Le Palais central de l’Expo : 2- Vers un aménagement monumental | 24 janvier 2021 | Article par Réjean Lemoine

Vue aérienne du site de l'Exposition provinciale vers 1930. Au centre, le Palais central (hippodrome), tout près du Palais du commerce et de l’industrie.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec - Compagnie aérienne franco-canadienne, Collection de René Breton.

Le Palais central de l’Expo : 2- Vers un aménagement monumental

Nous réactualisons les articles de Réjean Lemoine qui ont particulièrement retenu l’attention de 2010 à 2014. Dans une série initialement rédigée avant sa controversée démolition au profit du Centre Vidéotron, l'auteur relate l’histoire de ce qui allait devenir l’Hippodrome de Québec. En voici le second et dernier volet.

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Premier jalon d'un plan d'aménagement de l'Expo

La Ville de Québec et la Commission de l’Exposition provinciale publient en 1917 une brochure pour souligner la fin des travaux de construction du Palais central. Les auteurs soulignent la beauté architecturale de l’édifice ainsi que sa modernité qui s’allie à son confort pour les usagers. Selon eux, le Palais central se démarque de tout ce qui s’est construit à Québec. On peut le comparer aux plus belles constructions et aux plus majestueux monuments en Europe. À Québec, il n’y a que le Parlement qui peut rivaliser : c'est un modèle d’architecture canadienne-française!

En 1922 est adopté un plan d’aménagement pour le développement du site qui accueillait cinq ans plus tôt le Palais central. Les nouveaux pavillons qui par la suite seront construits, comme le Palais du commerce et de l’industrie (1923) et le pavillon de l’Agriculture (1931), respecteront la centralité et la prépondérance du Palais central. Une immense place publique asphaltée est aménagée avec fontaines face à l’édifice.

« Synthèse de la modernité américaine et de l’identité historique de Québec »

Le Palais central devenu l'Hippodrome de Québec. 14 avril 2009.
Crédit photo: Jean Cazes

Selon l’historienne de l’art Lucie K. Morisset, les trois bâtiments des Beaux-Arts, du Palais central et celui de l’industrie forment un ensemble monumental qui constitue un repère dans la ville et un modèle d’urbanisation. Le Palais central s’inspire de la gare construite à Chicago pour l’Exposition internationale de 1893 et des œuvres de l’architecte Louis Sullivan.

L'édifice « nous initie à la logique moderne d’un édifice multifonctionnel », qui est à la fois « une synthèse de la modernité américaine et de l’identité historique de la ville de Québec ». Ses deux tours de 109 pieds ont une valeur de signal qui rappelle le Palais du Trocadéro, à Paris. Il représente un monument-symbole de Québec entrant dans le XXe siècle.

De plus, l'auteure ajoute que cette construction a été réalisée par la première firme d’architecte de Québec : Tanguay et Lebon. Elle constitue dans l’œuvre de Georges-Émile Tanguay le plus bel exemple de son style municipal :

« Le Palais central est l’un des monuments les plus importants de la ville. Les idéaux qui ont présidé à sa construction et la richesse formelle de sa façade sont remarquables. À Québec, il n’y a guère que l’Hôtel de ville qui soit aussi un monument de la ville. »

Pour Martin Dubois de l’École d’architecture de l’Université Laval, le Palais central représente l’ultime monument du style municipal à Québec. Dans son livre Architecture municipale à Québec, il souligne l’originalité de ses tours. Finalement, l’historien Jean-Marie Lebel écrit dans son ouvrage L'Expo : plaisir et découvertes à Québec la municipalisation de l’exposition que le Palais central constitue encore de nos jours le point de convergence des divers axes du site d'ExpoCité.

La publication initiale de la série Le Palais de l'Expo, faut-il le préciser, précède de quelques mois la démolition de l'édifice phare. Trois photos dans la galerie ci-bas illustrent aussi le quatrième dossier de notre série des grands chantiers urbains rédigée dans le cadre de notre 10e anniversaire : De l’hippodrome à l’amphithéâtre.

Retrouvez le premier texte de la série : 
1- Origines et inauguration

Du même auteur, d’une série précédente : Histoire de la patinoire de la rivière Saint-Charles.