Cercle Polaire : 35 ans de soutien auprès des proches aidants en santé mentale

Le Cercle Polaire souligne cette année son 35e anniversaire. Fondé en 1989, l'organisme de l'avenue Mailloux offre des services gratuits aux proches de personnes vivant avec un trouble de santé mentale.

Cercle Polaire : 35 ans de soutien auprès des proches aidants en santé mentale | 16 mai 2024 | Article par Thomas Verret

La DG du Cercle Polaire Geneviève Beaudoin, entourée des intervenantes sociales, Cynthia Labonté (à gauche) et Océanne Bérubé (à droite) de même que du père-aidant famille, Philippe Brosseau.

Crédit photo: Thomas Verret

Le Cercle Polaire souligne cette année son 35e anniversaire. Fondé en 1989, l’organisme de l’avenue Mailloux offre des services gratuits aux proches de personnes vivant avec un trouble de santé mentale.

Basé depuis quatre ans à Limoilou, le Cercle Polaire propose du soutien, de l’écoute et du référencement aux personnes proches aidantes en santé mentale.

Interventions téléphoniques, rencontres individuelles, (conjugales/familiales), groupes de soutien et éducatifs, conférences, ateliers : tous ces services visent à renforcir le filet social autour des gens vivant avec une problématique de santé mentale.

« C’est très variée, l’aide qu’on va apporter, mais on va vraiment s’adapter aux besoins des gens », explique la directrice générale Geneviève Beaudoin.

Auparavant localisé à Charlesbourg, le Cercle Polaire a déménagé en 2020 dans le quartier Maizerets, près de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec. Bien que salvateur, ce déménagement, en pleine pandémie, a fait en sorte que l’organisme doit travailler pour se faire connaître davantage. Malgré ses 35 ans d’existence, les gens ne sont pas nécessairement au courant de sa mission et se demandent parfois s’ils sont à la bonne adresse.

« Mais ici, c’est le principe du no wrong door, il n’y a pas de mauvaise porte », précise Mme Beaudoin.

Dans bien des cas, les proches aidants ont seulement besoin que quelqu’un d’autre confirme le bien-fondé de leurs inquiétudes, qu’il y a urgence d’agir pour éviter qu’un drame encore plus grave ne se produise.

« Juste de se le faire valider par une personne de l’externe, vient peut-être, qui sait, de sauver une vie », soutient la DG du Cercle Polaire.

Loi P-38

Le Cercle Polaire accompagne également des personnes dans leur processus de requête relatif à la Loi P-38. Cette législation permet aux médecins de demander à un juge d’obliger l’hospitalisation d’un patient qui ne veut pas se faire soigner, si cette personne présente un danger imminent pour elle-même ou les autres, qu’il y a risque de suicide ou d’homicide, par exemple.

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« Quand ça survient, les gens sont tellement en détresse », observe Geneviève Beaudoin.

Au cours d’une intervention, un policier ne peut pas emmener à l’hôpital une personne qui n’est pas « en désorganisation totale ».

« Des fois, la police va arriver et la personne va dire que tout va bien, que tout est correct, alors que ce n’est pas le cas du tout », expose Mme Beaudoin.

Prévenir avant de guérir

Chose certaine, les personnes proches aidantes sont « les acteurs principaux » du bien-être de leurs proches et ont un rôle essentiel à jouer, bien qu’il n’est pas toujours facile de savoir comment s’y prendre exactement.

« Souvent, les gens vont attendre, attendre, attendre, avant de demander de l’aide, pis malheureusement, la situation dégénère », constate la directrice du Cercle Polaire.

« Nous, notre objectif, c’est de travailler avec le proche, avant que la crise ne soit trop grande.

Si un besoin dépasse son expertise, l’organisme réfère alors la ou les personnes vers un partenaire du réseau en mesure d’intervenir dans le champ de compétences en question.

Volet jeunesse

Le Cercle Polaire intervient nouvellement auprès des jeunes.

C’est que depuis la pandémie, les besoins de cette clientèle « ont explosé », note Geneviève Beaudoin.

Alors que le réseau est incapable de répondre à toutes les demandes, l’organisme communautaire, de son côté, déploie l’initiative Aider sans filtre. CAP santé mentale, une fédération regroupant une cinquantaine de membres oeuvrant en proche aidance partout au Québec, a développé ce projet « pour et par les jeunes ».

Une agente de sensibilisation se rend dans des milieux jeunesse, notamment dans les écoles, afin de rejoindre des jeunes qui cotôient une personne aux prises avec un trouble de santé mentale. Il s’agit donc d’un vaste réseau de vigies, qui repèrent et réfèrent les jeunes proches aidants ayant besoin d’aide.

Podcast

Le Cercle Polaire travaille aussi à créer son propre podcast. Les capsules diffusées sur sa page Facebook aborderont la question de l’entourage d’une personne souffrant d’une problématique de santé mentale. Rendue possible grâce au soutien de la Caisse Desjardins de Charlesbourg, cette initiative mettra en lumière le travail de collaboration entre les organismes, et ce, dans différentes situations.

Une mission importante plus que jamais

Le Cercle Polaire déploie ainsi divers efforts pour faire rayonner son travail.

Une porte ouvertes a d’ailleurs eu lieu, la semaine dernière, dans ses locaux situés dans le Centre médical Mailloux. Plus d’une trentaine de personnes ont participé à cette activité du 35e anniversaire organisée dans le cadre de la Semaine de la santé mentale.

Au tournant des années 1990, la fondatrice Hélène Boulianne avait fait du soutien aux membres de l’entourage de personnes atteintes de maladie affective bipolaire son sujet de thèse de maîtrise, à une époque où il n’y existait aucune ressource spécialisée en la matière. Cette dernière est évidemment très fière de voir son oeuvre persister encore à ce jour. Elle se réjouit de voir tout le chemin parcouru par l’OBNL au fil des ans.

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