Toujours pas de lumière au bout des ruelles

Malgré l’alarme sonnée en septembre, au maire puis aux médias, des citoyen.ne.s demeurent sans nouvelles de leurs projets d'aménagement de ruelles. Depuis quelque deux ans, ces projets sont en suspens, faute d’autorisation de Revenu Québec, propriétaire des ruelles. Ils remplissent tous les autres critères du programme d'intervention et de revitalisation des ruelles de la Ville de Québec .

Toujours pas de lumière au bout des ruelles | 19 janvier 2023 | Article par Suzie Genest

Résidents de la ruelle des Oiseaux de passage, 5e Rue, Limoilou

Crédit photo: Jean Cazes

Malgré l’alarme sonnée en septembre, au maire puis aux médias, des citoyen.ne.s demeurent sans nouvelles de leurs projets d’aménagement de ruelles. Depuis quelque deux ans, ces projets sont en suspens, faute d’autorisation de Revenu Québec, propriétaire des ruelles. Ils remplissent tous les autres critères du programme d’intervention et de revitalisation des ruelles de la Ville de Québec .

Aux quatre ruelles qui se trouvaient dans l’impasse, une cinquième s’est ajoutée. Sans réponse à leur lettre du 8 septembre, les riverain.e.s se questionnent. Quel est le mandat du comité d’experts qui travaille sur le dossier? Quand s’est-il rencontré? Qu’est-ce qui bloque?

Ils ont créé un comité inter-ruelles pour faciliter la mobilisation et la circulation de l’information.

« On s’est rendu compte qu’on a les mêmes difficultés », a expliqué France Lavoie à l’assemblée du conseil de quartier du Vieux-Limoilou mercredi.

Elle et Colette Harvey qui l’accompagnait sont des riveraines de la ruelle des Oiseaux de passage. Leur situation fâcheuse a un effet dissuasif sur d’autres, a ajouté Mme Lavoie. Voyant les embûches rencontrées, voisins et voisines de Limoilou hésitent à emboîter le pas dans la revitalisation de leur ruelle.

« On se rend compte que le programme est toujours présent sur le site de la Ville, sans aucune mention qu’il est en attente de réponse de Revenu Québec », a mentionné Bernard Jeffrey, de la ruelle de la Caserne.

Dans l’impasse, la démobilisation se fait sentir. Le malaise aussi. « On a ramassé l’argent, on a 25 000 $ dans un compte en banque de la part des riverains », a indiqué Mme Lavoie. Le silence radio de la municipalité nourrit aussi les soupçons, a fait valoir M. Jeffrey, avouant que lui-même pense « que ça cache de petites choses ».

« Pas dans l’échelle » des ruelles

Une rencontre du comité d’experts doit avoir lieu en février, a dit la conseillère en consultations publiques Anne Pelletier mercredi soir. Puisqu’elle se trouve « en bas de l’échelle », cela signifie que le travail et le rapport du comité auront déjà cheminé parmi les acteurs municipaux concernés. La conseillère municipale du district de Limoilou et cheffe de Transition Québec, Jackie Smith, n’en fait pas partie.

« Je ne suis même pas dans l’échelle! », a-t-elle illustré, reprenant la métaphore de Mme Pelletier.

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Lors de la séance du conseil municipal lundi, Mme Smith a questionné la responsable du dossier, Mélissa Coulombe-Leduc, avec l’appui de Anne Corriveau, de Québec d’abord. Cette dernière a déploré qu’on laisse « dans le néant » les citoyen.ne.s qui se sont investi.e.s « pour améliorer la qualité de vie ».

« Du temps de l’administration précédente, Suzanne Verreault a travaillé ce projet-là. L’administration Labeaume supportait l’initiative de ces citoyens. (…) Ces gens-là veulent avoir des réponses, et je vais appuyer Mme Smith sur la pression qu’on doit mettre. C’est une initiative citoyenne qui allait bon train jusqu’à ce que ça tombe dans une fissure. »

Mélissa Coulombe-Leduc a indiqué être « en attente des recommandations du comité ». Elle a aussi affirmé que les équipes municipales étaient « en lien avec les citoyens de Limoilou ». Des paroles qui ont surpris les trois riverain.e.s présent.e.s à l’assemblée du conseil de quartier mercredi soir. Ils n’ont connaissance d’aucun lien entre les équipes municipales et les citoyens actuellement, ont-ils dit.

Autre source d’étonnement : le « rôle de médiateur entre Revenu Québec, qui est le propriétaire des ruelles, et les citoyens » mentionné par Mme Coulombe-Leduc. Pour les riverain.e.s, la Ville doit prendre « un rôle de leader ».

Ils n’ont pas l’intention de devenir les propriétaires des ruelles. Cela signifierait que les citoyen.ne.s bénévoles devraient assumer toutes les responsabilités et les coûts pour l’entretien, le déneigement de ces voies de passage, qui demeureraient ouvertes à la circulation.

Une résolution

Pour le conseil de quartier, même si la Ville n’a pas de nouvelles, il faudrait le dire aux citoyens, maintenir ouvert le canal de communication. Il serait également crucial que la conseillère du district soit informée.

Le conseil de quartier a adopté une résolution demandant notamment qu’on informe les citoyens au sujet du comité d’experts, de son mandat, de sa composition, des pistes envisagées, de l’échéancier. La résolution propose qu’un ou plusieurs citoyens puissent siéger au sein de ce comité, sinon un membre délégué par le conseil de quartier.

Le conseil de quartier du Vieux-Limoilou se trouve « sans outils pour travailler avec les citoyens » dans ce dossier, a déploré son président Raymond Poirier. Cela lui rappelle un souvenir.

« La Ville réitère ce qu’elle a fait avec le tramway en 2020. »

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