Élections fédérales 2021 : Camille Esther Garon, Nouveau parti démocratique | 2 septembre 2021 | Article par Suzie Genest

Camille Esther Garon, candidate pour le Nouveau parti démocratique dans Beauport-Limoilou, devant la Brûlerie Limoilou, le 27 août 2021

Crédit photo: Suzie Genest

Élections fédérales 2021 : Camille Esther Garon, Nouveau parti démocratique

Monlimoilou a rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans Beauport-Limoilou. Chacun.e a répondu à nos questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 27 août, nous nous sommes assis avec Camille Esther Garon, candidate pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) à la Brûlerie Limoilou, son lieu de prédilection pour étudier.

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Afro-Québécoise, Camille Esther Garon est arrivée à Québec à l’âge de huit mois, à travers l’adoption internationale. Après des études en sciences politiques à l’Université Laval, elle s’est inscrite en management aux Hautes études commerciales (HEC). Son parcours l’a amenée dans les milieux communautaire et événementiel. L’interculturel, la diversité, la place des femmes en politique municipale sont au coeur de ses engagements. C’est en 2020, à 26 ans, qu’elle a décidé de faire le saut en politique.

Quelles sont les priorités ou valeurs du NPD qui vous ont amenée à joindre ce parti?

« J’ai rejoint le NPD parce que, à la base, sa création est progressiste. Le mot progressiste, c’est rendu un buzzword! Nous, notre création, à la base, c’est des enjeux sociaux. Ce qui m’a beaucoup rejoint aussi, c’est l’urgence climatique. Le NPD s’attaque beaucoup à la crise climatique, aux enjeux climatiques, c’est un leader du climat.

Je me suis lancée en politique après la mort de George Floyd, après les manifestations contre le racisme. […] Avec le NPD, on aborde des enjeux de diversité, d’inclusion, mais surtout d’équité. Moi, je ne veux pas juste aller vers la diversité, je veux aller vers l’inclusion. Avoir des bonnes lois qui vont permettre d’inclure chacun et chacune. Ça comprend autant les communautés culturelles que les communautés québécoises. La langue française, c’est un enjeu qui fait partie de notre inclusion. »

Qu’est-ce qui vous amène en politique fédérale maintenant, en 2021? Qu’apportez-vous de différent qui vous distingue comme candidate?

« Après toutes mes implications, je trouve qu’il n’y a pas assez de représentation de jeunesse, de femmes, de personnes issues de la diversité. Je ne représente pas toutes les femmes ni toutes les personnes noires. Mais je veux essayer d’apporter une perspective différente à la Chambre des communes.

Ce sont les jeunes qui sont allés manifester concernant l’urgence climatique, pour combattre le racisme… Ça ne veut pas dire que les autres générations ne l’ont pas fait, la diversité générationnelle, c’est super important. Mais qu’on puisse avoir une voix jeunesse, ça peut se faire maintenant, dans ces élections.

J’apporte un vécu différent, par mon bagage. Et j’apporte une voix du NPD progressiste francophone. »

Qu’est-ce qui vous lie à Beauport-Limoilou?

« J’ai habité longtemps en banlieue, avec ma famille. Ce qui m’accroche beaucoup dans Beauport-Limoilou, ce sont les valeurs sociales. Limoilou et Beauport, c’est deux endroits différents, avec des enjeux différents mais tout aussi valides. En mai-juin, j’ai commencé à assister aux conseils de quartiers et j’ai découvert les enjeux. »

Selon vous, qu’est-ce qui distingue la circonscription, sa population, ses besoins?

« Je trouve qu’il y a des enjeux ici qui n’ont pas été assez discutés à la Chambre des communes. En termes d’environnement, de favoriser le transport en commun... On a des priorités de santé, de crise du logement, de crise climatique. Les services aux familles sont importants, notamment pour les services de garderie qui sont à la base du NPD. […] Il y a un projet que je veux mettre de l’avant […] : que le fleuve puisse avoir des droits, qu’on puisse protéger notre fleuve.

Pour des enjeux comme la santé, qui sont provinciaux, on veut s’assurer d’avoir des bons transferts fédéraux aux provinces. Qu’il puisse y avoir une assurance santé et médicament de base, que les jeunes puissent avoir un nettoyage dentaire de base… et respecter les champs de compétences. »

Nous avons retenu quelques enjeux qui intéressent particulièrement notre lectorat. Pour chacun, quel est le plus grand défi selon vous, et à quoi vous engagez-vous?

Logement

« Le plus gros défi, c’est vraiment la crise du logement, et comment des gens se font évincer. C’est important comme enjeu social, parce que souvent, les gens qui se font évincer, ce sont des gens en situation de vulnérabilité. Si je suis élue, concernant la promesse du NPD de faire 500 000 logements sur une période de 10 ans, je veux m’assurer que Beauport-Limoilou puisse être bien représenté.

J’aime beaucoup la 3e Avenue, mais Limoilou c’est aussi Saint-Pie-X, Maizerets. Ces quartiers ont été peu représentés et discutés à la Chambre des communes. C’est ce que je compte faire. »

Transport

« Le gros défi, ça va être de s’assurer de subventionner des projets d’infrastructures qui ne vont pas empirer la qualité de l’air. Ça, ça veut dire ne pas financer un 3e lien. Je veux m’assurer qu’on mette ça au clair. Le 3e lien ne doit pas être financé, ne doit pas se faire. Un, ça va augmenter les émissions de gaz à effets de serre. Deux, c’est un enjeu social. Dans les années 1970, dans le secteur de l’ilot Fleurie, il y avait tout un quartier qui a été rasé…

Nous, le NPD, on ne veut pas rajouter des autoroutes à Québec, il n’en manque pas.  Les transports en commun, il n’y en a pas assez. Le tramway, c’est beau, mais il va passer par où… C’est sûr que ce n’est pas de compétence fédérale, mais il faut qu’on soit attentifs à ça. […] À mes adversaires qui vont dire que ce n’est pas à Ottawa de décider, je réponds : on se fait demander 4 milliards, si les provinces interpellent le fédéral, il peut avoir son mot. »

Environnement et verdissement

« J’ai fait plusieurs activités avec Croque ton quartier et avec le Conseil de quartier Maizerets… Le défi, c’est de s’assurer de garder le quartier vert. Les terrains qui ne sont pas encore occupés, ils pourraient être redonnés aux citoyens… Je veux vraiment m’engager pour qu’on garde l’environnement vert. »

Rareté de main-d’oeuvre et relance économique

« Ma priorité, c’est de soutenir les initiatives locales. Les travailleurs autonomes, les coopératives, les organismes communautaires... On veut s’assurer que les ultra-riches puissent faire leur part, et imposer une taxe aux grandes entreprises qui ont eu un revenu excessif, c’est-à-dire des profits d’au moins 10 millions $ (pas les PME). »

« Le plus grand défi, ça va être de s’assurer d’une création d’emplois plus verte et plus sociale. Comment ça va se faire? Ça, c’est à réfléchir! »

Littoral Est

« Le défi, c’est que beaucoup d’industries prendraient des espaces verts… Mon souci, c’est que ça ne s’adresse pas à Beauport-Limoilou. Les emplois qui vont être créés, est-ce que ça va aller à des gens de Beauport et Limoilou ou bien à l’international? On pourrait s’assurer de favoriser la biodiversité, la participation citoyenne des gens qui vivent près de là. […] Ce dont je veux m’assurer, c’est que soient pris en compte les gens du quartier. Pour les emplois créés, que les gens de Limoilou et Beauport, et les gens issus de la diversité, soient priorisés. »

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici?

« J’ai beaucoup appris sur les enjeux de l’incinérateur. Ce n’est pas nécessairement de compétence fédérale, mais avec l’urgence climatique, ceux qui vont être le plus touchés, c’est dans Limoilou et Beauport. J’ai appris comment les jeunes familles s’organisent et se sensibilisent sur l’environnement. J’ai appris l’importance des enjeux de diversité et inclusion, notamment à Saint-Pie-X et qu’il faut s’assurer de favoriser ce secteur, Lairet-Maizerets. »

Qu’est-il important que les gens sachent ou comprennent bien quant au rôle, au « pouvoir » de leur député.e fédéral.e?

« La plus grosse force d’un député, ce n’est pas sa communication, ce n’est pas ses 25 ans d’expérience, c’est l’empathie. Je trouve que l’empathie n’est pas assez discutée en politique. Quand on a de l’empathie, on est capable de se mettre à la place de l’autre, de comprendre sa réalité. »

« Je dirais qu’on ne réalise pas l’importance du fédéral. C’est sûr que le municipal, c’est très proche des citoyens, mais le fédéral peut donner un soutien, et un soutien financier. C’est ça que je veux apporter à la Chambre des communes. On veut s’assure que le Québec puisse avoir sa voix, progressiste et francophone. »

» Il faut vulgariser la politique. C’est bien beau faire du porte-à-porte, distribuer des pamphlets, mais je dois être capable de dire : moi, je veux être députée, et voici ce que je suis capable de faire.

Je suis capable de favoriser le transport en commun, de représenter Beauport-Limoilou, de me battre sur la crise du logement… Ça, ça demande une empathie, une écoute et une détermination. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.