<em>Première Expo</em> au Grand Marché : comprendre le design | 14 mai 2021 | Article par Monlimoilou

Crédit photo: Image extraite d'une vidéo de Pier Tremblay

Première Expo au Grand Marché : comprendre le design

Collaboration spéciale : Sophie Williamson

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L’édition 2021 de l’exposition des finissants en design de l’Université Laval se tient du 14 au 16 mai au Grand Marché de Québec, en formule déambulatoire. Pour la première fois, la Première Expo de design regroupe les trois baccalauréats : design de produits, design graphique et design en art et science de l’animation.

Au menu de l’événement figure aussi des activités virtuelles gratuites, dont des conférences par l’équipe de Moment Factory et la firme Lasclay, une soirée de visionnement des projets en design de produits ainsi qu’une remise de prix.

Inspirer le grand public par la créativité et l’ingénierie

La Première Expo 2021 est prise en charge entièrement par les étudiants en design, explique Clodie Lajeunesse, finissante en design graphique. Il s’agit de mettre de l’avant le profil des étudiants participants en plus de leur projet. L’exposition, qui se veut accessible à tous, vise à révéler au grand public tout le processus que doit parcourir le designer avant de réaliser sa conception ou de mettre en marché son produit.

En donnant accès à l’envers du décor, les finissants espèrent montrer la force du design, soit sa multidisciplinarité, affirme Mme Lajeunesse. La diversité des projets,  du dispositif pour faciliter le lavage de vaisselle au motion design et aux livres-objets, donne à voir toute l’ampleur du monde du design.

Les projets présentés montrent le déploiement de la créativité et de l’ingénierie des étudiants. Par exemple, des finissants proposent une nouvelle manière durable de remplir sa bouteille d’eau avec Hydr-Eau, une station d’hydratation extérieure qui s’adapte aux bornes d’incendies. Un autre groupe propose des nouvelles possibilités pour l’enseignement avec Nomade, un mobilier scolaire portatif pour la classe extérieure.

Autre nouveauté cette année : un recueil des finissants en design de produits et design graphique sera mis en vente en format numérique et papier. Il sera possible de se le procurer à l’édifice La Fabrique au coût de 15 $ d’ici la fin du mois.

L’exposition, qui se veut accessible à tous, vise à révéler au grand public tout le processus que doit parcourir le designer avant de réaliser sa conception ou de mettre en marché son produit.
Crédit photo: Gracieuseté - Première Expo de design 2021

Faire connaitre le design comme méthode et réflexion

Il est très difficile de définir le design, affirme Nicolas Delisle-Jubinville, finissant au baccalauréat en design de produits. L’exposition vise notamment à faire tomber certains préjugés à l’endroit du design. En expliquant les cinq étapes pour arriver à un produit fini (la recherche, l’idéation, l’expérimentation, le raffinement et la diffusion ou la mise en marché), les finissants espèrent faire voir le design non seulement comme un service ou une production simplement commerciale, mais d’abord comme une réflexion complexe sur notre rapport au monde.

Le design n’est pas seulement la création de beaux dessins, mais avant tout une méthodologie, rappelle le professeur Pier Tremblay. Il explique d’ailleurs que la mécompréhension du design vient souvent d’un problème linguistique. En français, il est associé à ce qui est beau, alors que pour les anglophones, le design fait référence au processus et non pas à une finalité qui serait réduite à sa dimension esthétique. Le design étant de plus en plus présent, notre familiarisation avec cette discipline qui mélange savoirs, savoir-faire et créativité permet de mieux saisir ses implications dans notre vie quotidienne.

Nicolas Delisle-Jubinville mentionne que l’acte du designer lui rappelle celui du philosophe, puisque le designer se questionne constamment sur le sens et la finalité de son parcours. Il réfléchit toujours sur lui-même et sur ce qu’il fait. Cette dimension réflexive est un élément essentiel au processus de design d’un objet, selon lui. Le design est d’abord un projet; il déploie un questionnement toujours à réactualiser.

En tant qu’une « méthodologie réflexive », le design est fondé sur l’inséparable dualité entre le dessein et le dessin, entre le penser orienté vers une finalité et le faire esthétique. M. Tremblay affirme même qu’un designer ne doit pas tomber en amour avec ses premières idées. Le travail en équipe permet le renouvellement constant de la discipline et des designers.

Le bon designer : écoute, curiosité et créativité

Un designer doit-il nécessairement s’intéresser aux enjeux sociaux, politiques ou environnementaux? Le design n’est pas directement politique ou engagé, explique M. Delisle-Jubinville, mais il est tout de même un outil très puissant pour répondre à des problèmes de société. Étant lui-même intéressé par la gestion de l’environnement, il ajoute que sa réflexion personnelle est portée sur l’usager et sur l’humain.

Ce qui fait un bon designer, dit M. Tremblay, c’est de savoir écouter pour comprendre les besoins et les préoccupations d’autrui. Le designer doit avoir une volonté d’apprendre, poursuit Nicolas, puisque le design est en constante évolution. Un bon designer est curieux. Il se tient au courant des tendances, explore et expérimente pour avoir une bonne capacité d’adaptation, augmenter la qualité de sa réflexion et mieux répondre aux besoins et aux préoccupations nouvelles.

Le bon designer n’admet pas qu’un seul type, puisqu’il existe une pluralité de manières de pratiquer le design, renchérit Clodie Lajeunesse, elle-même se qualifiant de plutôt cartésienne. Selon Nicolas, la créativité comme qualité du designer est la capacité de faire les liens entre les idées accumulées au moment de la réflexion.

« Tout le monde est créatif, tout le monde fait des actes de design, mais nous on choisit d’en faire un métier », résume Nicolas Delisle-Jubinville.

Un bon designer se tient au courant des tendances, explore et expérimente pour avoir une bonne capacité d’adaptation, augmenter la qualité de sa réflexion et mieux répondre aux besoins et aux préoccupations nouvelles.
Crédit photo: Gracieuseté - Première Expo de design 2021

Le rôle du design : améliorer l’existence humaine

Un designer travaille en collaboration avec des gens de tous les domaines, comme ceux de l’ethnologie, de l’architecture, de l’aménagement intérieur et du marketing, énumère M. Tremblay. Il joue aussi un rôle essentiel au sein des entreprises, puisqu’il est la figure réflexive qui permet de revoir le processus opérationnel et d’améliorer l’aspect perceptuel.

Parmi les exemples énumérés de réalisations concrètes d’anciens étudiants de l’Université Laval, M. Tremblay mentionne le projet de fin d’études de deux étudiantes au baccalauréat en design de produits, Tero, une compagnie offrant une solution pour le compost d’aliments à la maison. Le site du Gouvernement du Québec, regroupant 400 sites en un seul, est la réalisation d’un ancien étudiant en design graphique.

« Le design sera appelé à jouer un rôle super important dans le futur », estime M. Tremblay. Les gens étant de plus en plus éduqués, la demande pour des produits intelligents est de plus en plus grande. Les designers qui mettent en œuvre la réflexion permettant l’exécution efficace des nouveaux projets seront de plus en plus importants. Le designer a cette expertise et spécialité d’amener de la valeur ajoutée à un produit, une activité ou une situation du quotidien, affirme M. Tremblay.

L’exposition des finissants en design de l’Université Laval est un premier pas pour faire connaître le design comme domaine du présent et de l’avenir, permettant d’améliorer l’habitabilité du monde. Les nouvelles formes de design présentées par les finissants manifestent une volonté d’humaniser la consommation et de sublimer notre expérience des choses et des activités quotidiennes.

Pour voir la programmation et suivre les activités en ligne, visitez le site web (créé entièrement par Clodie Lajeunesse) ou la page Facebook de l’Expo.