6000 $ pour reboiser le terrain de Signes d'Espoir | 2 décembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Le nouveau bâtiment de Signes d'Espoir, au 185 boulevard des Cèdres.

Crédit photo: courtoisie Signes d'Espoir

6000 $ pour reboiser le terrain de Signes d'Espoir

Situé dans la zone industrielle de Lairet, Signes d’Espoir a obtenu 6000 $ de la Caisse Desjardins de Limoilou pour reboiser le terrain de son atelier. Tout en luttant contre les îlots de chaleur, l’organisme souhaite améliorer le bien-être de son personnel et de sa clientèle, des adultes sourd.e.s, autistes ou ayant des besoins spécifiques.

Fondé en 1979, Signes d’Espoir regroupe en fait trois organismes à but non lucratif : le Centre Signes d’Espoir (un centre de jour), l’Atelier Signes d’Espoir, la Fondation Signes d’Espoir. Des adultes sourd.e.s vivant avec ou sans handicap associé sont accueilli.e.s dans le centre de jour ou travaillent à l’atelier.

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Il y a un an, l'organisme a déménagé au 185, boulevard des Cèdres, à deux pas du Grand Marché et de la ligne ferroviaire. Il y bénéficie d’un des rares terrains végétalisés de la zone industrielle. « Si on regarde sur Google Maps, le seul point vert, c’est notre terrain », décrit Amélie Chansigaud, coordonnatrice des levées de fonds et communications. Néanmoins, comme beaucoup de terrains dans l'arrondissement La Cité-Limoilou, le phénomène des îlots de chaleur y est présent.

Vue satellite de l'atelier Signes d'Espoir sur laquelle on peut voir que le terrain occupe la moitié de l'espace dédié à l'atelier.

Vue satellite de Signes d'Espoir, les espaces verts se font rares dans la zone industrielle.

« Le bien-être pour notre monde »

Dès l’été 2021, l’organisme a aménagé un jardin fleuri à l’entrée de l’atelier. « Les gens, quand ils viennent travailler et qu’ils rentrent dans un bâtiment, puis ils voient qu’il y a des fleurs, ça donne un peu le sourire, peu importe qui on est. On cherche vraiment le bien-être pour notre monde et la planète », souligne Amélie Chansigaud.

En effet, les employé.e.s de l’atelier ont besoin d’un cadre de travail adapté à leurs besoins. C'est notamment essentiel dans des situations de crise, explique Amélie Chansigaud.

« Faut qu’on puisse dire aux travailleurs au printemps, à l'été et l'automne : ''si tu veux tu vas prendre un bol d’air dehors". Notre projet c’est d’avoir des bancs. La personne va s’assoir et ne pas se blesser. Et elle revient travailler en étant dans le calme, en ayant retiré son angoisse, son stress et tout ce qui n’allait pas. »

Des arbres, un potager

Après avoir acheté le terrain, Signes d'Espoir a soumis son projet au Fonds écoresponsable de la Caisse Desjardins de Limoilou. La subvention lui donne entre autres accès à l'expertise d'une entreprise consultante pour la planification. Le reste ira à la remise en forme du terrain, ainsi qu'au reboisement.

Malgré la somme allouée, le projet reste ambitieux. « Avec les 6000 $, il faut remettre le terrain à jour, trouver de la bonne terre, ajuster le niveau puis acheter des arbres qui peuvent avoir un coût important », énumère Amélie Chansigaud. Le projet, toujours en développement, s’ajustera au fil des mois.

Pour l’instant, l’organisme ne sait pas quels types d’arbres seront sélectionnés, ni le lieu de plantation. Signes d'Espoir n’a pas les ressources pour entretenir un boisé fragile ou exigeant.

« Il va y avoir une rencontre avec une entreprises spécialisée [...]. Ça va permettre de définir quels sont les arbres les plus intéressants à avoir. On souhaite réfléchir dans le temps. Par exemple, pour ce qui est des chênes, ça grossit, il y a des racines, puis il y a la voie ferrée, donc on ne veut pas détériorer. »

En plus de la plantation d’arbres, l’organisme souhaiterait mettre sur pied un jardin potager. Une première rencontre aura lieu avec les Urbainculteurs. Signes d'Espoir se dit ouvert à collaborer et à travailler avec d’autres organismes dans ce projet.

« On a rencontré différents OBNL au même moment. Nos missions peuvent se rejoindre. Ça reste toujours intéressant de découvrir d’autres OBNL et de se dire qu’on pourrait travailler ensemble, puis s’apporter des choses entre nous », lance Amélie Chansigaud.

Recyclage de radiographies, masques et matériel informatique

Signes d'Espoir oeuvre aussi pour l'environnement à travers la mission de son Atelier. Depuis 1991, il emploie des personnes sourdes avec ou sans handicap relié. Elles s'affairent à trier, démonter, découper des objets déposés dans un point de dépôt.

Matériel informatique, télévisions, ordinateurs, téléphones, radiographies et masques sont triés pour le recyclage.

« Nos travailleurs vont démonter les appareils. Ils prennent les fils électriques, en cuivre, en fer et les place dans une caisse attribuée. Pour les batteries, les composantes d’ordinateurs ou de téléphones, on va les prendre et les sécuriser puis ce sera envoyé dans différentes entreprises qui les recyclent. »

Le gain est réalisé sur la revente du fer, du cuivre, les batteries pour le démontage et la redistribution. Une boutique Accueil - Ordi-Livres, permet la revente de livres et ordinateurs. Un atelier de bois permet quant à lui de créer des objets.

Du « 1 pour 1 »

« Ces personnes-là ne peuvent pas être sur le marché du travail régulier. Ils sont pas tous physiquement handicapés ou qualifiés comme tels », rappelle Amélie Chansigaud au sujet des travailleurs de l'Atelier.

« Pour certains, ça peut être du stress qui nécessite une médicamentation, des angoisses. Il y a aussi des personnes avec des problèmes de dos ou au niveau des jambes. On retrouve également des personnes sourdes, avec problèmes de déficience intellectuelle ou de santé mentale, et sur le spectre de l’autisme. »

Selon Amélie Chansigaud, toutes ces personnes sont accueillies et reçoivent un suivi. « On connaît leurs difficultés. Et on va travailler avec eux pour faire en sorte que le milieu de travail et son espace conviennent à leur capacité. »

Par exemple, des personnes vont demander à faire le ménage. « Ils sont tout seul et ça leur convient », remarque Amélie Chansigaud. Alors que d'autres travailleur.se.s de Signes d'Espoir  vont vouloir faire du démontage informatique. « Ça va être des personnes très précises » ajoute-t-elle.

Pour ce qui est de l'accompagnement, une adaptation est possible avec la directrice du service clinique. Des rencontres, échanges ou adaptations physiques sont proposées.

« On est plus proches de nos travailleurs que si vous alliez travailler à Walmart. C’est vraiment différent, c’est du 1 pour 1 », conclut Amélie Chansigaud.

5 $ reversé pour l'achat d'une bûche glacée

La Fondation Signes d’Espoir travaille au soutien financier du Centre et de l’Atelier. Elle mène présentement une campagne en collaboration avec la Bûche Glacée. Signes d'Espoir reçoit 5$ lors de l'achat d'une bûche de glacée.

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