Déclin commercial de la 1re Avenue : 3- Croissance du réseau routier et marginalisation de l’artère | 9 août 2020 | Article par Réjean Lemoine

La 1re Avenue, aux limites ouest de la ville. 21 juillet 1944.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Déclin commercial de la 1re Avenue : 3- Croissance du réseau routier et marginalisation de l’artère

Monlimoilou réactualise les articles de l’historien Réjean Lemoine qui ont particulièrement retenu l’attention de 2010 à 2014. Dans ce troisième d’une série de quatre textes, il retrace l’évolution de la 1re Avenue, aujourd’hui revitalisée au profit du développement résidentiel.

Un âge d’or suivi d’un déclin à partir de la fin des années 1960

Suivant l’arrivée de l’automobile, Québec compte dans les années 1920 plus de 10 000 propriétaires de véhicules : la 1re Avenue devient alors une artère principale.

Complètement macadamisé, l’ancien chemin de Charlesbourg fait le lien avec le nord de la ville en donnant accès à Charlesbourg, Notre-Dame-des-Laurentides et Lac-Saint-Charles. Cette voie permet ainsi aux urbains d’avoir accès à la campagne. Dans Limoilou s’implantent le long de l’artère des commerces et industries qui cherchent à profiter du trafic intense.

En septembre 1951, le premier ministre Duplessis inaugure le boulevard Talbot qui traverse le Parc des Laurentides jusqu’à Chicoutimi à partir de la 1re Avenue. Le vieux chemin de Charlesbourg élargi devient donc le seul axe qui relie la région à la ville de Québec. Dans les années 1950 et le début des années 1960, la 1re Avenue connaît donc son heure de gloire avec l’implantation des premiers centres commerciaux, de grands restaurants et de célèbres vendeurs d’automobiles.

Avec la croissance du réseau routier de la région, on assistera toutefois au déclin progressif de l’artère et à sa marginalisation. Déjà à la fin des années 1930, avec la construction du boulevard Henri-Bourassa, on voulait détourner le trafic lourd de la 1re Avenue. À la fin des années 1960, la 1re Avenue perd son rôle d’artère principale d’entrée de ville avec la construction de l’autoroute Laurentienne. À partir de cette époque, l’exode des industries puis des familles de Limoilou vers les banlieues provoque un déclin de l’artère qui, cependant, demeurera toujours un axe prioritaire de transport en commun.

Dans cette mouvance, la 3e Avenue devient la première artère commerciale de Limoilou.

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Ne manquez pas la conclusion de la série historique Déclin commercial de la 1re Avenue :
4- Une nouvelle vocation résidentielle

Retrouvez les textes précédents de la série :
1- Origines de l’ancien chemin de Charlesbourg
2- D’une route de campagne à une voie de tramway