Élections fédérales 2021 : Ann Gingras, Parti libéral du Canada | 7 septembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Crédit photo: Gracieuseté Parti libéral du Canada

Élections fédérales 2021 : Ann Gingras, Parti libéral du Canada

Monlimoilou a rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans Beauport-Limoilou. Chacun.e a répondu à nos six questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 31 août, nous nous sommes assis avec Ann Gingras, candidate pour le Parti libéral du Canada (PLC).

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Avant d'assumer la présidence du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches pendant plus de 20 ans, Ann Gingras a occupé d'autres fonctions syndicales. Dès 1982, cette anglophone de naissance a amorcé ce parcours dans le secteur de l'hôtellerie, au Hilton-Québec.

Sa feuille de route compte plusieurs engagements dans le milieu socioéconomique : Conseil régional de concertation et de développement de Québec, Centre local de développement de Québec et de Vanier, Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec, Conférence régionale des élu.e.s... Ann Gingras a participé à des comités de relance, de survie et de fondation dans différents milieux.

Quelles sont les priorités ou valeurs du PLC qui vous ont amenée à joindre ce parti?

« J’ai consacré 32 ans de ma vie au mouvement syndical, alors pour moi, les valeurs progressistes, c’est extrêmement important. Je trouve que le Parti libéral du Canada a, depuis quelques années, fait preuve d’une solidarité sociale, et ça, c’est quelque chose qui me rejoint tout à fait dans ma vie. On a vu la préoccupation pendant la pandémie pour les travailleuses et les travailleurs, pour les entreprises, pour les gens qui se retrouvaient du jour au lendemain avec rien lorsqu’on a fermé le Québec. »

« Ça faisait juste quelques jours que le Québec était fermé, on était en confinement et j’ai reçu un appel du bureau de M. Duclos pour venir me questionner sur les besoins des travailleurs et travailleuses qui avaient perdu leur emploi. D’abord, ça m’a surpris comme appel, car depuis que j’étais à la CSN, je n’avais jamais été interpellée sur les besoins dans aucune situation, mis à part certains partis d’opposition, mais jamais un gouvernement au pouvoir.

J’ai consulté, j’ai rappelé et la politique d’aide qui en est ressortie répondait en tout point aux besoins des travailleuses et des travailleurs.  […] J’avais rappelé pour dire qu’il y avait une catégorie qui avait été oubliée – les travailleurs hivernaux et saisonniers – et la politique avait été modifiée pour les inclure. On voyait une préoccupation pour les besoins des personnes, une proximité. »

Qu’est-ce qui vous amène en politique fédérale maintenant, en 2021? Qu’apportez-vous de différent qui vous distingue comme candidate?

« J’ai déjà été sollicitée par le passé, j’avais toujours refusé de faire le saut au niveau du monde politique. Toute ma vie, j’ai défendu des gens, j’ai porté leur voix. J’ai cherché à améliorer leur condition de vie, leur condition de travail. Et je trouve qu’aujourd’hui, avec le changement du gouvernement Trudeau, on voit une proximité, une préoccupation au niveau de la population. Alors je me suis dit : "pourquoi pas poursuivre mon service public à un autre niveau?" Ce qui est dans le fond une poursuite de continuer à défendre les citoyen.ne.s de Beauport-Limoilou, en portant leur voix et en améliorant les conditions de vie. »

« J’ai la réputation d’être une personne qui ne lâche pas, la détermination, la passion. Je défends les gens. Je suis une femme de terrain, de proximité et je me rebelle contre toute injustice. Je veux faire une différence pour les citoyens et les citoyennes de Beauport-Limoilou. »

Qu’est-ce qui vous lie à Beauport-Limoilou?

« Ça fait 32 ans que je représente les gens dans la grande région de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Les citoyens de Beauport-Limoilou, c’est un comté où c’est beaucoup la classe moyenne. Vous avez aussi des gens qui ne sont pas de la classe moyenne et qui y aspirent. Il y a beaucoup de besoins. C’est des gens qui travaillent fort. C’est des gens qui ont une préoccupation marquée pour l’environnement. »

« Quand j’étais à la CSN, il n’y avait pas de frontières, là dans les élections on a pas le choix, mais c’est un comté dans lequel j’ai beaucoup travaillé […]. Ce sont des liens professionnels, des liens personnels. Je connais beaucoup de gens qui sont au niveau de Beauport-Limoilou, des gens avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, mais qui sont aussi des amis. »

« Il y a vraiment pour moi, un défi de taille. Au niveau des salaires, le revenu moyen des ménages, c’est en bas de 48 000 $. Il faut qu’on soit capable de mettre un coup de barre pour améliorer le quotidien. »

Qu’est-ce qui distingue la circonscription, sa population, ses besoins?

« C’est très diversifié comme circonscription. Lorsque je rencontre les gens, je vois qu’il y a une préoccupation marquée pour l’environnement. […] Moi aussi, c’est ma priorité. »

« Il y aussi un besoin au niveau des logements abordables. […] La rénoviction est un immense problème au niveau de Limoilou, il y en a eu et il pourrait y en avoir encore […]. Il y a eu l’aide à une première propriété, ça on sait qu’il y a un marché. Juste la création de places en garderie, il y a 34 000 places qui ont été annoncées. »

« Dans le comté, il faut dire qu’il y a un vieillissement de la population. Il y a beaucoup d’aînés. Il faut qu’on soit capable de travailler avec nos partenaires pour augmenter la qualité de vie de nos aînés, surtout ceux qui sont à faible revenu. Ça, ça a été annoncé concernant l’augmentation du supplément de revenu garanti et pour les aider à demeurer plus longtemps chez eux. »

Voici des enjeux qui intéressent particulièrement notre lectorat. Pour chacun, quel est selon vous le plus grand défi? À quoi vous engagez-vous?

Logement

« Il faut qu’on soit rapidement en mesure d’agir pour le logement abordable et l’accessibilité d’achat à une première propriété, bien évidemment avec nos partenaires […].»

« Le plus grand défi, c’est la question des rénovictions. Je sais qu’il y en a eu beaucoup. J’ai fait beaucoup de porte à porte depuis que ma candidature a été annoncée. J’ai vu des immeubles vides, complètement vides, alors qu’ils étaient habités il y a pas si longtemps […]. Il faut qu’on soit capable d’agir là-dessus. »

Transport

« Au niveau du transport, il y a 1,2 milliard qui a été conclu avec la Ville de Québec pour le tramway. Il faut qu’on soit capable d’aller vers une plus grande étendue de service de transport en commun. »

Face au 3e lien, comment vous positionnez-vous?

« Je l’ai déjà dit, là, il y a une idée sur la table. Je l’appelle le projet virtuel. […] Il n’y a pas de projet encore, il n’y a pas de rapport d’infrastructure. Il n’y a pas de rapport environnemental. Il n’y a même pas de rapport de besoin, au-delà de nous montrer des photos du pont qui est congestionné aux heures de pointe. Ça prend vraiment un rapport.

D’ailleurs, le gouvernement du Québec avait demandé une prolongation du délai au gouvernement fédéral pour soumettre le projet, ce que le gouvernement fédéral a accordé. À ce jour, il n’y a pas de projet et pas d’étude. Il y a l’environnement, mais il y a aussi une priorité :  celle de l’accessibilité sociale. »

Environnement et verdissement

« J’ai eu la chance de visiter le quartier Maizerets. Je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire. Bien évidemment, avec nos partenaires; je ne veux pas me substituer à la Ville de Québec. Je pense qu’on est capable d’apporter notre soutien pour améliorer les conditions de vie des citoyen.ne.s de Beauport-Limoilou. Il faut qu’on soit capable d’améliorer l’environnement dans lequel ils habitent. […] Pour moi, c’est une priorité de m’assoir avec la Ville de Québec pour voir comment on peut mettre les idées au jeu. »

Rareté de main-d'œuvre et relance économique

« La rareté de la main-d’œuvre, c’est devenu un enjeu de cette campagne, et ça l’était déjà en 2019. Avant d’être candidate, on en parlait déjà dans plusieurs secteurs, que ce soit pour la santé, le secteur des services, le secteur touristique ou l’industrie manufacturière. Ce n’est pas quelque chose de nouveau. Ce n’est pas à cause de la pandémie. Ce n’est pas non plus la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE). »

« Dans le cadre de la pandémie, on a vu qu’il y a beaucoup de jeunes travailleurs et travailleuses qui en ont profité pour réorienter leur carrière ailleurs. Il faut qu’on soit capable d’améliorer les mesures de formation, travailler au niveau de l’immigration. Il y a eu des accords avec le Québec pour doubler de 10­ %-20 % la question des travailleurs immigrants temporaires. Mais ce n’est pas la solution partout. C’est une mesure qui est mise de l’avant entre autres pour les agriculteurs. La formation et l’immigration, il faut qu’on travaille là-dessus. »

Littoral Est

« L’un des enjeux, c’est l’accessibilité au fleuve. On sait qu’il y a la Baie de Beauport, maintenant... Je vous ai parlé de Maizerets. Comment est-ce qu’on peut améliorer pour ces gens- là, qui bien souvent n'ont pas de voiture ou pas de ligne de transport direct, comment est-ce qu’on peut "refaire ce quartier", évidemment avec la Ville de Québec? […] Il faut rendre le quartier plus attrayant et ça passe par verdir le coin […] et amener de la plus-value avec le fleuve. »

« Il faut regarder les besoins et ce qui s’en vient. Pour le moment, je suis sur les conditions de vie des citoyen.nes, au niveau de Maizerets entre autres. Il faut faire en sorte d’améliorer leur qualité de vie. »

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici?

« J’ai fait la tournée la semaine dernière avec le Conseil de quartier de Maizerets, ce qui permet aussi de comprendre autre chose. Un peu comme quand j’étais dans le monde syndical, les gens qui détiennent les solutions, c’est ceux qui vivent les problèmes tous les jours. […] Je pense qu’il faut prendre le temps de rencontrer ces gens-là. »

« J’ai été épatée la semaine dernière, par les idées des gens du quartier [...], toutes les idées qui sont mises de l’avant pour assainir le milieu. Maizerets, c'est aux alentours de l’incinérateur de Québec, de juridiction municipale, mais ils ont appris à faire avec. Il y avait beaucoup d’idées mises en avant pour améliorer la qualité de l’air […]. »

Qu’est-il important que les gens sachent ou comprennent bien quant au rôle de leur député.e fédéral.e?

« Au niveau du Parti libéral, c’est une dynamique de coopération […]. Il faut absolument qu’on soit capable de travailler ensemble pour trouver des consensus. »

« Souvent, le gouvernement fédéral est un bailleur de fonds. Il faut faire partie de la négociation pour différents besoins. On a aussi les sons de cloche des citoyen.ne.s. Je pense qu’on l’a vu avec la crise sanitaire. De la manière dont j’ai été appelée, je suis convaincue que je ne suis pas la seule. On a pris la peine de consulter pour bien faire le politique. »

« C’est dans ma façon de faire avant de prendre une décision, d’aller à la rencontre et être à l’écoute […]. En bout de ligne, ma volonté, c’est d’amener ce que veulent les gens de Beauport et Limoilou à Ottawa, et pas d’amener Ottawa aux gens de Beauport-Limoilou. C’est d’amener ce qu’ils vivent à Ottawa, pour améliorer leurs conditions de vie. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.