Limoil’air : la concentration de particules fines affecte tout Limoilou

Le constat d'une initiative étoffée de sciences citoyennes est sans équivoque : la concentration de particules fines touche Limoilou au grand complet.

Limoil’air : la concentration de particules fines affecte tout Limoilou | 29 septembre 2023 | Article par Thomas Verret

Raymond Poirier a présenté le bilan d’étape, les résultats préliminaires et la suite du projet Limoil’air.

Crédit photo: Thomas Verret

Le constat d’une initiative étoffée de sciences citoyennes est sans équivoque : la concentration de particules fines touche Limoilou au grand complet.

En un an et demi, plus de quatre millions de données ont été récoltées dans le cadre du projet Limoil’air. Depuis mai 2022, ce sont 80 capteurs qui ont été installés sur des terrains privés et municipaux du Vieux-Limoilou, de Maizerets et de Lairet.

Dans l’ensemble du territoire, la moyenne annuelle de concentration de particules fines PM2,5 dépasse, de façon générale, les standards de 5 micro grammes par m3 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« À Limoilou, c’est clair, l’enjeu environnemental, il est là », a exposé le président du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou Raymond Poirier, jeudi, lors d’une soirée citoyenne sur la qualité de l’air au Domaine Maizerets.

Le 17 décembre dernier, les capteurs du projet Limoil’Air ont enregistré des dépassements pouvant aller jusqu’à cinq la limite de référence de l’OMS. La trajectoire des particules fines tend à démontrer que celles-ci provenaient de la zone industrialo-portuaire.
Crédit photo: RevolvAir.org

Cette année seulement, c’est le quatrième rapport qui en vient à cette même conclusion préoccupante.

Certes, la pollution atmosphérique a des impacts néfastes sur la santé de la population limouloise. Elle augmente les risques d’hospitalisation liés aux maladies cardiovasculaires.

« Ca a un coût économique aussi », a ajouté le président du conseil de quartier.

Projet en déploiement

Les microcapteurs utilisés ne permettent pas cependant d’identifier les autres contaminants, comme le nickel.

« La raison pour laquelle c’est intéressant de creuser les PM2,5, c’est parce que c’est un peu comme le canari dans la pièce, a imagé Raymond Poirier. S’il y a des particulières fines, potentiellement il y a d’autres contaminants. »

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À l’heure actuelle, impossible non plus de dresser des bilans par secteur.

« Par contre, c’est quelque chose qu’on veut faire. »

L’initiative Limoil’air se poursuivra, « soit sur une base citoyenne ou dans le contexte d’une collaboration académique ou avec d’autres partenaires ».

Déjà, les données sont disponibles en format CSV, il est possible de les télécharger et d’en faire des visualisations.

Nouvel outil web d’analyse

Cela dit, il n’est pas nécessairement facile de s’en servir. Dans « une volonté de démocratisation du travail avec les données », Guillaume Simard a donc créé RevolvAir Dash.

Avec cet outil, monsieur et madame-Tout-le-monde peuvent explorer les données du projet Limoil’air. Le logiciel se trouve en ligne en version alpha.

« On invite les gens à être les testeurs de cet outil, à travailler ensuite avec Guillaume pour l’améliorer et le rendre toujours plus ergonomique, plus agréable », a fait savoir M. Poirier.

Le logiciel se divise en deux parties. D’un côté, on retrouve une carte. Parmi tous les capteurs, les gens choisissent ceux qui les intéressent. Automatiquement, un code de couleurs associé aux stations génère un graphique démontrant les tendances. Des données de base y sont disponibles, comme le maximum, le minimum, la moyenne, le nombre de données récupérées, etc.

Il est possible d’y sélectionner les données pour une période de temps et un secteur spécifiques.

« De cette façon, ça nous permet d’avoir une visualisation rapide, et peut-être de faire des liens avec la direction des vents », a indiqué M. Simard.

Les citoyens peuvent aller dans le plus précis par la suite.

Par exemple, on peut ajouter la couche satellite pour mieux voir les autoroutes, les arbres, les industries.

D’autres couches sont accessibles. On peut, entre autres, visualiser les dangers de forêt, les feux actifs, les zones de chaleur, de fraicheur, les aéroports, le transport ferroviaire, les milieux plus à risque tels que les garderies, les écoles.

« L’idée, c’est qu’on peut ajouter les entreprises polluantes, celles qui émettent des polluants atmosphériques, elle vont être affichées avec une cheminée », a précisé le résident de Québec.

Une fois l’analyse débutée, on peut ajouter des algorithmes de compensation.

« Ces algorithmes compensent les valeurs brutes avec des facteurs environnementaux qui influencent la réponse des capteurs, comme l’humidité, la température », a expliqué celui qui détient un baccalauréat en génie logiciel.

Finalement, les gens peuvent publier leur analyse, la partager avec d’autres personnes.

Quelques chiffres

À Québec, 400 personnes décèdent prématurément par année en raison de la mauvaise qualité de l’air. Un nombre qui s’élève à 4 000 à l’échelle de la province.

Au Canada, le coût annuel de la pollution atmosphérique sur la société tourne autour de 21 milliards.

Quant au projet Limoil’air, les différents partenaires ont investi 90 000 $ à ce jour. La Caisse Desjardins de Limoilou contribue notamment via son Fonds écoresponsable. Le député de Jean-Lesage Sol Zanetti y collabore. Les Conseils de quartier de Lairet et de Maizerets participent également à cette initiative.

Enfin, la Ville de Québec a octroyé un montant et permis l’ajout de 14 stations à des emplacements où elle est propriétaire.

Cet article bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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