Un repas de Noël chez les Hawey sur la 3e Avenue | 24 décembre 2020 | Article par Monlimoilou

Crédit photo: Archives de la famille Hawey

Un repas de Noël chez les Hawey sur la 3e Avenue

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage avec Monlimoilou ses souvenirs de jeunesse du temps des Fêtes passé en famille dans le quartier. À son texte, extrait de son livre, s’ajoute un montage de films d’archives, dont Denys Hawey nous a aimablement fourni les descriptions. Nous avons retenu celles des séquences se déroulant à Limoilou.

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Chez les Hawey, quand nous étions enfants dans les années 1960, il y avait trois tablées pour le souper de Noël, comme ici sur la 3e Avenue…

D’abord les aînés : mon grand- père, ses sœurs, les sœurs de grand-maman et les conjoints. S’ajoutaient invariablement les amis de grand-papa : le maire Hamel, son chauffeur, monsieur Bussières et un monsieur Kirouac.

Tout ce monde trônait à la salle à manger annexée au salon. C’était eux qui étaient servis en priorité par les filles et les belles-filles de Grand-maman. Grand-maman gérait la cuisine et les plats à servir. Toutes portaient évidemment le tablier.

Pendant ce temps, à la table de la cuisine, les mamans de la dernière génération – les mêmes filles et belles-filles qui servaient les convives de la salle-à-manger – nous installaient et préparaient nos assiettes.

Les plus petits étaient assis sur des oreillers, coincés entre le dossier de la chaise et le bord de la table. De ne plus avoir à se grimper sur des oreillers constituait un privilège et confirmait que nous n’étions plus des « petits »; on faisait dorénavant partie des « grands ».

Les premiers à sortir de table étaient évidemment les enfants installés à la table de cuisine. Les aînés libéraient tranquillement la salle à manger pour s’installer dans le salon.

Après avoir desservi les deux tables et nettoyé une première « brassée de vaisselle », les femmes – toujours celles qu’on avait précédemment appelées « les filles et les belles-filles » et, plus tard, les « mamans » – servaient leurs maris installés à la salle à manger et, finalement, elles s’installaient à côté de leurs maris avec une assiette.

La table de la salle à manger ne pouvait recevoir tous les couples, si bien que quelques « filles ou belles-filles » s’installaient dans la cuisine pour prendre leur repas. Elles seraient dans la cuisine pour finir la vaisselle.

On peut constater à quel point, à l’époque, les mêmes actrices assumaient tous les rôles d’exécution et de service. Les « filles et les belles-filles », les « mamans » et les « femmes » des maris étaient toujours les mêmes personnes. Et ça ne s’arrêtait pas là!! De retour à la maison, la corvée se poursuivait à chaque jour.

Grand-maman achetait toujours beaucoup trop de pâtisseries françaises. C’était intentionnel : elle préparait à l’avance un boîte de ces délices pour chaque famille de ses enfants en choisissant les préférés de chaque enfant.

Il y avait toujours un gâteau plum pudding, mais il n’était pas compétitif au regard des pâtisseries françaises que grand-maman allait chercher chez Kerhulu, chez Simon et chez Paolo.

On repartait aussi avec un morceau de plum pudding dont mon père raffolait. Il le coupait en tranches pour les cuire avec du beurre dans une casserole. Dans l’assiette, il inondait les tranches de plum pudding de « sirop de poteau ». Pierre aimait tellement le plum pudding qu’il en achetait en conserves, quand nous étions hors-saison. Il avait, comme son père, une « petite dent sucrée ».

Pourquoi plum (pruneau), alors qu’il n’y en a pas dans le gâteau?

Un montage vidéo…

9:34-11:54 :
Le souper de Noël se passait chez les grand-parents Hawey. Pour le Réveillon, nous allions chez les cousins Gaudreault. Mon oncle Armand, ancien joueur des As de Québec et des Bruins de Boston, remet les cadeaux. Les Gaudreault demeuraient sur la 26e Rue, tout près de la 1re Avenue. Mon cousin Jean semble heureux de sa nouvelle montre.

11:55-13:57 :
La famille s’agrandit et les grand-parents vieillissent. Dorénavant, le repas de Noël se fera dans une salle du club des employés civiques, au parc Victoria.

18:01-18:53 :
Notre premier jour d’école à Sainte-Odile, probablement en 1960-1961. De nos jours, le vieux Colisée est caché par les immeubles appartements.

18:54-19:42 :
Les jumeaux se préparent pour le dodo à leur nouvelle maison de la rue des Peupliers. Pierre est fier de sa simili-céramique de la salle de bain, qu’il vient de terminer!

19:43-21:21 :
La patinoire derrière la maison de Sainte-Odile vers 1961. Mon jumeau Richard et moi arborons le chandail des Canadiens.

21:22-22:59 :
Probablement notre premier Noël dans notre nouvelle maison de Sainte-Odile en 1960-1961. Suivant ma chute, je crois que mon orgueil est plus blessé que mon bras!

23:00-24:03 :
Cendrine, ma grand-mère maternelle, a toujours demeuré avec nous. Mes parents recevaient donc la famille Lemire pour le lunch du Jour de l’An. Probablement en 1960-1961.

24:04-25:14 :
Un autre Noël chez les grand-parents Hawey, probablement vers 1959. Grand-papa Jean-Maurice procède à la distribution des cadeaux.

33:31-36:21 :
Noël à la maison de Sainte-Odile vers 1965 avec Cendrine, notre grand-mère maternelle, qui demeurait avec nous.

37:40-39:33 :
Jour de l’An de la famille Lemire au club des employés civiques du parc Victoria. Mon père se paie la tête de Cendrine. Vers 1967.

41:32-42:14 :
Cérémonie de la Fête-Dieu à Sainte-Odile. Mon jumeau et moi étions dans le chœur. Vers 1966.

45:28-46:18 et 47:08-47:34 :
Vers 1960, chez les Gaudreault, sur la 25e Rue à Limoilou, Armand avait rafistolé une piscine qui faisait la joie des enfants de la famille.

47:22-fin :
Mon père, Pierre, au travail, à l’Hôtel-de-ville de Québec, vers 1960.

Legs pour ses deux enfants et leurs propres enfants, comme Denys Hawey nous l’a confié, D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs a fait l’objet d’un précédent article. Son histoire de famille et de vie de jeunesse, racontée en 426 pages enrichies de photos, est disponible exclusivement à la Librairie Morency.