Révision de la norme de nickel : déception à Limoilou face à la décision du maire Marchand | 15 janvier 2022 | Article par Conseil de quartier du Vieux-Limoilou

Manifestation éclair contre la hausse de la norme sur le nickel dans l'air ambiant à place Limouloise le 22 décembre 2021.

Crédit photo: Table citoyenne Littoral Est

Révision de la norme de nickel : déception à Limoilou face à la décision du maire Marchand

La Table citoyenne Littoral Est et ses allié.e.s, incluant les conseils de quartier de Maizerets et du Vieux-Limoilou, ont appris aujourd’hui avec déception la décision du maire et de son Comité exécutif de la Ville de Québec de reporter au 7 février prochain la discussion autour de l’avis de proposition de Claude Villeneuve, conseiller du district Maizerets-Lairet, et de Jackie Smith, conseillère du district Limoilou.

La proposition, portée par ces deux élu.e.s, demandait au Conseil municipal de la Ville de Québec d’exprimer son opposition quant à la révision de la norme provinciale sur le nickel dans l’air ambiant, en réponse aux inquiétudes et préoccupations énoncées par les citoyen.e.s de Limoilou. Il était aussi demandé que l’administration municipale exprime cette position dans le cadre de la consultation publique actuellement en cours.

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Les citoyen.ne.s réunis virtuellement pour exprimer leurs inquiétudes

Jeudi dernier, le 13 janvier, c’est plus de 150 citoyen.ne.s de Limoilou et des quartiers centraux qui ont à nouveau rappelé leurs inquiétudes face à cette révision qui, si elle est adoptée, ne pourra que contribuer à diminuer leur qualité de vie et accroître les risques qu’ils encourent quant à leur santé.

Les citoyen.ne.s ont demandé à ce que leurs gouvernements travaillent dans le respect de la Charte québécoise des droits et libertés, qui précise que toute personne a le droit de vivre dans un environnement sain et respectueux de la biodiversité. Ils ont demandé également à ce que les élu.e.s travaillent à mettre fin aux injustices sociales et environnementales constatées dans Limoilou, plutôt que de les amplifier. Ils refusent ces volontés de développements industriels toxiques pour notre milieu, alors que les conséquences associées à la pollution de l’air ambiant ont été largement documentées au fil de la dernière décennie.

D’ailleurs, à l’occasion de cette rencontre, la Dre Johanne Elsener, de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, a rappelé les risques importants pour la santé liés à la pollution atmosphérique. Elle a dénoncé la présence de particules fines, de nickel ou d’autres métaux dans l’air. Véronique Lalande, de l’Initiative de vigilance citoyenne du Port de Québec, avait pour sa part tracé un portrait du taux de nickel dans l’air ambiant à Limoilou. Ce tableau, dressé à partir de données colligées par le Programme du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique, fait ressortir que ce secteur de la ville figure parmi les plus pollués au pays. Ainsi, il apparaît clair pour les citoyen.ne.s que  la « soupe limouloise » est pleine, l'air déjà saturé de polluants. Ils attendent désormais de leurs gouvernements – municipal, provincial, fédéral – qu’ils travaillent de concert à assainir le milieu.

Enfin, un appel a été lancé aux citoyen.ne.s réunis lors de l’assemblée et leurs voisins : demander au maire de Québec son appui afin que la Ville de Québec se porte à la défense de ses citoyen.ne.s dans ce dossier. Après seulement 24 h, c’est près de 200 lettres qui ont été envoyées à son adresse courriel.

Un report qui suscite une vive déception chez les citoyen.ne.s

Il va sans dire : les citoyen.ne.s souhaitent que l’administration municipale se prononce dès que possible face à cet enjeu, alors que les jours pour s’opposer à cette révision sont comptés. Ainsi, la Table citoyenne Littoral Est et ses partenaires ne peuvent qu’être déçus de la décision du maire de Québec et du Comité exécutif de reporter au 7 février la discussion sur cet enjeu.

La question de la qualité de l’air figure au sommet des préoccupations des Limoulois.e.s depuis près d’une décennie. Ces dernières années, par le biais de l’évaluation environnementale menée par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada sur le projet Laurentia, ce débat a occupé une place importante dans l’actualité. Au terme de cet exercice, l’Agence avait recommandé d’éviter d’aller de l’avant avec ce projet, en raison – entre autres éléments – de l’air déjà saturé en polluants du secteur.

Pour sa part, en 2013, la Santé publique recommandait, dans le cadre d’une étude sur le nickel, que les entreprises polluantes soient incitées à développer des plans afin de réduire la contamination par le nickel dans les quartiers affectés, et qu’elles mettent en place des bonnes pratiques visant à s’assurer que leurs opérations génèrent le moins de contamination possible pour les citoyen.ne.s des secteurs riverains.

En choisissant de réviser à la hausse la norme sur le nickel dans l’air ambiant, le gouvernement du Québec laisse l’impression de faire fi de cet historique d’analyses, de recommandations, d’avis et de mobilisation. Plutôt que de soutenir les citoyen.ne.s qui demandent depuis plus de 10 ans de bonifier la qualité de l’air qu’ils respirent – et leur santé! –il semble plutôt avoir fait le choix de soutenir les entreprises et leurs lobbyistes.

Le maire à nouveau invité à appuyer les citoyen.ne.s de Limoilou

Les acteurs associés à la Table citoyenne Littoral Est invitent, à nouveau, le maire de Québec et le Comité exécutif à se prononcer sur la question du nickel dans l’air ambiant et cela dans les plus brefs délais, vu l’urgence de la situation.

Bruno Marchand à se souvenir d’un des engagements phare qu’il a pris au fil de la récente campagne électorale : s’assurer que tous les citoyen.ne.s de Québec, peu importe leur âge ou leur lieu de résidence, aient accès facilement à toute installation nécessaire afin de leur assurer une qualité de vie. Bref, que les Limoulois.e.s, à l’image de tous les citoyen.ne.s de la ville de Québec, puissent bouger, travailler, élever leur famille, ou vieillir en toute dignité dans un environnement sécuritaire et sain.