Regards sur la nature limouloise (2): les libellules du Domaine de Maizerets | 28 juillet 2020 | Article par Jean Cazes

Sympétrum rubigineux en bordure de l’étang. 12 août 2009.

Crédit photo: Jean Cazes

Regards sur la nature limouloise (2): les libellules du Domaine de Maizerets

Ce deuxième article de cette série souligne pour la belle saison les attraits ou la singularité de notre flore et de notre faune hyperlocales. Après notre premier reportage, nous jetons cette fois un coup d’œil sur un groupe d’insectes fascinants qui peuple le Domaine de Maizerets.

Au milieu et à la fin de l’été, les libellules sont particulièrement actives au voisinage des nombreux plans d’eau du Domaine Maizerets : celui du jardin de l’arboretum, ses marais à quelques pas de son cœur historique, et autour de son étang elliptique (ci-contre).

L’étang en août 2007.
Crédit photo: Jean Cazes

Pour sa petite histoire, telle que résumée dans l’ouvrage de référence Domaine de Maizerets (Frédéric Smith et Louise Tanguay, 2005), cet étang avait été aménagé en 1849 par l’abbé Langevin et ses élèves du Séminaire de Québec vraisemblablement à l’emplacement d’un ancien ouvrage militaire. Avec son île Sainte-Hyacinthe, ce bucolique coin de repos ombragé est sans doute l’endroit rêvé pour l’observation et la photographie des libellules à l’affût de proies au cours de leurs singuliers accouplements.

Deux espèces de libellules en vedette, dont une demoiselle

On retrouve dans le site web Entomofaune du Québec une bonne description de ce type d’insectes prédateurs pourtant « tout à fait inoffensifs », y précise-t-on d’entrée de jeu. Des plus utiles, les libellules « sont des éléments actifs de la chaîne alimentaire et de l’équilibre biologique des écosystèmes d’eau douce ». Au stade larvaire, dans l’eau, « ils se nourrissent  d’espèces aquatiques comme les organismes unicellulaires, les invertébrés et les petits vertébrés ». Au stade adulte, les insectes ailés constituent leur menu.

Les scientifiques ont regroupé les libellules dans l’ordre des Odonates :

« Leur origine remonte à plus de 300 millions d’années. Ils ont assisté à l’évolution des Dinosaures. […] Dans le monde, on en connaît environ 6000 espèces. L’entomofaune québécoise en compte environ 150. Les libellules sont des insectes élégants et d’excellents voiliers. Selon les espèces, certaines auront une couleur rouge, bleue, jaune, verte, brune ou noire, d’autres auront des reflets métalliques. Plusieurs auront une teinte foncée, parsemée de taches aux couleurs variées. […]  La vie aquatique dure, selon les espèces, de quelques mois à trois ou quatre ans. Lorsque les adultes ont atteint leur maturité sexuelle, ils reviennent près des milieux aquatiques pour entreprendre leur période de reproduction. […]  »

Deux espèces de libellules en particulier semblent voler la vedette au Domaine de Maizerets durant la belle saison.

Leste tardif (Lestes congener)

L. tardif. 12 août 2009.
Crédit photo: Jean Cazes

Cette espèce représente l’un des deux sous-ordres des Odonates observées au Québec : les Zygoptères, « du grec zygoptera signifiant aux ailes jointes ». Comme on le souligne dans Entomofaune du Québec, les sous-ordres se distinguent l’un de l’autre surtout par la manière dont les adultes tiennent leurs ailes au repos.

Nommés familièrement « demoiselles », les Zygoptères sont reconnaissables à leurs ailes presque toujours pédonculées, leur tête très étirée en largeur, leurs yeux globuleux et espacés, leur thorax étroit et allongé et leur abdomen fin et cylindrique.

Sympétrum rubigineux (Sympetrum costiferum)

S. rubigineux. 31 juillet 2012.
Crédit photo: Jean Cazes

Les Anisoptères se différencient d’abord des Zygoptères par leurs ailes qui tiennent à angle droit de chaque côté de leur corps.

Beaucoup plus robustes, les Anisoptères ont des ailes non pédonculées, les postérieures s’élargissant à leur racine. Leur tête arrondie porte de très gros yeux, parfois séparés, mais souvent contigus. Leur thorax est gros et fort. Leur abdomen est soit cylindrique, déprimé ou fusiforme. Leur corps est souvent parsemé de poils. Leur abdomen se termine par trois courts appendices cornés.

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Pour ceux et celles que le monde des insectes fascinent et qui ne connaissent pas encore l’organisation, l’Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ), avec sa filiale à Québec, organise en temps normal différentes activités de terrain, d’échanges ou de conférences pour ses quelque 1200 membres.

Par ailleurs, cette page du site Missnumérique.com formule de précieux conseils pour la photographie macro de l’entomofaune. Enfin, l’album photo d’Alain Hogue mérite particulièrement notre attention pour son inventaire illustré de plus de 3000 insectes du Québec.

Article précédent de cette série : Regards sur la nature limouloise (1) : les fleurs des marais du Domaine Maizerets.