À la découverte du refuge animal Leterrarium et de sa boutique pour amoureux des reptiles | 23 février 2021 | Article par Jean Cazes

La bénévole Marybelle Monchamp avec Charlot (varan des savanes), et Maxime Pelletier avec Dr Pepper (boa imperator). 17 janvier 2021.

Crédit photo: Jean Cazes

À la découverte du refuge animal Leterrarium et de sa boutique pour amoureux des reptiles

Maxime Pelletier opère depuis novembre la boutique Leterrarium à Place des Chênes, voisine de son refuge animal. En compagnie de ses quelque 150 singuliers pensionnaires, cet entrepreneur passionné nous raconte son cheminement tout en nous présentant ses deux entreprises.

Publicité

La mission du refuge est de recueillir reptiles, amphibiens et arachnides abandonnés ou saisis, de leur redonner au besoin une santé, puis de leur dénicher un nouveau foyer d’adoption en s'assurant qu'ils soient entre bonnes mains. Une opération que mène Maxime Pelletier avec l'aide de sa conjointe photographe et de nombreux bénévoles tout aussi mordus de bêtes exotiques !

La crise le justifiant, c'est pour appuyer financièrement son organisme fondé en 2005 que l'entrepreneur s'engage aujourd'hui dans la vente, en y joignant un commerce spécialisé.

« Les animaux ont toujours fait partie de ma vie »

Maxime et Crayola, python royal d'Afrique. « Par exemple, une personne qui ne veut plus s’occuper de son serpent devenu trop gros pour son espace ou parce qu'il est malade peut nous confier son animal. »
Crédit photo: Jean Cazes

Dès sa tendre enfance à Saint-Pie-de-Bagot, près de Saint-Hyacinthe d'où il est natif, Maxime Pelletier cultive une vive affection pour les animaux.

« On vivait à la campagne. J'en ramenais de toutes sortes : des couleuvres, des grenouilles, et même, un jour, une moufette ! Ma famille m'a toujours encouragé dans ma passion, même ma grand-mère, qui me trouvait bien brave ! », témoigne-t-il avec amusement et reconnaissance.

À 19 ans déjà, Maxime obtient un poste d'assistant gérant dans une animalerie de sa région. Mais c'est véritablement au Parc cinézoologique de Sainte-Anne de la Rochelle que, tout jeune adulte, sa future carrière se dessinera quand il prendra soin de bêtes aussi impressionnantes que des lions.

Après avoir déménagé à Québec en acceptant un emploi lucratif de gestionnaire dans une chaîne de dépanneurs, Maxime fonde en 2005 son refuge dans son logement de Limoilou. Avec un permis délivré par le ministère de la Faune, faut-il le préciser. Il prend ensuite conscience qu'il est plus heureux à faire un travail qui l'allume vraiment, malgré une diminution de salaire, en retournant dans l'animalerie pour une boutique Au poil.

Outre la gestion du refuge, ces dernières années, Maxime a notamment enseigné sur les reptiles à La Pocatière. « En 2019, Fierbourg m’a approché pour de la formation en soins animaliers, que j'ai aussi donnée à l’école professionnelle de Sainte-Marie de Beauce », ajoute l'excellent vulgarisateur.

Une occasion pour se « réinventer »

L'entrée de la boutique.
Crédit photo: Jean Cazes

Cela fait quatre ans Maxime Pelletier opère son refuge dans le centre commercial. Celui-ci serait unique à Québec, si l'on exclut celui de la Société protectrice des animaux (SPA), qui lui confie à l'occasion des animaux exotiques en partenariat. Mais comme pour la SPA, elle-même aux prises avec des problèmes de financement, cette noble cause entraîne nécessairement des dépenses pour les soins vétérinaires, la nourriture et l’équipement. Jusqu'à ces derniers mois, Maxime se finançait grâce surtout à des expositions ou des présentations dans des écoles, un peu partout au Québec. Des activités récréatives ou d'éducation que la pandémie a mises sur pause...

C'est donc pour compenser ce manque que l'entrepreneur a ouvert la boutique Leterrarium adjacente au refuge. « J'ai donc dû, moi aussi, me réinventer : c'est pourquoi je me suis lancé dans la vente au détail ». Une occasion, finalement, de combler un besoin ! D'autant plus, comme le répète Maxime, que « pour accueillir un tel animal à la maison, encore faut-il s’assurer d’être en mesure de lui offrir un environnement adéquat ».

« Nous offrons des aliments de qualité, de même que des suppléments vitaminés et un peu de médication pour combattre, par exemple, les parasites externes. Aussi, on retrouve ici tout ce qu'il faut pour monter un terrarium : éclairage, sources de chauffage, substrat, thermomètres, produits désinfectants, etc. »

Toujours dans l'objectif de financer le refuge, il est possible de se procurer à la boutique une gamme d'articles promotionnels comme des tee-shirts, des macarons, des peluches tricotées à la main, des savons en forme de dinosaures, de même que des bijoux écoresponsable MÜ, d'Andréanne Moreau, une artiste de Lévis qui utilise les mues des serpents du refuge », souligne Maxime.

Un vaste choix d'animaux exotiques, même pour les débutants

Bella, mygale rose du Chili.
Crédit photo: Jean Cazes

Outre les quelques bêtes en démonstration dans la boutique, le refuge héberge en général plus de 150 pensionnaires parmi lesquels des pythons royaux, un dragon barbu, une espèce de serpent sans écailles, des crapauds à pied de bèche et un caméléon du Sénégal !

Considérant l'investissement matériel, confronté à cette faune bigarrée, il n'est pas toujours évident pour le novice de fixer son choix d'adoption. « Nous vérifions d'abord si le client est prêt à s’équiper suffisamment, s'il a l'espace, le temps pour s'en occuper », explique Maxime, rappelant que certaines bêtes qu'on lui confie sont liées à des achats faits sur un coup de tête...

« On veut s’assurer que l’animal soit bien traité, sinon, on refuse de le donner en adoption. Mais en discutant, on peut par exemple lui suggérer un lézard pour débutants, comme le gecko léopard, très résistant et qu'on peut nourrir d'insectes déshydratés, ou une autre espèce de lézard frugivore. »

Au fait, qu'en est-il des fameuses mygales et autres tarentules ? « On choisit surtout des espèces qui ne sont pas trop dangereuses, assure Maxime. Par exemple, la mygale frisée, qu’on garde ici, a un venin classé 1 sur 5, soit l’équivalent d’une piqure de guêpe, ce qui n'est pas dangereux à moins de souffrir d'allergie. C'est une espèce très manipulable. »

Un projet de petit zoo toujours dans l'air

Coulson, iguane vert, Amérique centrale et du Sud.
Crédit photo: Jean Cazes

Outre le développement d'une carrière complémentaire en enseignement en soins animaliers, cours qu'il donne cet hiver au profit de Fierbourg, Maxime Pelletier caresse toujours le souhait de mettre sur pied un petit zoo de reptiles, toujours à Place des Chênes. Un autre projet qu'il avait planifié avant la pandémie pour mieux faire connaître les reptiles par des activités éducatives et familiales.

« On parlait aussi d’aller chercher des espèces un peu plus rares pour attirer particulièrement les passionnés de reptiles. Ce projet a forcément été mis de côté pour l’instant, car en temps de COVID, les zoos ne peuvent de toute façon ouvrir, et à cela s’ajoute les difficultés de financement. On a donc mis nos énergies sur la boutique, mais on garde ça pour l’après-crise ! »

Leterrarium (refuge et boutique)
155, rue des Chênes Ouest, locaux 4 et 6
Facebook : Leterrarium

Cette page Facebook Leterrarium, illustrée de magnifiques photos et de vidéos formatifs, est suivie par plus de 40 000 personnes, pour la plupart des passionnés de reptiles qui désirent, entre autres, en apprendre plus sur différentes espèces et comment s'en occuper. On y retrouve aussi un lien pour effectuer des dons (incluant du matériel pour les animaux).