Un premier album pour FEUXDEFORÊT | 14 avril 2021 | Article par Julie Rheaume

Le groupe de Québec FEUXDEFORÊT.

Crédit photo: courtoisie

Un premier album pour FEUXDEFORÊT

Le groupe de Québec FEUXDEFORÊT lance un premier album homonyme aux influences multiples. Monquartier s’est entretenu avec Guillaume Tardif, le saxophoniste et chanteur de la formation qui mène aussi une belle carrière en arts visuels. Il est notamment l’auteur de la sculpture Gros loup, à Limoilou.

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Formé en 2017, FEUXDEFORÊT est également composé de Nicolas Girard (batterie, chœurs), David Cimon (guitare, guitare baryton, chœurs) et Clément Laurent (basse). Chaque membre provient d’horizons musicaux plutôt différents. Guillaume a fait partie des formations punk-rock bien connues MAP et Charlie Foxtrot. Nicolas joue dans Grand Morne, un projet stoner rock qui jouit d’un bon succès d’estime. David est auteur-compositeur-interprète, avec quelques albums à son actif, alors que Clément est luthier, multi-instrumentiste et enseignant.

Vers 2015-2017, Guillaume a pris une pause de la musique pour se consacrer à sa famille. Il est ensuite revenu dans le monde du rock en 2017 avec le projet FEUXDEFORÊT, tout d’abord formé avec Nicolas. Le groupe a vu le jour en mettant de l’avant le saxophone baryton et la batterie, raconte l’artiste en entretien téléphonique.

« L’étincelle, au début, ce fut le saxophone baryton et le drum », renchérit le musicien. David, et puis Clément, se sont ensuite joints à l’aventure.

La musique de FEUXDEFORÊT se base tout d’abord sur l’improvisation et l’exploration. Chaque membre y apporte son bagage musical et ses couleurs. Guillaume vante d’ailleurs « le côté éclectique » du projet. On pourrait le qualifier de rock expérimental aux multiples accents.

Lorsqu’on pense au saxophone, on songe d’abord au jazz, au vieux ska ou à la pop des années 80, mais pas au rock actuel. « Je sais que c’est un peu une aberration », lance Guillaume, qui avait intégré le sax baryton à ses anciens projets punk-rock.

Pour l’artiste, l’approche se veut davantage « comme un rockeur qui joue du sax, qu’un saxophoniste qui veut jouer de la musique de saxophone ». C’est un peu comme un guitariste de formation classique, mais qui joue autre chose, dit celui qui a commencé à jouer du saxophone dans son enfance.

Un son brut

La pochette de l’album éponyme de FEUXDEFORÊT.
Crédit photo: courtoisie

FEUXDEFORÊT a collaboré avec Benoît « Shampouing » Villeneuve (Tire le Coyote, Keith Kouna) pour la réalisation de son album, enregistré au studio du réalisateur et guitariste.

Jean-Étienne Collin-Marcoux, musicien très actif sur la scène locale, a procédé au mixage au studio Le Pantoum, du quartier Saint-Sauveur. Ce dernier est responsable de « la couleur de l’album », vante Guillaume. Le matriçage a quant à lui été effectué par Yannick St-Amand, au Northern Studio, à Amos.

L’album de huit morceaux a été enregistré « live, avec quelques retouches » à la fin de 2019. Les gars de FEUXDEFORÊT jouaient ensemble et les pistes n’ont pas été enregistrées de manière séparée, précise Guillaume. « Ça donne un côté brut », une sonorité organique et une énergie qui est proche de celle de la scène, dit le musicien.

L’opus comporte trois pièces chantées et trois morceaux instrumentaux. Certaines musiques se prêtaient à des paroles alors que d’autres « vivaient bien en instrumental », explique le saxophoniste et chanteur. Ça fait partie de notre personnalité, « d’essayer des choses », renchérit-il.

L’art et la musique

Guillaume Tardif est aussi un artiste visuel reconnu. Il a créé l’œuvre d’art public Gros loup, dans Limoilou, à l’angle du chemin de la Canardière et de la 3e Avenue. Il a aussi conçu, en hommage à Guy Lafleur, un personnage de bronze plus grand que nature qui sera installé dans l’allée commémorative vouée au hockey de la place Jean-Béliveau, près du Centre Vidéotron, un projet qui le garde bien occupé.

Est-ce que son art inspire sa musique et vice-versa? Guillaume trace un parallèle entre manipuler des matériau pour créer une œuvre et manipuler des instruments pour créer des pièces musicales. Les deux démarches présentent pour lui plusieurs similitudes.

Par ailleurs, dans le vidéoclip de l’extrait Sous les fers, on voit un mystérieux personnage brûler un loup de bois. Il s’agit de la matrice de son œuvre Gros loup, indique le musicien. « Ça donne des images impressionnantes », dit-il.

Sur scène?

FEUXDEFORÊT aimerait éventuellement présenter ses pièces sur scène. Pandémie oblige, il est toutefois trop tôt pour parler de concerts pour le moment.

Le groupe n’écarte pas éventuellement la possibilité de présenter un spectacle virtuel, mais ne semble pas très chaud à l’idée, si l’on se fie aux propos de Guillaume Tardif.

Selon le musicien, offrir un concert en ligne de qualité implique une lourde préparation. Tant qu’à présenter un show qui ne serait pas à la hauteur sur le web, le groupe préfère attendre la chance de se produire sur scène devant public.

L’album homonyme de FEUXDEFORÊT est disponible sur les plateformes numériques, dont Bandcamp, sous étiquette Folivora. L’opus a notamment été choisi pour figurer sur des listes de lecture de nouveautés d’Apple et de Spotify.

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