Lettre à un ami sur nos jeux d’enfants… | 21 février 2021 | Article par André Lévesque

Vieux-Limoilou. 8 décembre 1952. Ruelles d’enfance…

Crédit photo: Les Archives du photographe - Fonds Lefaivre et Desroches

Lettre à un ami sur nos jeux d’enfants…

Que sont mes amis devenus… Ce matin, je pense à mes amis d’enfance et aux jeux que nous jouions dans la ruelle qui était notre terrain de jeu.

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Entre la 14e et la 15e Rue, il y avait Ti-Gilles, Ti-Guy, Ti-Roland, Ti-Jean et moi, André. C’était ma gang.

J’enviais ceux qui portaient fièrement le préfixe « Ti » devant leur prénom. C’était le chic du chic, comme un titre de noblesse. J’aurais voulu faire partie de la grande famille des « Ti », mais on ne mettait le « Ti » que devant les prénoms commençant par une consonne… Alors, pas de Ti-André.

Nos jeux étaient simples. La cachette était probablement le plus populaire. Un jeu qui était répandu dans plusieurs pays sous différents noms. Je ne t’expliquerai pas les règles, car je suis sûr que tu y as joué toi aussi.

On jouait également à la canisse, ou « Ti-Can la boîte », ou « botte la canisse ». Le même principe que la cachette, sauf que le point de départ est une boîte de conserve, une canisse, comme on disait.

La tag était certainement le jeu le plus populaire, car fort simple. Un joueur est désigné, et doit alors courir après les autres joueurs jusqu’à ce qu’il réussisse à en toucher un. Ce dernier devient alors celui qui va courir après les autres joueurs. En France, ça s’appelle « le jeu du loup », et en Belgique, « le touche-touche ».

Se « pitcher » était aussi un de nos jeux. Un lanceur, un receveur, un bout de bois comme plate (marbre)  et voilà : des heures de plaisir! Ti-Gilles était Whitey Ford, et moi, Yogi Berra. Mais quand une curve (balle courbe) déviait dans la cour de monsieur Laganière, watch out! Ce charmant voisin nous criait : « J’vas appeler la police! » et on déguerpissait en vitesse! On attendait un peu, puis on revenait en se promettant de faire attention…

Il y avait aussi le moineau, le drapeau, le ballon prisonnier et la corde à danser pour les filles. Sans oublier les concours de yoyo, de bolo ou le jeu de billes que l’on appelait « bolés ».

Je trouvais les dimanches plates. Comme mes amis étaient partis à leur chalet, je prenais ma raquette de tennis et je frappais la balle sur le hangar de tôle. Je frappais les rebonds, encore et encore. Quel vacarme ça faisait! Une manière de tuer l’ennui. J’appelais ça « la raquette triste ».

Tous ces jeux ont fait notre bonheur. On ne se lassait jamais de jouer dans la ruelle! C’est parfois en se cachant, ou en touchant une joueuse bien pudiquement en jouant à la tag, que l’on découvrait notre première amourette d’enfant…

La réponse de Pierre :

Salut mon ami,

Je me suis rendu compte, en lisant ta dernière lettre, que nos jeux quand nous étions enfants étaient souvent les mêmes. Moi aussi, j’ai joué à la canisse, aux billes, à la tag et à la cachette. J’ai aussi joué au ballon chasseur et au drapeau. Pour ce qui est du ballon chasseur, qu’on appelait aussi « ballon prisonnier », je ne me souvenais que du nom. Si ma mémoire est bonne, on jouait à ça à Jonquière, quand j’avais onze ou douze ans. Je suis allé en ligne et j’ai trouvé cette description du jeu :

« La balle aux prisonniers, également appelé ballon prisonnier, balle au camp, balle-chasseur ou encore ballon-chasseur, est un jeu sportif qui se joue en deux équipes, avec un ballon rebondissant, généralement dans une collectivité comme une école ou un centre de loisirs. Le terrain est partagé en quatre parties contiguës : les camps des deux équipes et leur prison. Le but du jeu est d’éliminer tous les joueurs adverses, en les touchant avec le ballon. »

Avant ça, à Thurso, quand j’avais entre six et dix ans, on jouait au drapeau. Je ne me souviens pas s’il y avait des filles qui jouaient avec nous, mais je ne pense pas. Comme pour le ballon chasseur ou prisonnier, j’avais complètement oublié comment on jouait à ce jeu. Là encore, tout ce dont je me souvenais, c’était le nom. J’ai donc effectué une autre recherche dans Google. Voici ce que j’ai trouvé :

« Tout d’abord, il faut former deux équipes équilibrées. L’objectif pour chaque équipe est de capturer le drapeau adverse pour le ramener dans son camp sans se faire attraper. La partie débute lorsque que le maître du jeu donne le signal de départ.

Au début de la partie, chaque équipe est dans son camp. Il faut savoir que tous les joueurs situés dans leur camp sont en sécurité. Chaque équipe décide de sa stratégie comme elle le souhaite : les joueurs qui partent à la capture du drapeau adverse et les joueurs qui défendent leur camp. Pour s’emparer du drapeau, il faut se rendre dans la zone où il est situé. À savoir que les joueurs se trouvant dans la zone du drapeau adverse ne peuvent plus se faire toucher (vous pouvez délimiter une zone circulaire autour du drapeau par exemple). Cependant, il leur reste le retour à faire pour gagner la partie.

Si lors du retour le joueur qui tient le drapeau se fait toucher, il doit laisser le drapeau à terre et va en prison… Il est capturé. Le drapeau reste donc à l’endroit de la touche et les joueurs ne peuvent pas le remettre à sa place initiale. Chaque mètre gagné est donc important pour s’approcher de la victoire. »

La prison, donc : chaque joueur touché dans le camp adverse doit rejoindre la prison de l’équipe adverse. Il est bien sûr possible d’être libéré de prison si un de vos coéquipiers vient vous taper dans la main sans se faire toucher, bien évidemment.

On avait, nous aussi, des yoyos et des bolos. Pour ce qui est des sports d’équipe comme le hockey et le baseball, je dois dire que je n’ai jamais vraiment aimé ça. J’étais toujours dans la lune. Au hockey, la rondelle me passait entre les patins sans que je m’en rende compte; au baseball, je ne voyais pas la balle passer quand j’étais au bat. C’était un jeu d’enfant, c’est le cas de le dire, pour Guy Lafleur de me déjouer. Nous étions dans la même classe de la deuxième à la quatrième année, et nous avons joué dans la même équipe dans les moustiques à l’école Ste-Famille de Thurso. Ç’a été le début de sa carrière et la fin de la mienne.

Pour ce qui des premières amourettes, c’est en jouant à la bouteille que je les ai découvertes. Ça, c’était à Jonquière, quand je devais avoir autour de 14 ou 15 ans.

Voilà, mon cher ami, les souvenirs qui me reviennent en mémoire de ces jeux auxquels nous jouions quand nous étions enfants.

***

Monlimoilou remercie André Lévesque – en saluant l’intervention de Pierre – pour cet ajout à ses souvenirs d’enfance, qui durant six ans nous ont bien gâtés, et qu’on peut par ailleurs apprécier dans son ebook : https://www.edition999.info/Limoilou-au-quotidien.html