Placier au Palais Montcalm au temps de Madame Belley

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage pour nos lecteurs et lectrices ses souvenirs de jeunesse. Ce dimanche, l'auteur nous plonge dans de belles années de l'univers du spectacle à la place D'Youville, au Palais Montcalm.

Placier au Palais Montcalm au temps de Madame Belley | 26 février 2023 | Article par Monlimoilou

La salle de spectacle du Palais Montcalm en 1960.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Auteur de D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, Denys Hawey partage pour nos lecteurs et lectrices ses souvenirs de jeunesse. Ce dimanche, l’auteur nous plonge dans de belles années de l’univers du spectacle à la place D’Youville, au Palais Montcalm.

Comme la plupart de mes contemporains, j’ai commencé à travailler à l’âge de 15 ans. Je continuais l’école tout en travaillant régulièrement les soirs et weekends, puis durant les mois d’été.

« Je voyais à répétition tous ces artistes qui venaient performer à Québec »

Pendant des années, j’étais entre autres placier au Palais Montcalm. Cela, dès l’âge de 15 ans, jusqu’au-delà de mes 18 ans. Nous gagnions 0,90 $ de l’heure avec trois heures garanties par appel, soit un beau 2,70 $ par soir. Après le bus aller-retour, les cigarettes à la cenne, un Seven-Up, mettons qu’il n’en restait pas trop!! Heureusement, à l’époque, il était pratique courante de laisser un pourboire au placier. Le plus souvent, chaque course nous donnait 0,25 $ de commission. Vous comprendrez qu’on se dépêchait à servir le plus de clients…

J’ai souvenir d’un certain Trottier qui y travaillait avec moi. Un soir, au cours duquel nous placions en haut, dans les mezzanines, Trottier avait déboulé toutes les marches d’une façon magistrale. Il s’était aussitôt relevé, sans une ecchymose, et il avait poursuivi son boulot. Toute l’assistance s’était mise à rire de le voir se relever comme si de rien n’était.

Dans les années 1969-1970, le Palais Montcalm était la seule véritable place de spectacles à Québec. En effet, à l’époque, le Grand Théâtre n’existait pas. Le Capitole était pour sa part vétuste et inoccupé; les salles des cégeps n’avaient pas commencé à présenter des spectacles professionnels. C’est vrai : il y avait le cinéma Cartier, mais il ne recevait, à ce moment que peu d’artistes. Sa mission première de salle de projection prévalait.

Les grandes vedettes qui passaient présentaient donc leur tour de chant ou autres au Palais Montcalm. De Charles Aznavour à Bécaud, aux Trois Ménestrels à Georges Moustaki; des jazzman Dizzy Gillespie ou Oscar Peterson; de Gilles Vigneault à Yvon Deschamps ou à Ginette Reno : toutes et tous ces personnalités du show-business s’y donnaient rendez-vous! Et puis, il y avait « les réguliers » telles que les jeunesses symphoniques du samedi matin et les Grands Explorateurs.

Le grand avantage de mon emploi, donc? Je voyais à répétition tous ces artistes qui venaient performer à Québec. Ainsi, j’ai dû voir 20, 25 fois Monstaki! Je me rappelle notamment des Trois Ménestrels, pour moi les plus professionnels. Ils venaient régulièrement au Palais. Chaque soir, ils faisaient les mêmes mises en scène. Chaque fois, on aurait pu jurer que ce n’était pas prévu. Ils étaient vraiment bons!

Pour sa part, Yvon Deschamps était d’une simplicité désarmante. Il saluait tous et chacun, comme s’il était authentiquement content de rencontrer chacun. Quelle belle personne!! Bécaud était du même genre.

L’incontournable Madame Belley

Henriette Belley

Figure légendaire du Palais Montcalm, Madame Belley était tout un personnage. À force de se pavaner avec ses costumes extravagants et d’arriver intentionnellement quelques minutes après le début de la première des artistes, elle s’était faite acceptée comme un phénomène incontournable à Québec.

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Ainsi, ces artistes étaient avertis de son arrivée tardive pour occuper son siège sur la première rangée, à l’avant. La plupart acceptaient de bonne grâce d’interrompre leur spectacle et ils annonçaient eux-mêmes l’arrivée de la diva québécoise!

Legs pour ses deux enfants et leurs propres enfants, D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs a fait l’objet d’un article sur Monlimoilou. L’histoire de famille et la vie de jeunesse de Denys Hawey, qu’il raconte en 426 pages enrichies de photos, est disponible exclusivement à la Librairie Morency.

Un recueil de nouvelles paraîtra sous peu en formats papier et numérique sous le titre Mes entrailles bénies – Anecdotes de jeunesse à Limoilou.

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