Qualité de l’air : un partenariat municipal – provincial débute

Avec le Port de Québec et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), la Ville de Québec a annoncé jeudi matin une démarche collaborative pour documenter la qualité de l'air sur son territoire. L’Institut national d’optique (INO) et l’Université Laval  participeront à l’analyse de données.

Qualité de l’air : un partenariat municipal – provincial débute | 2 juin 2022 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Suzie Genest

Avec le Port de Québec et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), la Ville de Québec a annoncé jeudi matin une démarche collaborative pour documenter la qualité de l’air sur son territoire. L’Institut national d’optique (INO) et l’Université Laval  participeront à l’analyse de données.

Cette démarche débutera dans Limoilou et la Basse-Ville, pour s’étendre à Beauport et au Vieux-Québec. Elle visera à identifier les contaminants de l’air, leurs sources, leurs déplacements. Elle doit mener d’ici la fin de l’automne 2022 à la diffusion des résultats. Les données seront accessibles publiquement.

S’intègre à cette démarche l’installation de la nouvelle station d’échantillonnage annoncée par le MELCC en février. Elle prendra place dans Maizerets, au 1011 de Vitré. Il s’agira d’un échantillonneur au volume, pour les « données PM10 [particules fines], PST [particules en suspension totale] et 29 métaux différents », a précisé le ministre Benoit Charette. Son installation doit se faire dans un délai « de jours, de semaines ».

Les membres du comité scientifique aussi annoncé en février 2022 « seront interpellés » dans le cadre de la démarche, a ajouté le ministre. Il a rappelé que ce comité, présidé par le Dr Jean-Pierre Charland, serait « complètement indépendant ».

L’implication de l’INO concerne la mesure de la qualité atmosphérique, a répondu son président-directeur-général Alain Chandonnet à une question de Radio-Canada. Les scientifiques feront usage de la technologie Lidar, qui permet de balayer une zone pour en mesurer les particules, afin de « quantifier et objectiver les sources ».

« Dire les vraies affaires »

Le Port de Québec contribue à la démarche par ses deux stations existantes et en ajoutera une supplémentaire, mobile. La Ville de Québec fournira pour sa part trois stations.

« Cette collaboration nous permettra d’avoir les bons constats, d’agir sur les bonnes sources de contaminants et de faire en sorte qu’on améliore la qualité de l’air. C’est vraiment la mission qu’on se donne. Est-ce qu’on a toutes les réponses? Absolument pas. Est-ce qu’on sait dans tout le détail comment ce partenariat va se détailler au fil du temps? Absolument pas. […] Mais on veut mettre l’ensemble des initiatives en commun d’une même voix », a dit le maire Bruno Marchand, précisant que cela inclut les données de « l’initiative citoyenne » [Limoil’Air].

Interrogé quant aux mesures concrètes qui pourraient suivre, le maire de Québec a répondu :

«  Il y a toujours une question d’humain derrière ça… Pourquoi c’est un game changer, pourquoi ça change tout, c’est que maintenant ça va être public, ça va être connu. On va se baser sur la science. Si des acteurs se traînent les pieds […], ça va être au moins connu. On va partir de faits et de science. Après ça, les gens pourront juger. […] Au moins, on va être capables de dire : voici sur quoi on doit agir. Moi, j’ai confiance qu’avec des données, on peut agir. »

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Relancé, il a ajouté : « Je m’engage à dire les vraies affaires, c’est ce que les gens ici se sont engagés à faire. »

Quant au temps écoulé pour parvenir à une collaboration, les intervenants ont répété que le moment était venu. Le « fruit était mur », a illustré Bruno Marchand. Ils ont indiqué que « les citoyens ne devraient pas être seuls » pour documenter la qualité de l’air. Benoit Charette comme Mario Girard, président-directeur général du Port de Québec, ont salué  le leadership du maire, d’avoir pu « fédérer les partenaires ».

Jackie Smith se réjouit

Par voie de communiqué, Jackie Smith, cheffe de Transition Québec et conseillère municipale de Limoilou, s’est réjouie de l’annonce.

« La mise en place de nouvelles stations pour mesurer la pollution de l’air, dont les données seront partagées avec le public, c’est une grande victoire pour la population de Québec qui se mobilise depuis maintenant 10 ans pour une meilleure qualité de l’air. »

Elle y écorche au passage le « ministre Charette, qui reconnaît qu’il y a un manque de données, mais qui va tout de même de l’avant avec sa hausse » concernant la norme sur le nickel. Au journaliste qui l’a questionné à ce sujet jeudi, le ministre Charette a amorcé sa réponse en invitant à « ne pas mélanger les dossiers ».

Une « bonne nouvelle » à reconduire

Se réjouissant aussi, le conseil de quartier du Vieux-Limoilou aimerait que les mesures et analyses se poursuivent après l’automne 2022.

« C’est une bonne nouvelle et on salue l’initiative de la Ville d’avoir pris le leadership pour mettre tout le monde à la même place. On souhaiterait que ce soit un échantillonnage en continu, afin de pouvoir avoir non seulement une photo d’une période, mais des liens entre les données. Celles du port, des autoroutes, de l’incinérateur, de la White Birch… », exprime Marjorie Ramirez, administratrice.

Elle cite les compagnies qui se succèdent au Port de Québec. Les pratiques varient de l’une à l’autre et changent le portrait de la qualité de l’air. Le Port « n’a pas une politique uniforme », dit-elle.

Il importera aussi de mettre des mesures en place à la suite des constats, ajoute Mme Ramirez.

Davantage d’informations publiques

Autour de la Table citoyenne Littoral Est, beaucoup de réactions fusent, rapporte Marcel Paré.

« Il y a des gains, ils ont été faits par la mobilisation citoyenne. Le maire n’a pas assis les partenaires par hasard, même s’il semble nier les effets de la mobilisation citoyenne. Habituellement, il est plus allumé que ça! »

La Table se réjouit à la perspective d’un meilleur portrait de Maizerets. Elle s’inquiète cependant qu’on ne ratisse pas assez large. Marcel Paré cite l’Île d’Orléans, dont on se nourrit des produits agricoles, le fleuve et ses poissons. Ces territoires sont exposés aux mêmes contaminants, souligne-t-il.

M. Paré se questionne sur l’étendue de la transparence du Port de Québec. Un accès aux données des dernières années ne permettrait-il pas de gagner du temps?

Enfin, pour les membres scientifiques autour de la Table, les informations techniques sur les équipements et protocoles utilisés devraient aussi être rendues publiques.

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