La leçon d’harmonie de Rémi-Julien Savard

Il y a un mois, Rémi-Julien Savard lançait La leçon d’harmonie, son premier roman, publié aux éditions Tête Première, qui s’ouvre sur l’univers de la musique classique.

<em>La leçon d’harmonie </em> de Rémi-Julien Savard | 8 mai 2024 | Article par Olivier Alain

Crédit photo: Courtoisie Rémi-Julien Savard

Il y a un mois, Rémi-Julien Savard lançait La leçon d’harmonie, son premier roman, publié aux éditions Tête Première, qui s’ouvre sur l’univers de la musique classique.

C’est un heureux concours de circonstances qui a permis au roman de voir le jour. L’auteur explique que le manuscrit dormait dans ces tiroirs depuis bientôt quatre ans. Écrit en partie pendant sa maîtrise en lettres à l’UQAC, le manuscrit avait été envoyé à quelques maisons d’édition sans recevoir de réponse. C’est à la fin 2022, en voyant que Tête Première est à la recherche de textes, que Rémi-Julien tente de nouveau sa chance et reçoit cette fois-ci une réponse positive.

Originaire du Saguenay, le jeune écrivain, maintenant installé dans le Vieux-Limoilou, confie avoir un parcours plutôt éclectique. Il étudie d’abord en lettres au Cégep pour ensuite entamer des études en guitare classique au Conservatoire et en jazz à l’Université Laval. Il revient finalement vers la littérature et complète un baccalauréat à Québec et une maîtrise à Chicoutimi. Loin d’être un compte-rendu de son parcours en musique, La leçon d’harmonie est tout de même teintée par cette expérience.

Solitude et enfermement

Amantine, une pianiste dans la mi-vingtaine, termine ses études au Conservatoire. Elle quitte la maison familiale pour s’installer dans un appartement au cœur d’un parc industriel où elle donne des leçons à quelques élèves pour gagner sa vie. Elle sent rapidement un grand vide s’ouvrir devant elle. Poussée dès son plus jeune âges vers le piano et forcée de sacrifier tellement chose, la jeune femme peine désormais à trouver ses repères et sa juste place. Habituée à vivre dans l’ombre des ambitions de son père, elle se perd dans cette liberté nouvelle.

L’action se déroule au début des années 2000, à l’époque où internet se développe peu à peu, mais où les voies de communication ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. En faisant ce choix, Rémi-Julien explique avoir voulu « accentuer l’idée d’enfermement du personnage ». Amantine est seule et a très peu de contact avec l’extérieur. Il se met en place une sorte de huis clos à la fois symbolique et réel.

Le roman ouvre un espace de réflexion sur les motivations qui sous-tendent la pratique de la musique. Comment ne pas devenir victime de ses propres ambitions et de celles des autres? Sans donner de réponses concrètes, le livre pose des questions sur le parcours que l’on doit choisir – ou se faire imposer pour espérer intégrer les plus hautes sphères du milieu de la musique classique.

Quand deux langages se confrontent

Tantôt rigides et mécaniques, tantôt doux et sensibles, les regards portés sur la musique se multiplient, s’entrecroisent et s’opposent tout au long du roman. Loin de vouloir réconcilier ces points de vue, l’auteur explique plutôt avoir eu le désir de « faire se confronter deux langages par rapport à la musique ». Un langage froid, théorique, presque abscond et un langage basé sur l’émotion. La mise en place de cette contradiction permet d’explorer une autre façon de parler de la musique. De s’éloigner quelque peu de cette vision romantique et romancée qui pullule dans l’imaginaire littéraire.

« Le roman met de l’avant ce tiraillement entre le vécu et le senti de la musique et cette immense mécanique qu’il y a derrière et qui devient une seconde nature », confie l’auteur.

Que faire devant ce tiraillement? Doit-on choisir un camp? Pas forcément et c’est peut-être l’oscillation entre une vision mécanique et un retour vers un senti primal qui permet de trouver une sorte d’équilibre, aussi précaire soit-il.

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« Peut-être qu’il faut aller vraiment très loin dans la théorie pour ensuite oser s’en sortir […] pouvoir garder juste ce qu’il faut », constate l’écrivain.

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