Mission Corail-Haïti Québec touché par le tremblement de terre | 2 septembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Scène du tremblement de terre en Haïti, août 2021

Crédit photo: Gracieuseté Mission Corail-Haïti Québec

Mission Corail-Haïti Québec touché par le tremblement de terre

Face au tremblement de terre du 14 août, Mission Corail Haïti Québec se mobilise avec une campagne de sociofinancement. Active depuis plus de 35 ans entre Québec et Corail, l'organisme soutient les communautés locales les plus vulnérables avec une école, un dispensaire et une coopérative d'habitation.

Publicité

École et dispensaire détruits par le tremblement de terre

Depuis 35 ans, Mission Corail-Haïti Québec collabore avec les habitants de Corail afin de soutenir les plus vulnérables de cette ville de 3000 habitants. Autour de Corail, une commune de 18 000 habitants, de la région de la Grand'Anse, au sud-ouest d'Haïti.

Corail
Capture d'écran Google Maps, la ville de Corail est signalée par le point rouge.

Ravagé par l’ouragan Matthew en 2016, la petite ville de Corail parvenait à peine à se reconstruire. Environ 60 % des infrastructures viennent d’être détruites par le pire  tremblement de terre de l'histoire de Corail, suivi d’un ouragan aux pluies diluviennes.

« On a besoin d’argent pour reconstruire Corail, on doit d’abord reconstruire notre école car ça compromet la rentrée scolaire des enfants [...] Dans le temporaire, ça nous prend des abris, des tentes, pour permettre aux gens  de se réfugier et être a l’abris du soleil et de la pluie [...] Aussi, on a besoin de solutions pour l’eau potable, vectrice de maladies dont le choléra, comme avec Matthew en 2016 », témoigne la présidente de Mission Corail-Haïti Québec.

Devant les dispensaire et écoles détruits par le tremblement de terre de magnitude 7,2 du 14 août, l'organisme fait appel aux dons via une campagne de sociofinancement.

Répondre aux besoins essentiels

Œuvrant entre Québec et Haïti, l’organisme rassemble des religieux, une soixantaine de travailleurs haïtiens et des bénévoles laïcs Québécois. Au cœur du projet, soutenir les plus vulnérables. L'école qui accueille 630 élèves s'ajoute au dispensaire médical et à la coopérative d’habitation dédiée aux 150 familles.

Corail est aussi une ville isolée en bord de mer et difficilement accessible par la route. « Elle est souvent négligée face aux grands centres comme Port-au-Prince », rapporte la présidente de Mission Corail-Haïti Québec, Louise Soucy.

Louise Soucy a rejoint à l’organisme en 2014. Un peu par hasard, un collègue de travail la réfère à l’ancien président qui cherchait de la relève. Avec son expérience dans le milieu de la gestion de coopérative, elle s’engage rapidement.

« Deux-trois mois plus tard, je partais pour ma première mission en lien avec la coopérative d’habitation. Je suis tombée en amour d’un peuple fort et qui a beaucoup de résilience. J’ai tellement appris de ce peuple-là qui est accueillant, joyeux et plein d’espoir. Je voyage beaucoup et je me suis toujours dit que je n’irai jamais au même endroit, mais là Haïti m’a fait mentir », se souvient la présidente de Mission Corail-Haïti Québec.

Un contact permanent avec Corail

L’organisme travaille avec Corail de manière constante via une connexion internet pas toujours fiable et l’aide du maître d’école. Louise Soucy s’y rend deux fois par année dans le but d’assurer la continuité et démarrer de nouveaux projets.

Mission Corail-Haïti Québec s’arrime aux besoins exprimés par les communautés sur place. La présidente témoigne du fait que les Coraillais s’attendent souvent à ce que l’organisme lance les projets sans les consulter.

« Les gens demandent quand on arrive en Haïti : “qu’est-ce qu’on fait?” Je leur réponds : “mais de quoi avez-vous besoin?”. C’est bien d’avoir un plan, mais c’est de discuter avec les gens que ça prend. On sait ensuite quelles sont les priorités et ça facilite aussi l’adhésion. C’est comme ça qu’on assure le succès de nos missions. Les gens sont impliqués, on les soutient pour réaliser leurs initiatives. C’est travailler avec les forces vives du milieu », raconte Louise Soucy.

Au quotidien, le travail de la présidente, formée en travail social, consiste à accompagner la coopérative d’habitation, organiser les assemblées générales, créer une vie associative et partager des principes de gestion.

Après l’ouragan Matthew en 2016, le rôle de Louise Soucy a aussi consisté à faire venir des matériaux de construction,  ce qui était une première au village et à contribuer aux réparations.

Elle se rendra à Corail, le 1er septembre, pour évaluer la situation et faire l'inventaire des bris et besoins.

Aussi, elle engage un travail de négociation, notamment avec les acteurs politiques, pour la nationalisation de l’école St-Jean Bosco ou avec le ministère de l’Éducation, pour la création de programmes scolaires.

L'aide internationale se fait attendre

Après le tremblement de terre du 14 août, un ouragan aux pluies et vents violents a suivi. Au cœur de ces phénomènes climatiques violents du Sud-Ouest de l'Haïti, les habitants de Corail ont eu à choisir entre « rester dehors pour éviter un autre effondrement de bâtiment fragilisé ou s’y abriter pour se protéger des intempéries », rapporte Louise Soucy.

Le principal problème consiste en l'acheminement des vivres et l'accès à de l'eau potable. Les trois sources d'eau potable sont inutilisables. Des actions à court et long terme sont envisagées par Mission Corail-Haïti Québec et ses partenaires, pour en assurer la filtration.

En plus de ces évènements météorologiques violents, la crise politique accentue les réalités vécues par la Haïtiens. Les routes menant à Corail sont bloquées par des gangs de rue, action qui a suivi l'assassinat du Président Jovenel Moïse.

Le port, quant à lui, a été détruit par le tremblement de terre. Les grands blessés étaient évacués le jeudi 20 août avec des hélicoptères américains.

Malgré cette situation, l’aide internationale se fait attendre. La présidente de l'organisme ajoute que « certains pays s’organisent, mais les moyens ne sont pas très grands et c'est surtout très lent alors que là, on a des gens qui on faim et qui ont soif ».

Une campagne de sociofinancement

Afin de combler les besoins urgents, l'organisme a mis en place une campagne de sociofinancement.

« Les gens se demandent toujours est-ce que l’argent va se rendre en Haïti. Nous on a des frais d'administration qui sont minimes. On a une ressource qui travaille un jour semaine et tout l’argent s'en va en Haïti. Tous les bénévoles, comme moi, on paye nos frais de déplacement, de voyage. La seule chose c’est qu’on reçoit un reçu d’impôt, en compensation, qui fait partie des principes fiscaux du gouvernement », conclue la présidente.

Pour plus de détails, on peut consulter le site de l'organisme, sa page Facebook et la page Gofundme pour la campagne de sociofinancement.

En savoir plus sur...