Ma Ford Galaxie 500 de grand-papa

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage pour nos lecteurs et lectrices ses souvenirs de jeunesse. Il nous raconte aujourd'hui son expérience avec sa première voiture, une Ford Galaxie 500.

Ma Ford Galaxie 500 de grand-papa | 14 août 2022 | Article par Monlimoilou

Une Ford Galaxie 500 de l’année 1962.

Crédit photo: Wikipedia

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage pour nos lecteurs et lectrices ses souvenirs de jeunesse. Il nous raconte aujourd’hui son expérience avec sa première voiture, une Ford Galaxie 500.

Nous étions à l’été de 1971. Mon jumeau Richard et moi avions dix-sept ans et un permis de conduire bien frais nous donnant enfin le droit de conduire une voiture sans être chaperonnés par un autre détenteur de permis, comme nous avions dû l’être au cours de l’année précédente.

Grand-papa ne pouvait plus conduire…

Je venais d’apprendre que mon grand-père Hawey voulait se débarrasser de sa voiture : une puissante Ford Galaxie 500 de l’année 1962. Comme on disait à l’époque, la voiture était dotée d’un moteur V8, 390, 6 barils, développant 401 forces (hp). En dépit de son poids, c’était une bombe!

Dans son cas, il était vrai de dire que la voiture n’avait sorti que très rarement en hiver. En effet, en cette saison, grand-papa entreposait sa voiture dans un des deux espaces du garage du Docteur Boudreault à Limoilou, tout près de chez-lui.

Grand-papa ne pouvait plus conduire. Diagnostiqué depuis déjà quelques années comme souffrant de la maladie de Alzheimer, il avait d’ailleurs dû prendre une retraite anticipée pour cette raison. J’avais insisté auprès de mon père afin qu’il le contacte pour conclure une transaction en ma faveur, sachant personnellement qu’il se débarrassait de l’auto pour des raisons de santé.

Grand-papa avait longuement hésité avant de me céder la voiture. Il ne connaissait rien aux autos, mais il savait que son véhicule n’était pas en bon ordre et il ne voulait pas que j’aie des
problèmes. Finalement, à force d’insister, mon grand-père avait consenti à me céder son véhicule pour une bouchée de pain : moins de 200 $…

Ma Galaxie était toute équipée

C’était ma première voiture. J’étais si heureux! Je crois me souvenir que la première nuit, j’avais dormi dans le véhicule! Ce n’était pas l’espace qui manquait. Ces voitures étaient de véritables paquebots : on pouvait facilement s’y installer à quatre personnes sur chacune des deux banquettes.

Ma Galaxie était toute équipée. Comme disait un ami, elle venait avec « des grands casques de roues chromés et un tuyau du Texas ». Le tableau de bord était complet, avec une statue de la Vierge à base aimantée et un médaillon de Saint-Christophe. Il y avait aussi un allume-cigarette et un cendrier comblé de vieux mégots. Déjà, les modèles de voitures de 1972 étaient annoncés et disponibles.

Quand on me demandait l’année de ma voiture, je répondais : « Une Galaxie 500, mil-neuf-cent-soixante-doux », laissant subsister, chez mon interlocuteur, un doute sur la véritable décennie du véhicule… 1962 ou 1972?

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Exit, ma première voiture

Petit à petit, les problèmes étaient apparus. Ainsi, j’avais constaté que, lorsque la voiture n’avait pas suffisamment roulé, il était impossible d’embrayer en marche arrière. Ça devenait
compliqué de sortir d’un espace de stationnement. Il fallait penser à se stationner dans une position qui ne solliciterait pas la marche arrière.

Aussi, les essuie-glaces avaient lâché. Qu’à cela ne tienne! Deux petites cordes attachées à ceux-ci permettaient de les bouger de haut en bas en tirant les cordes d’une main. Heureusement, la transmission automatique n’accaparait pas les deux bras.

À terme, avec l’arrivée de l’automne et du temps froid, j’avais dû me résoudre à me débarrasser de ma première voiture. J’avais alors jeté mon dévolu sur une coccinelle de Volkswagen, aussi de seconde, que dis-je, de quatrième main!!

Legs pour ses deux enfants et leurs propres enfants, D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs a fait l’objet d’un article sur Monlimoilou. L’histoire de famille et la vie de jeunesse de Denys Hawey, qu’il raconte en 426 pages enrichies de photos, est disponible exclusivement à la Librairie Morency.

Le présent texte fera partie d’un recueil de nouvelles à paraître en formats papier et numérique sous le titre Mes entrailles bénies – Anecdotes de jeunesse à Limoilou.

Voir le souvenir précédent :

Les plumes fontaines, les compas et les chemises empesées de grand-papa

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