Les ruelles, enfants illégitimes de la Ville | 22 juillet 2021 | Article par Martin Claveau

Crédit photo: Jean Cazes

Les ruelles, enfants illégitimes de la Ville

Je n’ai pas de ruelle près de chez moi, mais j’aimerais bien en avoir une.

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Je trouve qu’il s’agit d’un beau terrain de jeu pour des enfants. Ma fille envie d’ailleurs ses amies qui en ont. Les ruelles constituent une espèce de zone tampon, isolée de l’agitation qui caractérise nos rues. Même si je n’en ai pas, j’emprunte souvent les ruelles des autres et quand je le fais, force est de constater qu’elles sont bien inégales entre elles.

Certaines sont décorées de plantes, de bacs à fleurs et de mobilier urbain coloré, alors que d’autres ne sont que des stationnements mal entretenus et bourrés de nids-de-poules.

Certaines ruelles sont décorées de plantes, de bacs à fleurs, de mobilier urbain...
Crédit photo: Jean Cazes

La présence d’enfants dans un secteur amène souvent une prise de conscience des résidents, qui décident alors de faire quelque chose avec leur ruelle. Rien n’est égal dans le monde des ruelles, et c’est un peu le chaos qui règne.

Pourquoi en est-il ainsi? La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’elles n’appartiennent à personne ces ruelles, ou plutôt si : au ministère du Revenu du Québec. Eh oui, le même ministère du Revenu à qui vous versez vos impôts.

Pour des raisons historiques que personne n’a jamais cherché à régler, les ruelles de Québec appartiennent donc au ministère du Revenu, qui n’en fait aucun usage ni n’en tire aucun profit. En soit, cette situation est un peu ridicule. Que peut bien avoir à faire le trésor québécois avec nos ruelles?

Elles sont pourtant parties intégrantes du territoire de la Ville, mais la Ville de Québec ne veut pas s’en occuper ni les entretenir. Elle n’en veut pas, car elle ne veut pas assumer la dépense qui vient avec cette responsabilité.

Alors la Ville les traite comme des enfants illégitimes en 1940 et refuse d’assumer ses responsabilités, pourtant indéniables.

Officiellement, elle encourage les initiatives de revitalisation des résidents. Si on lit entre les lignes, la Ville dit aux résidents : organisez-vous et on vous fournira un petit budget!