Limoilou dans les années 1960 (122) : incendie d’un immeuble commercial de Lairet | 1 mars 2020 | Article par Jean Cazes

Au lendemain de l’incendie de l’édifice Bisson, le 27 décembre 1966.

Crédit photo: Jocelyn Paquet (collection personnelle)

Limoilou dans les années 1960 (122) : incendie d’un immeuble commercial de Lairet

La série « Limoilou dans les années 1960 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives tirées de diverses sources.

Immortalisée le 27 décembre 1966, la scène en vedette illustre l’édifice Bisson, à l’intersection de la 1re Avenue et de la rue des Peupliers Ouest, ravagé la veille par un violent incendie. Cette photo tirée de la collection de négatifs de notre collaborateur Jocelyn Paquet est identifiée au fonds du collectif de photographes du journal Le Soleil, Photo moderne.

Placée dans la galerie au bas de l’article, la scène réactualisée et photographiée en direction ouest date du 24 février 2020. Depuis, cet immeuble a été reconstruit et abrite aujourd’hui le centre de mise en forme pour la femme Profil et son café Chez Stanley, sujets de ce récent reportage.

« Pratiquement plus que les murs béants »

« Deux incendies, à Québec, au cours de la soirée – Vaste immeuble ravagé à Saint-Albert-le-Grand – Pertes d’un demi-million de dollars » : c’est sous ce titre que le spectaculaire incendie a fait l’objet d’un reportage en page 13 du journal Le Soleil du 28 décembre 1965.

Photo Moderne : Illustration de l’article de Jos.-L. Hardy.
Crédit photo: Jocelyn Paquet (collection personnelle)

Le reporter Jos.-L. Hardy ajoute à sa minutieuse description du sinistre des récits de témoins, une pratique que la plupart des journalistes qui couvraient ce type d’événements avaient coutume de faire à cette époque :

« […] Les flammes ont pris naissance au sous-sol, tout probablement dans la chambre aux fournaises et aux bouilloires, au centre de la bâtisse [construite deux ans et demi plus tôt].

[…] Par un froid frisant le zéro [Fahrenheit], les pompiers de dix casernes, au nombre de 80 environ, ont lutté avec acharnement pendant plus de six heures. Il était 5 h 30, ce matin, lorsque les sapeurs de la première division ont quitté les lieux. Du vaste immeuble de deux étages il ne reste pratiquement plus que les murs béants. […] L’effondrement des planchers des différents postes de commerce du rez-de-chaussée indique bien que le feu a surtout fait rage dans la cave. […] En matinée, l’édifice […] était considéré comme une perte totale. […]

L’alerte a été donnée à 3 h 52 exactement. Un jeune écolier, Bernard Lapointe, demeurant au 2905, 1re Avenue, se trouvait avec des compagnons et compagnes, chez M. Orner Cantin, au 10 rue des Chênes Ouest, lorsqu’il aperçut la fumée qui se dégageait du toit, à l’arrière de l’édifice. « Il n’y avait pas de flammes, mais la fumée prenait constamment de l’ampleur”, expliqua-t-il. Le jeune Lapointe a aussitôt lancé un appel téléphonique. Quelques moments plus tard, les hommes de la station No 11 accouraient sur les lieux. Le chef de district H. Bisson était en charge. Vers la même heure, une alarme était aussi enregistrée […]. »

L’article fait aussi mention de quelques blessés chez les pompiers. « Vers 9 h 30 seulement, soit après plus de six heures de lutte acharnée, le chef Voiselte pouvait dire que la situation était sous contrôle ».

Enfin, le journaliste Hardy recense en détail les commerces ayant été ravagés par l’incendie :

« […] L’établissement sis aux numéros civiques 2945, 2955, 2965, 2975, 2985 et 2995 de la 1re Avenue, était occupé au rez-de-chaussée par le restaurant Le Diplomate, propriété de M. Victor Gagnon ; le magasin de confection pour dames Jolie-Madame, tenu par Mme Gagnon : le magasin de lingerie pour bébés Lou-Lou, propriété de Mlles Paule et Berthe Simard ; la buanderette Laundromatt Saint-Albert, dont M. Marc Bisson est propriétaire ainsi que la succursale de la Banque Canadienne Nationale. À l’étage supérieur, il y avait les bureaux des Drs André Laroche et Yvon Lafleur, dentistes, du Dr Paul Pineault, de la compagnie Seabord Finance du Canada, de M. Lorenzo Leblanc, comptable, de l’Agence Compact Inc., des laboratoires dentaires Dubuc, et du Service social pour les personnes sourdes, dont Mme Julienne-F. Roy est la directrice. […] »

Vous avez des anecdotes, des souvenirs rattachés à ce sinistre et les commerces affectés, dont le restaurant Le Diplomate ? N’hésitez pas à nous en faire part sur notre page Facebook !

Voir le billet précédent de la série : Limoilou dans les années 1960 (121) : commerce Simard Autos Parts.