M. Legault, au provincial, vise à décontaminer les rives du fleuve. C’est un bon signe pour la faisabilité du projet.

S.: La Ville est timide sur notre projet. Elle pense les projets sur dix ans, c’est trop court. Notre projet s’étale sur le long terme. Dix ans, c’est juste la première phase de notre projet.

C. : La Ville doit penser l’aménagement urbain à plus long terme.

Pour consulter le projet dans son intégralité : https://www.quebecresilient.com/

Pour visiter la page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/QcVilleResiliente/