Signes d’Espoir : faciliter l’intégration des personnes sourdes | 25 février 2021 | Article par Julie Rheaume

Steve Gaudreault participe à un atelier d'arts plastiques chez Signes d'Espoir.

Crédit photo: courtoisie Signes d'Espoir

Signes d’Espoir : faciliter l’intégration des personnes sourdes

Signes d’Espoir a comme mission l’intégration des personnes sourdes dans la dignité. Afin de bien remplir celle-ci, l’organisme est déménagé dans des locaux mieux adaptés, à Limoilou, l’été dernier, sur le boulevard des Cèdres. Portrait de cette ressource fondée en 1979…

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Signes d’Espoir est un organisme communautaire qui accueille en priorité les adultes sourds qui communiquent en langage gestuel. Parmi sa clientèle, plusieurs vivent avec une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, une surdicécité (perte auditive et visuelle combinée), des troubles de santé mentale et des handicaps physiques.

« On offre aux gens la possibilité de sortir de leur enfermement. C’est vraiment le désir qu’avait (la fondatrice), Sœur Louise Bellavance, en 1979 lorsqu’elle a fait Handi A, maintenant le Centre Signes d’Espoir. Au départ, elle allait chercher les personnes sourdes et voulait vraiment les sortir de leur enfermement. Aujourd’hui, on peut offrir un travail, par l’entremise de l’Atelier Signes d’Espoir. Puis on offre à certaines personnes, qui sont handicapées physiques, qui ont une déficience intellectuelle et qui sont sourdes, en grande partie, la possibilité d’apprendre des choses à notre centre de jour et de devenir autonome », indique Amélie Chansigaud, coordonnatrice des levées de fonds et des communications.

Née sous le nom de Handi A, la ressource a changé d’appellation pour Signes d’Espoir en 2006, précise Mme Chansigaud.

« Notre désir, c’est l’autonomie : que les gens vivent avec dignité et qu’ils puissent s’intégrer dans la société en dehors de Signes d’Espoir », ajoute-t-elle.

Plusieurs vocations

En juillet 2020, Signes d’Espoir a déménagé ses pénates au 185, boulevard des Cèdres, à Limoilou, non loin de ses anciens locaux. La ressource occupe maintenant un bâtiment mieux adapté aux réalités de sa clientèle avec, entre autres, des alarmes d’incendie avec stroboscope et des espaces plus accessibles.

Trois organismes sont regroupés sous la bannière Signes d’Espoir: le Centre (centre de jour, deux ressources d’hébergement), l’Atelier et la Fondation. Chacune de ces composantes possède son numéro de bienfaisance, explique Mme Chansigaud. « Ce sont vraiment trois organismes indépendants, mais qui vivent ensemble », dit-elle.

Signes d'Espoir
Anne Brière, usagère de Signes d’Espoir, lors d’un cours d’informatique.
Crédit photo: courtoisie Signes d'Espoir

Grâce à Signes d’Espoir, le grand public a aussi accès à des cours de LSQ (Langue des signes québécoise). Des leçons se donnent même par visioconférence, circonstances actuelles obligent!

L’Atelier se divise quant à lui en plusieurs volets : rembourrage, bois (palettes de transport) et recyclage (matériel informatique et livres). L’OBNL fait aussi « d’autres petits contrats », selon Mme Chansigaud.

« Dans (notre nouveau bâtiment), on a le secteur Centre, le secteur Atelier, puis il y a l’administration », dit Mme Chansigaud. Les ressources d’hébergement, deux boutiques et l’atelier de bois sont situés à l’extérieur, dans d’autres locaux que ceux du boulevard des Cèdres.

En 2021, Signes d’Espoir compte construire une annexe à son bâtiment principal afin d’y accueillir l’atelier de bois, qui se trouve actuellement à Beauport. « On va essayer de le rattacher avec nous, si tout va bien », dit la coordonnatrice.

« La Fondation, qui occupe le bureau de Mme Chansigaud, a quant à elle été créée en 1999 dans le but d’amasser de l’argent « qui est redistribué dans le Centre et dans l’Atelier. Les trois organismes sont séparés, ce sont trois OBNL, mais tout ce que la Fondation va gagner retourne soit à l’Atelier, soit au Centre », précise-t-elle.

Profil

La moyenne d’âge de la clientèle se situe « entre 40 et 45 ans », explique Mme Chansigaud, même si certaines personnes vont au Centre « depuis environ 30 ans ». Ce dernier est majoritairement fréquenté par des personnes qui sont sourdes ou muettes et qui ont une déficience physique ou intellectuelle. Quant au niveau de surdité de la clientèle, « on a des malentendants et on a des sourds profonds».

Signes d'Espoir
Janik Pitre, sur un plateau de travail consacré au recyclage de livres.
Crédit photo: courtoisie Signes d'Espoir

Du côté de l’Atelier, « on travaille avec La Croisée et ÉquiTravail. On a des personnes sourdes, mais souvent elles ont un handicap physique et certaines ont une déficience intellectuelle, en plus. On a aussi des personnes qui sont autistes. Ce sont vraiment des personnes qui ne peuvent être sur le marché du travail (dit normal) », explique la coordonnatrice.

Le mot d’ordre à Signes d’Espoir, c’est « de s’adapter en fonction des gens », explique Mme Chansigaud. Une directrice clinique voit également des personnes qui ont plus de difficultés à s’exprimer, à « aller vers les autres », afin de travailler leurs habiletés sociales.

Quelque 145 personnes qui travaillent au bon fonctionnement des trois organismes, dont 108 employés et 37 bénévoles, selon les données fournies par Signes d’Espoir, en février. Les bénévoles œuvrent à l’Atelier. Au Centre, « nous n’avons actuellement pas de bénévoles, car les mesures sanitaires ne nous le permettent pas. Notre clientèle est fragile et à risque », précise la responsable des communications.

COVID-19 et financement

La COVID a d’ailleurs eu un impact au centre de jour. En mars 2020, celui-ci a dû être fermé. Depuis sa réouverture, il doit opérer à capacité réduite. Amélie Chansigaud remarque que le port obligatoire du masque de procédure complique aussi un peu la communication avec les usagers ou entre employés.

En mai dernier, Signes d’Espoir a dû annuler son traditionnel souper de homard en raison de la crise sanitaire. Cette année, l’événement se fera de manière virtuelle. Les détails restent à préciser, mais l’on sait que l’organisme vendra des boîtes-repas (homard ou viande) que l’on pourra déguster chez soi.

Quant aux autres méthodes de financement une campagne a aussi permis l’achat et la rénovation du nouveau bâtiment, grâce à la contribution de plusieurs partenaires privés.

Le Centre, rattaché au CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale), obtient également des fonds de la part du gouvernement. La Fondation ne reçoit quant à elle pas de deniers publics, selon Mme Chansigaud.

Signes d'Espoir
Le nouveau bâtiment de Signes d’Espoir, au 185 boulevard des Cèdres.
Crédit photo: courtoisie Signes d'Espoir

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