Le caractère bouillant de ma mère | 29 août 2021 | Article par Monlimoilou

L'Exposition provinciale en 1967.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Le caractère bouillant de ma mère

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage pour nos lecteurs et lectrices ses souvenirs de jeunesse. Aujourd'hui, il nous parle, en deux anecdotes, de sa mère qui ne s'en laissait pas imposer...

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Dans les premières années au cours desquelles nous habitions à Sainte-Odile – nous avions alors 5 ou 6 ans – , maman nous amenait sur le terrain de l'Exposition provinciale, tout près de chez nous.

Mon père, Pierre, y avait ses bureaux pendant tout le temps de l'Exposition. Alors, nous profitions du fait qu'il y travaillait pour aller nous promener avec maman et pour essayer les jeux. Ça sentait bon les légumes grillés, avec les hot-dogs et les hamburgers. Mon treat, ma petite folie, c'était le pogo, une saucisse sur bâtonnet enrobée d'une pâte croustillante.

Maman était toujours bien fière de se promener avec ses deux gars. Elle faisait racée, toujours bien habillée, grande et mince.

Frapper d'abord et ensuite jaser

Un de ces jours, alors que nous marchions à travers la foule dans les allées du parc de l'exposition, maman avait soudainement lâché ma main pour se retourner brusquement. Quand je m’étais retourné pour voir ce qui se passait, je l'avais vue qui arborait sa moue caractéristique quand elle était en colère : la pointe de la langue sortie de la bouche et coincée entre ses mâchoires. Maman pointait du doigt et prodiguait ses avertissements à un jeune monsieur qui était étendu par terre et qui avait porté sa main à sa figure, comme pour se protéger. Le copain du jeune homme, quant à lui, n'avait pas attendu et il s'était rapidement éclipsé.

Maman m'avait ensuite expliqué que le monsieur était un voyou et qu'il avait tenté de soulever sa jupe par derrière avec une canne en bambou.

Denise avait frappé d'abord le monsieur d'un bon coup de poing dans la figure, pour ensuite l'avertir et le réprimander. C'était sa façon de régler les conflits : « frapper d'abord et ensuite jaser ».

« Elle l'avait empoigné par le collet... »

Beaucoup plus tard, mon père nous avait raconté une anecdote illustrant la méthode de résolution de problèmes de maman. Elle et Pierre étaient dans la voiture, en face du Club des employés civiques de la Ville de Québec, au parc Victoria. Mon père s'occupait du Club. Il y passait beaucoup de temps et maman l'y accompagnait souvent.

Un jour, mes parents sortaient du Club et venaient de prendre place dans la voiture. Soudain, une voiture, qui arrivait de nulle part, s'était arrêtée brusquement devant celle de mon père, lui bloquant le chemin. Le conducteur était sorti de sa voiture en se dirigeant vers lui. Il semblait furieux et il avait commencé à l'insulter. Mon père était sorti de la voiture et en faisait autant au niveau des insultes. Les deux hommes se dirigeaient l'un vers l'autre et une altercation semblait inévitable.

C'était alors que maman était sortie en trombe de la voiture. Elle avait empoigné l'homme par le collet puis l’avait couché sur la voiture en l’engueulant, encore avec sa moue caractéristique de colère. Elle l’avait finalement relâché quand mon père l’a convaincue que le gars en question était un de ses potes, un collègue de travail à la Ville, et qu'ils étaient en train de blaguer...

Legs pour ses deux enfants et leurs propres enfants, D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs a fait l’objet d’un article sur Monlimoilou. L'histoire de famille et la vie de jeunesse de Denys Hawey, qu'il raconte en 426 pages enrichies de photos, est disponible exclusivement à la Librairie Morency.

Souvenir précédent : Le rêve de mon père : nos études classiques à Saint-Jean Eudes.