Les <em>Artisans du St-Laurent</em> ont le vent dans les voiles | 20 juin 2022 | Article par Elizabeth Jean-Allard

Des jeunes du groupe de vendredi après-midi écoutent attentivement les instructions de l'ébénistes en chef, André Martel.

Crédit photo: Nicolas Canil

Les Artisans du St-Laurent ont le vent dans les voiles

Après des mois de travail, les Artisans du St-Laurent apportent leur voilier à la Baie de Beauport Sun Life pour l’assemblage. Cet organisme à but non lucratif (OBNL) rassemble des aînés et des jeunes autour de la construction d’un bateau à voile, pour ensuite les faire naviguer sur le fleuve Saint-Laurent. Un (autre) projet qui a été mis sur pause en raison de la pandémie, mais qui reprend son envol pour transmettre une passion.

Deux fois par semaine, l’atelier des Artisans du St-Laurent reçoit des jeunes âgés de 15 et 35 ans pour fabriquer de A à Z les composantes du voilier sur lequel ils navigueront cet été. L’idée de départ vient du président de l’organisme, Philippe André Pelletier. Avec l’aide d’André Martel, l’ébéniste en chef, ils se sont alliés avec le Carrefour Jeunesse-emploi de Charlesbourg-Chauveau.

« L’objectif, c’est de se réapproprier le fleuve », explique le chargé de projet Nicolas Canil.

À l’origine, le premier voilier devait être mis à l’eau à l’été 2020. Bien entendu, les circonstances sanitaires ont mis un frein au calendrier des Artisans. En plus de ces contraintes, l’OBNL devait trouver des personnes pour construire le bateau, et du bois pour le faire prendre forme.

Par l’entremise d’aînés, ils ont pu récupérer le bois de frênes abattus par la Ville de Québec pour freiner la propagation de l’agrile. Cette espèce d’insecte envahissante s’attaque à l’écorce sans que le bois devienne inutilisable. Pour faire les différentes composantes du bateau, les Artisans se sont déplacés au Carrefour jeunesse-emploi Montmorency, situé à Beauport.

Un projet intergénérationnel

Les rencontres hebdomadaires sont aussi l’occasion pour des aînés bénévoles de travailler avec les jeunes. Ces groupes intergénérationnels sont un des aspects préférés de Nicolas Canil. Des échanges qu’il qualifie de « merveilleux ». Le désir de transmettre la passion de la voile, ou de tout simplement sortir de chez soi, est tangible lorsqu’ils se réunissent.

Publicité

Liette Fournier, éducatrice spécialisée, explique l’impact positif sur son groupe d’élèves :

« Peu importe, c’est quand dans l’année, c’est quelque chose qui les motive. Parce que c’est concret, parce que c’est aussi un vrai voilier sur lequel ils vont embarquer pour aller sur l’eau. C’est… c’est merveilleux. »

Les étudiants du groupe de vendredi après-midi ont travaillé sur les avirons.
Crédit photo: Élizabeth Jean-Allard

Pour ces jeunes qui aiment le travail manuel, le projet permet de développer un sentiment de fierté. Pour Titouan, un jeune du groupe du vendredi après-midi, c’est un projet vraiment intéressant. Il aime que les gens et les directives soient faciles à comprendre.

Nicolas s’est impliqué dans le projet, car « plus tard [il], voudrait être charpentier-menuisier ». Le moment par excellence pour se pratiquer et voir s’il aime ça.

Pour souligner leurs travail, les étudiants ont créer des dessins pour identifier les avirons.
Crédit photo: Élizabeth Jean-Allard

Redonner à la communauté

Au courant du mois de juillet, le voilier des Artisans offrira des sorties gratuites sur le fleuve. Toutefois, il reste beaucoup à faire avant de mettre le bateau à l’eau. Les Artisans du St-Laurent ont besoin de mains pour réaliser l’assemblage de toutes les composantes.

À partir de jeudi, le déménagement sera finalisé. De plus, des ateliers seront ouverts en tout temps pour accélérer le processus. La mise à l’eau est prévue autour de la mi-juillet.

Les Artisans souhaitent aussi remercier le Secrétariat à la jeunesse, dont la subvention leur a permis de mener le projet à terme.

Pour se joindre à l’équipe des Artisans du St-Laurent, il suffit de remplir le court formulaire en ligne.

Pour en savoir plus, on peut se rendre sur la page Facebook des Artisans, ou bien sur leur site internet.

À lire aussi :

De l’escalade à la Baie de Beauport

Agrile du frêne: une soixantaine d’arbres abattus le long de la Saint-Charles

En savoir plus sur...