Limoilou dans les années 1970 (47) : intersection 3e Avenue et 3e Rue | 6 décembre 2020 | Article par Jean Cazes

Vue en direction est de l’intersection de la 3e Avenue et de la 3e Rue en 1972.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Limoilou dans les années 1970 (47) : intersection 3e Avenue et 3e Rue

La série « Limoilou dans les années 1970 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives tirées de diverses sources.

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En 1972, le bureau et le kiosque de Taxis Coop 525-5191 étaient situés au 302, 3e Avenue, au coin de la 3e Rue. De plus, on devine sur la droite de la photo en vedette la station service Jean Fina, et en arrière-plan, la manufacture de chaussures Grenico Inc.

La scène d’époque telle que décrite par Michel Gallant, administrateur du groupe Facebook Retour vers le passé (ville de Québec), est le fruit d’une recherche aux Archives de la Ville de Québec.

La photo comparative date du 19 octobre 2020.

Une ancienne manufacture de chaussures

Depuis 1972, cette intersection à l’entrée sud du Vieux-Limoilou a subi une profonde métamorphose. Ainsi, Taxis Coop a fait place à l’immeuble qui abrite La Boussole, organisme fondé en 1981 offrant des services aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale.

Sur la droite de la scène réactualisée, l’édifice à condos Le Citadin accueillait au printemps 2016 ses premiers résidents sur le site du Fina. Rappelons qu’avant la construction du Citadin, des étudiants en architecture de l’Université Laval avaient imaginé un concept de marché permanent aux lignes audacieuses sur ce terrain longtemps laissé à l’abandon.

L’ancienne manufacture de chaussures Genico Inc. 19 octobre 2020.
Crédit photo: Jean Cazes

Plus loin dans cette perspective, maintenant converti en entrepôt, l’immeuble en brique de la manufacture de chaussures Grenico Inc. – anciennement la Quebec Glove Leather Mfg Co. – est aujourd’hui masqué par les nouvelles constructions.

Le Répertoire du patrimoine bâti de Québec consacre une fiche sur cette manufacture dont l’implantation sur la 3e Rue remonte à 1912 :

Alexandre Grenier, après avoir acquis une expérience de l’industrie du cuir à la tannerie Clément, décide de se lancer en affaires. Il opte pour l’industrie du tannage et fonde en 1906 la Quebec Glove Leather. […]

Jusqu’en 1917, l’activité principale de la compagnie est le «travail à façon» pour les cultivateurs. Elle tanne leurs peaux d’animaux. À partir de cette date, elle diversifie sa production en transformant les peaux qu’elle achète principalement des cultivateurs en produits manufacturés. Ainsi, à la fabrication des cuirs pour ses clients, elle ajoute l’industrie de la chaussure. […] Cette industrie connaissait depuis quelques années un essor remarquable en raison d’une abondance de matière première et d’une main-d’oeuvre possédant une longue tradition dans ce domaine. Elle redouble d’activité en cette période de guerre, en raison de fortes commandes de chaussures pour l’année canadienne. En plus des chaussures, la Quebec Glove Leather fabrique aussi, mais en moindre quantité cependant, des mitaines et des gants.

L’industriel de Québec, dans les années suivantes, oriente de plus en plus son activité vers l’industrie de la chaussure. En 1924, Alexandre Grenier change le nom de Quebec Glove Leather pour celui de Quebec Stitchdown Shoe, plus approprié à la production de son industrie. Entre les années 1920 et 1930, 40 à 60 ouvriers travaillent pour cette entreprise. Il y en aura une centaine en 1942.

L’histoire de la manufacture et de son fondateur qui a contribué aussi au développement résidentiel de Lairet feront éventuellement l’objet d’un article plus poussé. Un fonds d’archives sur Grenico et la famille Grenier est d’ailleurs conservé à l’Université Laval.

Archives de la Ville de Québec

De nombreuses images archivées de la Ville de Québec sont disponibles en ligne. On peut en faire la diffusion sans licence et sans frais en utilisant les vignettes estampées au logo de la Ville et en citant correctement les sources.

Histoire d’enrichir cet article, vous aussi, avez des souvenirs à nous partager sur ce coin de rue ? Des membres de votre famille ont déjà travaillé dans la manufacture de chaussures ? N’hésitez pas à nous en faire part sur notre page Facebook !

Monlimoilou remercie Michel Gallant pour sa précieuse collaboration.

Lire le billet précédent de la série : Limoilou dans les années 1970 (46) : le cinéma Lairet.

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