Indignation devant le démantèlement de la place Maizerets

Les membres du conseil de quartier de Maizerets ont été outré.es de constater que la place Maizerets, place éphémère installée en 2017, a été démantelée par la Ville de Québec, les 11 et 12 mai derniers.

Indignation devant le démantèlement de la place Maizerets | 29 mai 2023 | Article par Simon Bélanger

Les installations de la place Maizerets ont été démantelées les 11 et 12 mai 2023, au désarroi des membres du conseil de quartier.

Crédit photo: Simon Bélanger

Les membres du conseil de quartier de Maizerets ont été outré.es de constater que la place Maizerets, place éphémère installée en 2017, a été démantelée par la Ville de Québec, les 11 et 12 mai derniers.

Le 11 mai 2023, Claude Villeneuve, chef de Québec d’abord et conseiller municipal du district Maizerets-Lairet, convoquait une conférence de presse devant le Carrefour Saint-Pascal-de-Maizerets.

Les gens qui y assistaient ont pu constater que la Ville de Québec procédait alors au démantèlement des installations de la Place Maizerets, installée sur le parvis de l’église Saint-Pascal. Cette place éphémère avait été inaugurée à l’été 2017.

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D’abord rêvée par le conseil de quartier de Maizerets, elle avait été au cœur d’ateliers de design participatif.

Dans un article de Monlimoilou en 2017, on souligne que la place éphémère devait être transformée « en installation permanente dans un horizon de trois ans ».

« Insultant » et « choquant »

Du côté du conseil de quartier de Maizerets, la pilule a été dure à avaler en observant les employé.e.s de la Ville à l’ouvrage, le 11 mai dernier.

« On est arrivé sur place et les grues étaient en train de démanteler cette journée-là », explique Marie-Hélène Deshaies, présidente du conseil de quartier de Maizerets.

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« Là, il reste juste les marches de l’église pour que les gens s’assoient. C’est clair, c’était peut-être fréquenté par des gens qui avaient un peu plus de misère dans la vie. Là, on vient de tout raser leur équipement d’un coup, il n’y a plus rien, c’est vide », se désole-t-elle.

Mme Deshaies, qui s’inquiétait aussi du sort des panneaux installés par EXMURO arts publics en 2022, a au moins eu la confirmation que ceux-ci n’avaient pas été détruits.

« Il y a eu une stratégie avec la Ville pour dire qu’on fait une place éphémère. On savait qu’elle était éphémère. Mais on ne savait pas qu’elle serait détruite. C’est vraiment très choquant. Ce n’est pas acceptable qu’on détruise une partie de nos équipements et une place qui avait été conçue avec la participation citoyenne », déplore Martial Van Neste, vice-président.

Le conseil de quartier croit aussi que son rôle d’interlocuteur a été outrepassé par l’administration municipale.

« Je trouve ça insultant pour notre rôle de conseil de quartier. On se rappelle qu’on n’a pas été mis au courant de ce qui se passe dans la place centrale du quartier », se désole Marie-Joëlle Hotte, administratrice au conseil de quartier.

« Non sécuritaire »

Du côté de la Ville de Québec, on affirme que le Centre Mgr Marcoux, qui était le gestionnaire du projet, ne souhaitait pas le poursuivre.

« À l’hiver, le Centre Mgr Marcoux a annoncé à la Ville son intention de ne pas reconduire le projet de place éphémère et, conséquemment, de ne pas demander de soutien dans le cadre de l’appel de projets de places issues de la communauté coordonné par le Service des Loisirs, des sports et de la vie communautaire (SLSVC) », répond par courriel Jean-Pascal Lavoie, porte-parole de la Ville de Québec.

M. Lavoie ajoute que la Ville a communiqué avec trois partenaires : le Centre Mgr Marcoux, la Fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval (propriétaire du lieu) et Limoilou en Vrac, en charge de l’animation.

« Après échange avec les partenaires du projet, il a été convenu que les installations seraient retirées dès que possible considérant leur état jugé non sécuritaire pour la population », explique le porte-parole.

Cette explication ne satisfait pas les membres du conseil de quartier.

« On ne proteste pas que la Ville de Québec avait des responsabilités. La sécurité, on ne conteste pas. C’est dans la façon de faire », regrette Marie-Hélène Deshaies.

Résolution

Le conseil d’administration du conseil de quartier de Maizerets a adopté une résolution pour signifier son « indignation par rapport à la façon dont les choses se sont faites ».

« C’était quelque chose dont on se préoccupait, qu’on surveillait et dont on n’a jamais eu de nouvelles », explique Mme Deshaies.

Elle précise qu’un point consacré à la place Maizerets se trouvait systématique à tous les ordres du jour des assemblées du conseil de quartier.

Place Maizerets, en 2017
Crédit photo: Jean Cazes

Le conseil d’administration souhaite aussi rencontrer des représentant.e.s de la Ville de Québec. Il veut éviter « que cette place-là reste vide pour les prochaines années, en sachant qu’il y a un réaménagement majeur qui s’en vient [pour le tramway] ».

« On exige qu’il y ait une alternative. Elle n’a pas été faite pour rien cette place éphémère-là, parce que c’était vu comme un besoin d’avoir un lieu central, sur lequel il pouvait y avoir des animations », ajoute Martial Van Neste.

Il rappelle que « cette place est une co-construction citoyenne et qu’elle a été faite pour répondre à un besoin qui est encore là ».

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