L’efficacité du juste milieu | 8 décembre 2020 | Article par Catherine Breton

L'entrepreneure Julie Tremblay-Potvin

Crédit photo: Jonathan Robert

L’efficacité du juste milieu

Trouver l’équilibre s’avère parfois compliqué de nos jours. Surtout si l’on conjugue le travail, la vie de famille, la vie sociale tout en se réservant du temps pour soi.

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Tout va plus vite – grâce aux nouvelles technologies – mais cette rapidité crée un nouveau casse-tête temporel avec lequel il est parfois difficile de composer sans en ressentir les effets anxiogènes. L’épuisement, qu’il soit purement professionnel ou général, nous guette tous autant que nous sommes.

La création de l’entreprise De Saison vise justement à contrer cette menace. Et j’ai rencontré pour vous Julie Tremblay-Potvin, l’une des deux instigatrices de cette boite de communication audacieuse qui nous propose de faire les choses autrement.

Une vision plus inspirante du travail

Originaire du Saguenay et détentrice d’un baccalauréat en communication – relations publiques, Julie Tremblay-Potvin a travaillé dans diverses entreprises un peu partout au Québec. Ces quelques années d’expérience dans le cadre rigide du 9 à 5 ont suffi à la convaincre qu’on pouvait faire les choses autrement.

« Quand j’ai commencé à travailler, j’en revenais pas à quel point… par rapport à la vie universitaire où on te demande d’être autonome… tu es pris dans un horaire fixe, souvent rigide, statique, pareil pour tout le monde. Et pour moi, ça été difficile de m’adapter. J’étais habituée d’être efficace à ma façon, en respectant mon rythme. Au travail, si tu as terminé un de tes mandats, il faut quand même que tu restes au bureau. Tu peux pas t’en aller. Surtout en début de carrière, t’as pas nécessairement cette latitude-là. »

Sans compter que la culture et le règne du sacro-saint-travail, qui sous-entend l’idée qu’il suffit de travailler beaucoup, voire tout le temps, pour que nos vies fassent du sens, ne trouvait pas d’écho chez la jeune Limouloise.

Julie Tremblay-Potvin a remarqué que les générations montantes adoptent naturellement cette tendance à d’abord s’assurer d’avoir une qualité de vie, plutôt que de se perdre dans le travail. Puis, elle a rencontré d’autres gens qui, tout comme elle, souhaitent une révolution des milieux de travail. Ce qui l’a convaincue de se lancer en affaires, une fois de plus.

Il faut dire qu’elle porte dans son bagage l’expérience de la création de quelques entreprises, ainsi qu’un blogue, Les inspirés, qui s’attardait à notre relation au travail en proposant de nouvelles approches : ralentir, simplifier, prendre le temps, tout en se préoccupant d’avoir un impact positif sur le monde.

« C’était une belle aventure. Prenante. Mais pas viable sous cette forme-là. »

Julie Tremblay-Potvin et Marie-Andrée Mackrous
Crédit photo: Jonathan Robert

C’est sur le succès de ce blogue que la nouvelle entreprise a bâti ses assises. Julie Tremblay-Potvin s’est associée avec Marie-Andrée Mackrous pour créer De saison, qui est une extension améliorée, et surtout plus durable, du projet Les inspirés.

L’idée est toute simple : rassembler et outiller les personnes souhaitant vivre et travailler de façon saine et porteuse de sens. Pour leur propre santé, celle de leur équipe, de leurs enfants et de la collectivité dans son ensemble.

L’entreprise De saison se décline en trois volets : elle propose des outils, des formations ainsi qu’un magazine dans lequel on retrouve d’ailleurs des articles du blogue Les inspirés, qui sont toujours d’actualité.

« On est toujours en évolution. C’est important de rester dans un esprit d’apprentissage et d’exploration parce que nos besoins changent. De là le nom De saison, qui nous invite à accepter le rythme de chaque saison. »

 

De l’utilité de la créativité

Évidemment, les conditions actuelles causées par la pandémie de COVID-19 accélèrent les transformations des milieux de travail. Tout d’abord, avec le télé-travail qui s’inscrit comme une nouvelle normalité dans nos vies et qui nous a forcés, vous en conviendrez, à faire preuve d’inventivité.

Impliquée dans le conseil de quartier de Lairet, Julie Tremblay-Potvin demeure à l’affut des besoins des entreprises locales. Toujours prête à leur venir en aide et à proposer des solutions adaptés à leurs réalités, elle s’entoure de gens créatifs et passionnés qui imaginent de nouvelles approches.

« Tout le monde veut la même chose. C’est juste que c’est pas tout le monde qui se donne le droit au même moment. »

Son rêve, dans un avenir pas trop lointain, serait de créer un lieu.

« Avoir un espace où les gens peuvent aller, se poser, pour réfléchir stratégiquement. D’avoir un espace, avec de la nature, pour te reconnecter à toi et avec des outils, des ressources qui te permettent de réfléchir stratégiquement. »

La performance, telle qu’on la conçoit traditionnellement, avec de la place uniquement pour la croissance, ça ne laisse pas beaucoup de place pour la créativité et pour se donner le droit à l’erreur. Car il faut le dire, la créativité se meurt dans un contexte trop rigide où la pression quotidienne l’étouffe. Et pour faire face aux multiples défis qui nous attendent, nous aurons grand besoin « de se réinventer », comme dirait l’autre.