Un potager hydroponique pour apprendre autrement | 28 janvier 2020 | Article par Ève Cayer

Annabelle Sirois et Marianne Bernier

Un potager hydroponique pour apprendre autrement

La classe transitoire de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf se dote d’un petit potager hydroponique nommé Potager urbain, pour faire la promotion des saines habitudes de vie, maintenir la motivation et intégrer les matières scolaires différemment.

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En début d’année, la professeure de la classe transitoire, Annabelle Sirois, amorce la discussion avec ses élèves à travers des activités qui font ressortir les valeurs pour lesquelles ils accordent de l’importance. À partir de ces valeurs, des projets prennent forme. Avec sa classe actuelle, les saines habitudes de vie et la protection de l’environnement cadraient bien avec le projet de potager hydroponique qu’elle souhaitait leur proposer.

Au mois d’août, elle et Hugo Fleury de Carrefour Jeunesse-emploi avaient réfléchi à l’intégration d’un potager intérieur qui amènerait les élèves à développer leur motivation tout en apprenant des notions d’entrepreneuriat.

« S’ils nous avaient dit : « ça nous intéresse pas », on n’aurait pas pu faire le projet. Au début, ils n’étaient pas certains, ils avaient de la misère à visualiser ce que c’était. On a fait venir Mathieu Coupal de Vireo pour leur expliquer. [Puis] Ils ont été intéressés par le projet », souligne Annabelle Sirois.

Apprendre par les projets

Les projets proposés par l’enseignante intègrent les notions des matières scolaires comme le français et les mathématiques tout en ajoutant de nouvelles compétences, comme le design de logo, le marketing, etc.

« Sans s’en rendre compte, ils font des mathématiques avec les calculs, […] un peu de science par les lectures des ppm, des pH. Ils font du français comme l’écriture du contenu de la vidéo. L’entrepreneuriat aussi. », explique Annabelle Sirois.

La direction a accepté le projet, puis Annabelle a commencé une recherche de financement de 7 000 $ pour acheter l’équipement, le matériel et les heures d’accompagnement par systèmes Vireo. Le Carrefour Jeunesse-emploi et Sol Zanetti (fond personnel) ont participé au financement.

Ainsi, le système avec ses 112 cavités permet de cultiver et récolter autant de laitues, une récolte qui met cinq à six semaines pour atteindre sa maturité. Trois cycles de production s’échelonneront sur l’année scolaire. Chaque laitue se vend au coût de 3 $ l’unité. La deuxième récolte pourrait comprendre du basilic, du persil et des épinards, en plus des trois variétés de laitues déjà offertes.

« Des épinards, ont pourrait en mettre dans nos smoothies, aussi », suggère spontanément Marianne Bernier une étudiante de la classe transitoire.

Coop B.Smooth

La classe transitoire gère la Coop B.Smooth, une coopérative qui offre des pops de smoothies et du chocolat chaud. Chaque élève qui participe au projet de potager urbain et de la Coop B.Smooth peut travailler sur les tâches qui suscitent son intérêt.

Marianne n’a pas développé une passion pour la culture bien qu’elle apprécie certaines tâches comme préparer les laitues pour la vente en retirant les feuilles moins belles sous les plants. Par contre, les projets permettent aux élèves de découvrir et vivre de nouvelles expériences qu’ils n’auraient pas été accessibles autrement.

« Un élève va travailler le logo. […] Le potager permet aussi qu’ils travaillent un peu sur tout. Si les plantes ce n’est pas tellement [leur affaire], il y a aussi la publicité, [par exemple]. On essaie de les impliquer à tous les niveaux pour leur faire vivre différentes expériences », explique Annabelle Sirois.

C’est ainsi que Marianne a développé une recette de chocolat chaud maison et qu’elle a proposé d’en vendre à la Coop B.Smooth.

Le système de production pourrait être doublé l’an prochain et les élèves de la classe d’Annabelle seront invités à transférer leurs connaissances aux nouveaux élèves.