Histoire de la patinoire de la Saint-Charles : 2- L'agonie de la patinoire | 20 décembre 2020 | Article par Réjean Lemoine

Outre le patinage dans ses beaux jours, plusieurs activités en lien avec le Carnaval se tenaient à l'époque sur la Saint-Charles. 1979 : Bonhomme Carnaval à la cérémonie d'ouverture. On voit des gens patiner sur la rivière. 1976 : course sur la rivière.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Histoire de la patinoire de la Saint-Charles : 2- L'agonie de la patinoire

Nous réactualisons les articles de Réjean Lemoine qui ont particulièrement retenu l’attention de 2010 à 2014. Dans le second texte de cette série, l'historien souligne les principales raisons justifiant la baisse d'achalandage de la patinoire et les critiques formulées à l'égard de la Ville après sa mise sur pause.

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Une perception négative de la rivière

Plusieurs raisons peuvent expliquer la baisse de popularité de la patinoire de la rivière Saint-Charles au cours des années 1980.

La première raison évoquée tient au départ de toutes les activités du Carnaval, de la Basse-Ville vers les Plaines d’Abraham. De plus, la fin de la présentation en 1991 des monuments de glace sur la rue Sainte-Thérèse constitue l’exemple le plus connu. Bref, sans animation carnavalesque et sans publicité, la patinoire attire beaucoup moins. Par ailleurs, la mauvaise température et la négligence dans l’entretien de la surface glacée réduisent constamment le nombre de jours d’utilisation de la patinoire. Celle-ci ouvre souvent à la mi-janvier pour fermer immédiatement après le Carnaval, à la mi-février.

On peut ajouter à ces causes une perception négative de la rivière Saint-Charles répandue dans la population. Le déversement des eaux d’égout et les odeurs nauséabondes de l’eau en été n’aident pas à la rendre attrayante. Les murs de béton constituent également un obstacle pour avoir accès à la rivière. L’absence sur la glace de mobilier urbain, de restaurants ou de petites boutiques, comme pour le Canal Rideau à Ottawa, nuit au cachet. Finalement, la rivière coule en Basse-Ville dans un environnement urbain difficile et dans des quartiers en dépeuplement.

« Des économies sur le dos des enfants et des parents »

Dans le cadre de restrictions budgétaires, l’administration du maire Jean-Paul L’Allier décide de ne pas ouvrir la patinoire durant la saison hivernale 1992, ce qui provoque un tollé dans la population. L’administration voudrait la fermer définitivement, mais elle est alors en pleine campagne pour obtenir les Jeux d’hiver de 2002. Il paraît contradictoire, dans l’opinion publique, de prétendre pouvoir tenir des Jeux olympiques mais d'être incapable d’entretenir une patinoire sur la rivière.

Des journalistes du journal Le Soleil comme Louis-Guy Lemieux et Ghislaine Rheault font campagne avec des groupes de citoyens pour le maintien de la patinoire. Louis-Guy Lemieux écrit : « On fait des économies sur le dos des enfants et des parents… On est déconnectés, on déconne. » (Le Soleil, 12 janvier 1994). Ou encore : « À Québec, les seules patinoires bien entretenues pendant l’hiver, ce sont les trottoirs. » (Le Soleil, 16 mars 1994). Une citoyenne écrit également dans la section Opinion du lecteur du Soleil : « Si la Saint-Charles coulait dans la Haute-Ville, la patinoire connaîtrait-elle le même sort? »

Ne manquez pas la fin de la série historique Histoire de la patinoire de la Saint-Charles :

3- Une solution de remplacement

Retrouvez le premier texte de la série : 1- Allons patiner sur la rivière!

Du même auteur, d’une série précédente : Une histoire du Colisée de Québec.