Promenade Samuel-de-Champlain : le boulevard urbain, une «condition sine qua non»

Les lauréats du concours d'idéation de la phase IV de la Promenade Samuel-de-Champlain ont été dévoilés lors d'une conférence de presse ce mercredi. Pour l'occasion, le ministre responsable des Infrastructures et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien a affirmé que la transformation de l'autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain serait une «condition sine qua non».

Promenade Samuel-de-Champlain : le boulevard urbain, une «condition sine qua non» | 3 avril 2024 | Article par Simon Bélanger

Image retenue pour le 1er prix du concours d'idéation de la phase IV de la Promenade Samuel-de-Champlain.

Crédit photo: Atelier L'Abri, Écoterritoire, Ghost, Le Picbois

Les lauréats du concours d’idéation de la phase IV de la Promenade Samuel-de-Champlain ont été dévoilés lors d’une conférence de presse ce mercredi. Pour l’occasion, le ministre responsable des Infrastructures et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien a affirmé que la transformation de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain serait une «condition sine qua non».

C’était la première fois qu’un représentant du gouvernement Legault s’avançait aussi loin sur la question du boulevard urbain. Cette modification au réseau routier de l’est de Québec est une revendication unanime de tous les membres du conseil municipal de Québec.

En novembre dernier, le gouvernement du Québec et la Ville de Québec annonçaient la tenue d’un concours d’idéation pour imaginer une quatrième phase à la Promenade Samuel-de-Champlain. Celle-ci serait située entre la Baie de Beauport et les Chutes Montmorency. Un total de 32 projets, déposés par des firmes d’ici et d’ailleurs, ont été déposés et plus de 200 personnes ont déposé commentaires, suggestions et propositions sur le site de la Commission de la capitale nationale du Québec.

Cette question de la transformation de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain était d’ailleurs l’une des principales demandes de la part des citoyens.

« Pour moi c’est clair. […] Impossible de cheminer du secteur D’Estimauville jusqu’à la Chute [Montmorency] sans intégrer un boulevard urbain », affirme le ministre Julien.

Lors de la période de questions, M. Julien a réaffirmé «qu’un boulevard urbain, c’est sine qua non».

«Rapidement, on s’est aperçus que ce cheminement-là de mobilité active ne peut pas se faire autrement que par le réaménagement de l’autoroute Dufferin-Montmorency», réitère-t-il.

Pour lui, l’inscription d’un montant de 5 M$ au Plan québécois des infrastructures démontre la volonté de son gouvernement d’aller de l’avant avec la nouvelle phase de la Promenade.

Pour Accès transports viables, cet engagement envers le boulevard urbain est source de réjouissance.

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« Pour favoriser véritablement la mobilité durable et les déplacements à pied, à vélo ou en transport en commun dans le secteur, il faut inévitablement reconnecter le fleuve aux quartiers avoisinants grâce à un boulevard urbain », soutient la porte-parole Angèle Pineau-Lemieux.

Jean-Yves Duclos, ministre fédéral des Services publics et de l’Approvisionnement et député de Québec, est aussi réceptif au projet.

« Ce serait effectivement une très bonne idée à étudier, [comme] tout ce qui réduit la pollution, qui augmente la santé des gens, la santé de l’air, qui réduit aussi les risques pour la sécurité. On sait que […] Dufferin-Montmorency est un endroit qui est dangereux présentement. Donc, tout ce qui peut aider à accroître la santé et la sécurité des gens est une préoccupation du gouvernement canadien et ça me fera plaisir d’en parler avec le ministre Julien », a souligné le ministre Duclos en marge d’une conférence de presse tenue plus tard dans la journée.

Jacques White (architecte), Jérôme Lapierre (architecte et conseiller professionnel principal), Jonatan Julien (ministre responsable des Infrastructures et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale), Bruno Marchand (maire de Québec) et Jean-François Simard (député de Montmorency).
Crédit photo: Simon Bélanger - Monlimoilou

Trois lauréats, mais pas d’échéancier clair

La conférence de presse a servi à dévoiler les trois firmes lauréates du concours d’idéation. Les équipes classées premières et troisièmes sont toutes deux québécoises, basées à Montréal.

Le premier prix a été remporté par l’Atelier L’Abri, Écoterritoire, Ghost, Le Picbois, pour un projet intitulé Le fleuve est tiède sur les battures. Celui-ci incluait le «déploiement d’un réseau continu d’espaces publics riverains» et un démantèlement partiel de différentes infrastructures. Un grand espace ouvert connecterait également le Domaine de Maizerets, la Baie de Beauport et les battures du Domaine.

En deuxième position, le Détour le long des chemins de Beauport a été développé par la firme new-yorkaise READ/ONE, composée d’architectes néerlandais. Celui-ci imaginait notamment un réaménagement du corridor ferroviaire pour des utilisations communautaire, mais aussi des passerelles piétonnes vers le bord du fleuve et un prolongement d’un éventuel tramway le long du boulevard Sainte-Anne.

Le troisième prix est remis à la firme Pelletier de Fontenay & Enclume, de Montréal, pour le projet Littoral vivant. Celui-ci souhaitait notamment «recréer les liens écologiques entre les écosystèmes marins et terrestres ainsi que recréer les liens socioécologiques entre les citoyens et la diversité biologique du littoral».

Quatre autres firmes ont aussi reçu de mentions pour souligner leur travail.

Le projet Littoral vivant, dont l’image est tirée du concept, a terminé en troisième position.
Crédit photo: Pelletier de Fontenay & Enclume

Pas d’échéancier pour l’instant

Le travail accompli par ces différentes firmes alimentera les équipes qui travailleront à la conception, assurent le ministre Julien et le maire de Québec, Bruno Marchand.

« Il faut retravailler avec ces gens-là », affirme M. Marchand.

« On a un terreau hyper fertile pour travailler. Après ça, il y a des enjeux et des contraintes. C’est à nous de faire l’équilibre et de venir présenter la mouture conceptualisation et réalisation. […] Mais c’est sûr qu’on va en tenir compte», soutient de son côté le ministre Julien.

En revanche, même si le ministre affirme vouloir aller le plus rapidement possible, il n’était pas en mesure de proposer un échéancier pour la réalisation de la quatrième phase, qui sera plus longue que les trois premières réunies.

Plusieurs parties prenantes devront s’entendre avant d’en arriver à un projet complet : CN, Port de Québec, Ville de Québec, ministère des Transports, ministère de l’Environnement, etc.

De son côté, la Table citoyenne Littoral Est, qui milite depuis plusieurs années pour la transformation de l’autoroute en boulevard urbain, souhaite qu’une première phase du projet soit déjà réalisée d’ici cinq ans.

Patrick Albert, membre de la Table citoyenne, aimerait bien privilégier le secteur du boulevard François-de-Laval, notamment en raison de «sa dangerosité» et de son «potentiel de mise en valeur».

«Je pense qu’un échéancier de cinq ans devrait être envisagé pour faire en sorte que le projet ne tombe pas aux oubliettes», soutient-il.

De son côté, le ministre Jonatan Julien semblait mentionner comme possibilité pour une première phase à cette phase IV le développement du secteur D’Estimauville.

L’ensemble des 32 concepts déposés dans le concours d’idéation sont disponibles sur le site de la Commission de la capitale nationale du Québec, organisme responsable de la mise en œuvre du projet.

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