L’humour, la planche de salut de Jayman

Jayman se dédie à l'humour depuis 2014.

L’humour, la planche de salut de Jayman | 6 janvier 2023 | Article par Thomas Verret

Jayman est un homme comblé. Son métier d’humoriste le remplit de bonheur. Il ne se verrait pas faire autre chose.

Crédit photo: Thomas Verret

Jayman se dédie à l’humour depuis 2014.

Jérôme Voussoir, de son vrai nom, cumule donc huit années de carrière comme humoriste.

« C’est mon gagne-pain de faire des blagues et de faire rire les gens », met en contexte le résident du quartier Lairet.

« Faire patate » pour mieux rebondir

Mais Jayman n’a pas toujours été capable de vivre de son art. L’humoriste de Québec aborde sans tabou cet aspect moins glamour de la profession. Dans les premières années, il a bûché pour se faire connaître.

« J’ai développé mon style, mon écriture, et j’ai appris à être à l’aise sur scène. »

Jayman s’intéresse à l’humour depuis son tout jeune âge. À 12 ans, il reprenait les monologues de ses idoles Yvon Deschamps et Michel Courtemanche.

« J’ai grandi avec l’humour. C’était quelque chose que j’avais dans mon système depuis longtemps. »

Même si l’humour fait partie de son ADN, le Limoulois n’a pas été bon dès le début. Loin de là. D’ailleurs, il se rappelle de sa première performance lors de l’Open Mic à la Source de la Martinière. Malgré sa grande taille, il était minuscule sur la scène. Comme on dit, il n’en menait pas large. À vrai dire, ce fut une prestation pour le moins malaisante. C’était le métier qui rentrait au poste.

« Ç’a n’a pas bien été. J’étais stressé, terrorisé, raconte-t-il. Le monde n’a pas ri. »

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Au moins, Jayman a eu l’audace d’essayer. À ce moment, la plupart des « personnes saines d’esprit », pour ne pas le citer, auraient jeté la serviette. Pas lui. C’est mal le connaître.

« Les gens n’ont pas ri mais ils m’ont écouté, a-t-il philosophé, une fois la poussière retombée. C’était signe que je tenais quelque chose. Il fallait que j’apprenne à les faire rire. »

Persévérer pour réaliser son rêve de « tit-cul » 

Jayman s’est donc mis à étudier le domaine de l’humour, la façon d’écrire des blagues et les moyens de faire rire les gens. Ceci dit, il n’a pas fréquenté la célèbre institution pour devenir humoriste.

« Je me suis fait ma propre école de l’humour », confirme-t-il.

Bref, Jayman a appris « sur le tas ». Chaque semaine, il montait sur les planches de la Ninkasi dans Saint-Jean-Baptiste. De fil en aiguille, il a amélioré ses performances humoristiques. Sa confiance en lui aussi.

« Rapidement, je me suis imposé une discipline. J’écrivais tous les jours, ou presque, relate-il. Ce qui a été excessivement pénible dans les premiers temps. Déjà, l’écriture est un gros défi en soi. Écrire un bon texte, c’est difficile. Écrire un bon texte drôle et punché, ça l’est encore plus. »

Après le pain noir, les jours heureux

Jayman vient ainsi d’entamer sa neuvième année comme humoriste. Avec le temps, il est finalement parvenu à gagner sa vie avec l’humour. Il ne gagne peut-être pas des millions comme Martin Matte ou Mike Ward, mais il fait ce qu’il aime. Cela vaut de l’or à ses yeux.

Jayman était âgé de 30 ans quand il a décidé d’écouter sa petite voix intérieure, de se lancer en humour. Avant ça, il a enchaîné des emplois de toutes sortes. Intervenant social dans le monde du VIH, consultant en commerce agroalimentaire, gérant de café. D’aucune façon il n’a trouvé un travail qui lui permettait de s’épanouir.

« Pendant longtemps, j’ai essayé de me trouver ce qu’on appelle une vraie job, lance-t-il en riant. Ça n’a pas fonctionné. J’ai fait plein de métiers, mais j’étais tout le temps malheureux. »

Ce sentiment de désespoir le ramenait toujours à sa passion pour l’humour.

« Je ne trouvais rien qui me faisait vraiment plaisir, rien dans quoi je me sentais bon, efficace. »

L’humour comme remède à la consommation

Avec un peu de recul, Jayman n’est pas peu fier du chemin qu’il a parcouru dans la dernière décennie, tant sur le plan professionnel qu’humain. Aujourd’hui, il se sent comme la meilleure version de lui-même.

« J’ai arrêté de consommer parce que je voulais saisir la chance d’avoir une carrière en humour, confie-t-il, entre deux gorgées de café latté décaféiné. Ça m’a amené à aller en thérapie pour faire face à mes démons, pour régler mes problèmes. »

Être sur la scène, capter l’attention du public avec des blagues, faire rire les spectateurs : l’humour le ramène à la réalité. Cet état de bonheur le fait vibrer. Rien au monde ne le rend plus heureux que ça.

« Sur la scène, il n’y a plus de problème qui existe. Je suis dans le moment, avec le public », conclut le résident de Limoilou.

Jayman a plusieurs projets à l’horaire pour 2023. Il prévoit, entre autres choses, participer à la quatrième édition de l’Humour Fest, un festival qu’il a mis sur pied pour dynamiser la scène humoristique de Québec. De plus, il amorcera cet hiver le rodage de son prochain spectacle. Pour plus de détails à son sujet, on peut le suivre dans son quotidien via sa page Faceboook

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