Limoilou et Maizerets-Lairet : un débat à réécouter | 26 octobre 2021 | Article par Suzie Genest

De gauche à droite en commençant à l'avant : Madeleine Cloutier, Limoilou, Transition Québec;  Suzanne Verreault, Limoilou et Claude Villeneuve, Maizerets-Lairet, Équipe Marie-Josée Savard; Florent Tanlet, Limoilou, et Charlotte Vachon, Maizerets-Lairet, Québec Forte et Fière; Omar Berri, Maizerets-Lairet et Simon Levasseur, Limoilou, Démocratie Québec; Marie-Claude Lavoie, Maizerets-Lairet, Québec 21.

Crédit photo: Arnaud Bertrand

Limoilou et Maizerets-Lairet : un débat à réécouter

Jeudi dernier avait lieu un débat des candidat.e.s aux élections municipales dans Limoilou et Maizerets-Lairet. Grâce à une collaboration avec Monlimoilou, CKRL, le Centre Jacques-Cartier et le journal Le Carrefour, ce débat présenté par des citoyen.ne.s au Patro Roc Amadour profite d’une diffusion en ligne et à la radio.

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Marie-Claude Lavoie de Québec 21 dans Maizerets-Lairet faisait cavalière seule sans son collègue de Limoilou Stéphane Gignac. Également absent, Hamed S. Adam de Transition Québec dans Maizerets-Lairet avait transmis à sa collègue de Limoilou Madeleine Cloutier quelques mots à l’intention du public. Claude Villeneuve dans Maizerets-Lairet et Suzanne Verreault dans Limoilou défendaient les couleurs d’Équipe Marie-Josée Savard. Florent Tanlet dans Limoilou et Charlotte Vachon dans Maizerets-Lairet tenaient le fort de Québec Forte et Fière. Démocratie Québec réunissait Omar Berri dans Maizerets-Lairet et Simon Levasseur dans Limoilou.

Pendant un peu plus de deux heures, les candidat.e.s ont abordé des questions liées à trois grandes thématiques : Environnement, Occupation du territoire, Milieux de vie. Ils ont eu l’occasion de présenter la vision et les engagements de leur parti, mais aussi de réagir à ceux des autres et de répliquer aux réactions. Le débat était animé par Aude Brassard-Hallé.

Environnement

Suzanne Verreault (EMJS) estime que son parti a déjà mis en marche la plupart des propositions des autres en matière d’environnement. Stratégie de développement durable, Vision de l’arbre, orientations pour la gestion des matières résiduelles, ajout de compostières et de jardins communautaires, étude sur la qualité de l’air : elle a défendu le bilan d’Équipe Labeaume, devenu celui du parti qui lui succède.

Florent Tanlet (QFF) déplore que son district soit « la poubelle de Québec ». Puisant des munitions dans les articles des médias, il a plusieurs fois mis en doute les propos de la conseillère sortante. « Vous ne connaissez pas le dossier », s’est-elle objectée à quelques reprises.

Le parti de Madeleine Cloutier (TQ) entend fermer graduellement les fours de l’incinérateur. Ce plan laisse sceptique Marie-Claude Lavoie (Qc 21), même si elle estime qu’il faut « un grand coup de barre » pour améliorer la qualité de l’air. Omar Berri et Simon Levasseur (DQ) font valoir l’importance de travailler avec les citoyens.

En matière de mobilité, Claude Villeneuve (EMJS) prédit que le tramway aura l’effet d’une révolution pour le transport actif et collectif dans les deux districts. Pour Madeleine Cloutier (TQ), cette révolution aurait dû avoir lieu depuis une décennie déjà.

Marie-Claude Lavoie (Qc21) n’a raté aucune occasion de faire valoir les atouts du métro léger promu par son parti, VALSE. Elle n’a pas convaincu ses vis-à-vis que celui-ci pourrait se déployer sans coupes d’arbres ni selon l’échéancier et le budget projetés. Florent Tanlet (QFF) n’a pas manqué de citer des avis divergents d’experts, articles des médias à l’appui.

Madeleine Cloutier (TQ) a tenu à souligner que seul son parti s’oppose fermement au 3e lien. Les candidats de Démocratie Québec ont expliqué être favorables à un 3e lien « sous-fluvial, pas autoroutier » mais défavorables à la plateforme et à la coupe d’arbres qu’implique le tramway. Ils ont réclamé pour leur parti la paternité de l’idée du tramway, amenée par leur ancienne cheffe Anne Guérette.

Tous les candidat.e.s se sont entendus sur l’importance de la sécurité routière parmi les préoccupations des citoyen.ne.s.

Occupation du territoire

En ce qui concerne les terrains de la Zone d’innovation Littoral Est (ZILE), ils offrent selon Transition Québec une « occasion historique » de développer une mixité de fonctions en cocréation avec les citoyens. Chez Démocratie Québec, on s’engage à exiger un moratoire sur le développement industriel prévu, afin d’intégrer le citoyen dans la démarche. Québec Forte Fière vise un développement dans l’équilibre, qui serait à la fois en phase avec le potentiel économique de la ville et les besoins des familles et de l’environnement, a souligné Charlotte Vachon.

Claude Villeneuve (EMJS) a fait valoir qu’il y aurait des logements sociaux et du verdissement autour de la ZILE. Il doute fort du potentiel de développement résidentiel dans la ZILE même en raison de l’ampleur des travaux de décontamination nécessaires. Omar Berri de Démocratie Québec n’y voit pas un si grand obstacle.

Rien n’est « canné », a insisté Suzanne Verreault (EMJS). Le projet devra passer le « test climat » et il profitera à des « fleurons québécois », pas que des multinationales, a-t-elle poursuivi, enchaînant sur le processus de consultation de la Ville. Pour Marie-Claude Lavoie (Qc21), c’était l’occasion de rappeler les 115 000 arbres, 5000 logements sociaux et 1000 logements abordables que promet son parti.

Le sort des ruelles de Limoilou, en bonne partie propriété du ministère du Revenu du Québec, ne fait pas l’unanimité. Pour Transition Québec et Québec Forte et Fière, la Ville doit en faire l’acquisition au profit des initiatives des citoyens. Pour Québec 21, ce n’est pas nécessaire. Selon des articles de journaux cités par Florent Tanlet, la Ville aurait refusé par le passé une offre du ministère du Revenu. Du côté d’Équipe Marie-Josée Savard, Suzanne Verreault a insisté sur les réticences du ministère du Revenu et évoqué les coûts, pour les citoyens, qui découleraient d’une acquisition par la Ville.

Milieux de vie

Devant les enjeux de logement et de gentrification, les candidats de Démocratie Québec ont expliqué vouloir lutter contre le Airbnb et la conversion de logements en condos. Les coopératives d’habitation et les programmes tels Accès-logis sont au cœur de leurs solutions. Marie-Claude Lavoie (Qc 21) a souligné la volonté de son parti d’ajouter 10 M$ aux budgets des organismes communautaires et rappelé les 5000 logements sociaux et 1000 abordables auxquels il s’engage. Claude Villeneuve a affirmé que la politique d’habitation en place à la Ville de Québec est « une des plus hot » actuellement. Il entend faire en sorte que Limoilou et Maizerets-Lairet en soient les « enfants gâtés ».

Madeleine Cloutier a indiqué que Transition Québec compte développer 5000 logements sociaux et obliger tous les propriétaires qui construisent « un 5 portes et plus » à intégrer 20 % de logement social et familial. Chez Québec Forte et Fière, ce sont 2600 logements sociaux qui sont promis. On veut aussi favoriser l’émergence de nouveaux modèles, comme celui de la Coopérative Dorimène dans Saint-Sauveur. On souhaite miser sur des baux emphytéotiques et une fiducie immobilière dont la gestion irait à un organisme à but non lucratif.

Les candidat.e.s ont été questionné.e.s sur leur vision d’avenir pour les quartiers. Québec Forte et Fière veut créer une commission consultative Mieux vivre nos quartiers, qui serait coprésidée par Florent Tanlet et Charlotte Vachon. Elle réunirait des acteurs communautaires et citoyens et les services policiers, notamment. Pour Québec 21, Québec deviendra la ville la plus en forme avec des patinoires couvertes dans chaque arrondissement et de meilleurs interconnexions cyclables entre les quartiers. Il y aura aussi une plus grande transparence et écoute.

Madeleine Cloutier, elle, entrevoit avec Transition Québec un Limoilou « nettement plus pur », engagé sur le chemin de la fermeture de l’incinérateur. Ses ruelles seront vertes et animées. Son réseau de pistes cyclables, sécurisé et quatre saisons. Pour Suzanne Verreault, la clé se trouve notamment dans la Stratégie de développement durable, la Stratégie de sécurité routière et autres grandes visions adoptées par la Ville de Québec.

Des questions du public

Grâce aux questions du public, on a appris, notamment, qui des candidat.e.s étaient venu.e. au débat en voiture, en voiture électrique ou à vélo. Les questions pigées parmi celles proposées par les citoyen.ne.s ont aussi amené chacun.e à parler de consultations et de diversité.

Le débat sera diffusé par CKRL 89,9 FM ce mercredi 27 octobre à 9 h. Par la suite on pourra l'écouter en balado sur Monlimoilou.

On peut aussi le revoir en vidéo sur Facebook.