Élections fédérales 2021 : Alupa Clarke, Parti conservateur du Canada | 3 septembre 2021 | Article par Suzie Genest

Alupa Clarke, Parti conservateur du Canada, à son bureau de campagne, le 30 août 2021

Élections fédérales 2021 : Alupa Clarke, Parti conservateur du Canada

Monlimoilou a rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans Beauport-Limoilou, pour une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 30 août, nous avons rejoint à son bureau de campagne dans Beauport Alupa Clarke, candidat pour le Parti conservateur du Canada (PCC) dans Beauport-Limoilou.

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Celui qui fut député fédéral dans Beauport-Limoilou de 2015 à 2019 a été porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’Anciens combattants, de Services publics et d’approvisionnement, de Langues officielles et de la Francophonie. Il est devenu durant son mandat ministre adjoint du cabinet fantôme pour les petites entreprises, la promotion des exportations, les Langues officielles et la Francophonie.

Défait aux élections de 2019, cet ancien militaire a dirigé la campagne à la chefferie du PCC de Erin O’Toole en 2020. Il est ensuite devenu le conseiller principal de son cabinet de nouveau chef de l'opposition officielle à Ottawa.

Quelles sont les priorités ou valeurs du PCC qui vous ont amené à joindre ce parti?

« Les valeurs fondamentales du parti qui m’ont attiré au début, à 18 ans, c’est la protection de la souveraineté de l’arctique et la notion du devoir. Devoir envers la patrie, envers sa communauté et son prochain. Si ton voisin meurt de faim, les gens ont le réflexe de dire : c’est la faute de l’état. Mais non, d’abord, c’est la faute du voisinage : où étaient l’oncle, la tante, le frère, la sœur, le cousin? […] Ça, c'est une valeur conservatrice. »

« Le patriotisme, l’amour de la patrie, le respect de notre histoire, notre culture, la langue française... Tout sociologue ou politologue objectif vous le dirait : il n’y a absolument rien de plus conservateur que de vouloir préserver sa culture et sa langue. C’est du conservatisme pur, donc les Québécois sont conservateurs! »

Quelle conclusion tirez-vous de votre défaite en 2019? Qu’est-ce qui est différent aujourd’hui en 2021 et qui jouerait en votre faveur?

« Je prends l’entière responsabilité de la défaite des Conservateurs dans Beauport-Limoilou en 2019. J’étais très heureux de mon premier mandat. […] J’étais quelqu’un de terrain, très présent. […] Au-delà du parti, je suis là pour la bonne cause, avec le cœur à la bonne place. J’ai perdu notamment parce qu’il y a eu une montée du Bloc Québécois. Une bonne performance du Bloc en 2019 et une sous-performance des Conservateurs, notamment autour des enjeux sociaux et de notre chef Andrew Sheer. Je n’aime pas dire ça, mais c’est la vérité. »

« Ce qui est différent cette fois-ci… Ce n’est pas pour rien que je suis devenu président de la campagne de Erin O’Toole en 2020! […] Il est pro-choix, pro-LGBTQ, pro-mariage gai. Il va toujours défendre le droit des femmes à l’avortement. […] Le bilan de M. O’Toole à la Chambre des communes va dans ce sens-là, il a voté pour ces enjeux sociaux. Il est né à Montréal, c’est un bon gars, ex-militaire, extrêmement discipliné, pragmatique, terre à terre, proche du monde. Il connaît parfaitement tous ses enjeux et ses dossiers. Il étudie, lit beaucoup. Il a un beau charisme et la capacité de connecter avec le monde. »

« On a une approche spécifique pour le Québec, une plateforme québécoise et un contrat avec le Québec. Plus de pouvoir du côté de l’immigration, protéger la Loi 21, un rapport d’impôt unique... On va être un partenaire financier et moral, que ce soit pour les infrastructures, la pénurie de main-d’œuvre, le développement économique. On n’est pas paternalistes. »

« On a une équipe de Québec autour du chef, un directeur de campagne du Québec. Une firme de communications québécoise de Montréal a refait tous nos visuels, c'est un remake! On a toujours été pro-Québécois, mais là, c’est à tous les niveaux. »

Qu’est-ce qui vous lie à Beauport-Limoilou?

« Je suis né à Québec, j’ai grandi au Nouveau-Brunswick, mais je suis revenu à Beauport à 17 ans. Depuis, j’ai toujours vécu à Beauport, à part un intermède de quatre ans à Montréal pour vivre la grande ville. Mes grands-parents sont arrivés à Beauport dans les années 1940, beaucoup de monde connaît mon grand-père arpenteur-géomètre. […] Ma mère est née ici. Les grands-parents de ma femme sont nés à Beauport, ma femme est née à Beauport, mes enfants sont nés à Beauport. J’ai été député, je suis actif ici depuis x nombre d’années. »

Qu’est-ce qui distingue la circonscription, sa population, ses besoins?

« D’abord, les citoyens de Beauport-Limoilou, comme tous les citoyens au Canada, ont des besoins qui correspondent aux enjeux d’actualité. Pénurie extrême de main-d’œuvre pour les PME, sortie de crise de la pandémie, retour au travail, il y a des gens qui ont perdu un être cher, qui ont perdu un emploi… Ensuite, il y a la mobilité, le transport en commun, le 3e lien. »

« Spécifiquement dans le comté, j’ai ciblé trois enjeux sur lesquels je veux m’attarder. Premièrement, la question de la fierté identitaire et du maintien de notre langue française […], sans fermer la porte à quiconque, tout en étant ouvert sur le monde. […] Tout a commencé ici, au parc Cartier-Brébeuf en 1534, puis avec l’avenue Royale, le plus long sentier patrimonial linéaire au Canada, au Québec. »

« Deuxièmement, la question de la qualité de l’air dans Limoilou et Maizerets. […] Le Port, peu importe ce qu’il fait, les gens n’ont pas confiance […] Je veux m’assurer, si c’est le cas, qu’on donne confiance, et s’il faut faire davantage, on va faire davantage. »

« Malheureusement, on est un des comtés les plus pauvres au Canada. Quand je vais être élu, moi je m’engage avec le PCC à trouver des moyens de réduire la pauvreté, partout au Canada mais à Beauport-Limoilou. »

« Ce que je trouve triste de Beauport-Limoilou, c'est qu'en 20 ans, il y a eu cinq ou six députés différents, quatre partis différents. Il y a une instabilité politique, qui est peut-être bonne pour la compétition politique, mais ça se fait au détriment des enjeux locaux, comme la qualité de l'air. Quand le député change tous les deux ou quatre ans, c'est difficile de monter un dossier et d'agir sur quelque chose en quelques années à peine. Pour le Port de Québec, comme ça fait six ans que je suis là-dedans... L'année avant les élections de 2019, j'avais commencé des démarches avec le Port et c'était positif. Là, je veux continuer ça. »

Nous avons retenu quelques enjeux qui intéressent particulièrement notre lectorat. Pour chacun, quel est le plus grand défi selon vous, et à quoi vous engagez-vous?

Logement

« Le plus grand défi, c’est la construction de logements abordables, et c’est une compétence provinciale. Nous, ce qu’on dit, c’est qu’on va être un gouvernement fédéral de partenariat. On ne sera pas centralisateur. Lorsqu’on va procéder à des transferts, il n’y aura pas de conditions. À la fois les provinces et les municipalités pourront agir là où c’est nécessaire. »

« Nous, on veut procéder à la construction d’un million de maisons au Canada. Pour ce qui est des logements à prix modique, c’est provincial, on va être là pour aider. »

Transport

« Le plus grand défi, c’est la mobilité dans la grande région de Québec. Nous, on a deux engagements. On va financer le 3e lien à une hauteur de 40 %, la demande de M. Legault. Ce qui est intéressant pour les gens de Limoilou, c’est que grâce à la construction du 3e lien, l’autoroute Laurentien va être transformée en boulevard urbain. Ça va enlever une grande fracture entre Vanier et Limoilou. »

« Pour ce qui est du transport structurant, le projet du tramway est bien enclenché, mais il reste un enjeu politique autour, et on est en campagne municipale. Peu importe ce que les citoyens décident le 7 novembre, nous, on va honorer l’engagement de 1,2 milliards pour le réseau structurant. »

Main-d’œuvre et relance économique

« On a le plan de rétablissement du Canada. [...] On va favoriser le retour du million d’emplois perdus durant la pandémie. On va financer au niveau de la santé mentale, car il va y avoir des conséquences postpandémiques. On va mettre en place des lois anticorruption plus fortes et équilibrer le budget d’ici une décennie, de manière raisonnable pour ne pas avoir d’austérité ni de coupure dans les programmes sociaux. »

Littoral Est

« Il faut s’assurer que les différents ordres gouvernementaux s’assoient ensemble pour maximiser le futur développement de cette zone. Moi, de prime abord, je trouve que c'est une bonne idée, parce que ça vise à enlever de l'industrie lourde et la remplacer par les technologies. Mais il y a beaucoup de citoyens qui ont peur qu'on priorise encore le développement industriel au détriment des citoyens. Ça, c'est important. »

« Il ne faut pas rejeter ce projet, mais que ce soit fait en collaboration totale avec les trois palliers gouvernementaux qui ont un mot à dire et une participation, et surtout avec les gens de Maizerets, parce qu'il y a des craintes. »

Qu’avez-vous appris des citoyen.ne.s de Beauport-Limoilou jusqu'ici?

« Que c’est eux qui décident! C’est du monde fier de leur patelin, il y a beaucoup d’esprit communautaire à Beauport et à Limoilou, beaucoup d’entraide. »

« Ils m’apprennent à être une meilleure personne. Moi, ma défaite... j’ai beaucoup, beaucoup appris. J’ai maturé, je suis rendu à 35 ans, je suis plus zen. J’ai toujours voulu être authentique, mais je pense que je le suis plus. Ça vient avec l’habitude d’être en politique. Au début, c’est stressant; être élu à 29 ans, ce n’est pas la chose la plus facile au monde! J'ai beaucoup appris. »

« En toute humilité, moi c'est ma troisième campagne... Ce que j'aimerais dire aux citoyens de Beauport-Limoilou, c'est... C'est à vous de décider. Mais je crois sincèrement que j'ai le bagage nécessaire et que j'ai la capacité de mettre de côté les lunettes idéologiques, s'il y en a, pour travailler concrètement sur les enjeux locaux, représenter avec honneur et dignité tout le monde à Ottawa, et travailler pour le bien commun. »

Qu’est-il important que les gens sachent ou comprennent bien quant au rôle ou au « pouvoir » de leur député.e fédéral.e?

« Souvent, les gens pensent que c’est loin de la population. Oui et non. Notre rôle, c’est les enjeux fédéraux : la défense, les relations internationales, les infrastructures, les frontières l’impôt, la taxation… Mais le fédéral est partout! Le Centre Jean-Guy Drolet a reçu des fonds sous Harper pour diviser le gymnase en deux.

Le fédéral est nulle part et partout à la fois, et il doit être respectueux. Le député fédéral doit être inclus et au courant de tout, car il y a une possibilité qu’il puisse agir. […] Vous savez, il y a des lois qui encadrent le pourcentage de boucane qu’un incinérateur peut émettre. L’incinérateur est municipal, mais le fédéral a un rôle à jouer. »

« Ce que je trouve beau, c’est être le canalisateur des demandes et des frustrations des citoyens. [...] Un politicien doit être un paratonnerre. […] C’est important pour une saine démocratie d’avoir des élus qui reçoivent et qui canalisent cette frustration de façon raisonnée et raisonnable à Ottawa. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.