Fermeture de l'atelier-boutique Softi : la propriétaire cesse ses activités jusqu'à nouvel ordre

Après plusieurs semaines de silence et de discrétion, Sophie Côté, propriétaire de l'atelier-boutique Softi annonce la fin de ses activités en magasin.
Après plusieurs semaines de silence, Sophie Côté, propriétaire de l'atelier-boutique Softi, annonce la fin de ses activités en magasin. Photo prise lors de la conférence de presse de Lis-moi tout Limoilou qu'elle avait accueilli en ses murs, en mai dernier.

Les habitués l’auront remarqué : l’atelier-boutique Softi, au 581, 3e Avenue, était complètement vide à l'heure du renouvellement du bail. Aucune annonce officielle n'avait été préalablement faite sur la vitrine ou les réseaux sociaux. Finalement rejointe ce matin, la propriétaire Sophie Côté nous a confirmé l'arrêt définitif de ses activités en magasin pour des raisons de santé et de finances.

Sophie Côté lors de la conférence de presse Lis-moi tout Limoilou en mai dernier.Je préfère prendre une pause pour l'été et réfléchir à ce que je vais faire de mon activité professionnelle à la rentrée. Je pense continuer les commandes spéciales de laine, car je suis encore très sollicitée de ce côté. Quant au commerce, j'ai demandé de l'aide financière gouvernementale, mais je n'ai jamais rien reçu. Je vais me concentrer sur ma créativité plutôt que d'être dans les papiers et la gestion que demandent un magasin », confie Sophie Côté à Monlimoilou.com.

« Burn out et plus de vie » pour elle et sa famille, résume la mère de deux enfants de sept et quatre ans. Elle avait décidé d'avoir pignon sur rue avec une boutique de laine et un atelier de cours à Limoilou en août 2011.

La difficulté d'élargir son offre en affaires

Les affaires fonctionnaient bien jusqu'à ce que Sophie Côté intègre de la décoration et des meubles à son magasin en avril dernier :

Je pense que ça a créé un froid avec ceux qui venaient pour la laine et les cours de tricot, de crochet ou de feutrage. Ils n'ont pas compris ce virage et cette complémentarité que j'ai recherchée. J'ai sûrement perdu une partie de cette clientèle aussi à ce moment-là », déclare-t-elle.

Sophie Côté commençait également à accueillir des conférences de presse, comme celle de Lis-moi tout Limoilou en mai dernier, et a exposé leur triptyque en vitrine pour montrer son soutien aux œuvres du quartier.La vingtaine d'abat-jour de Sophie Côté au restaurant Batinse sur la rue Saint-Jean. Courtoisie : Sophie Côté.Cependant, c'est hors de la boutique que la créativité de l'artisane a été soulignée. Début juin, le restaurant Batinse, sur la rue Saint-Jean, installe une vingtaine de ses abat-jour dans son local. Cette touche de décoration ne manque pas d'être mise à l'honneur dans un article du Soleil.Malgré la fermeture de l'atelier-boutique Softi, la maman-entrepreneure espère donc continuer sur cette voie en revenant aux commandes spéciales et à son esprit créatif après l'été. Montréal la sollicite déjà.La demande de locaux commerciaux étant importante sur la 3e Avenue, le propriétaire de l’immeuble n’a pas semblé inquiet quant à la possibilité de trouver un nouveau locataire rapidement.

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Les défis d'une maman-entrepreneure

Annik de Celles et sa fille lors de la fermeture de Créations Les Gumes sur la 1ère Avenue.L'atelier-boutique Softi s'ajoute à la liste des commerces de Limoilou fermés dernièrement par des mamans-entrepreneures. Annik de Celles, qui a mis la clé sous la porte du café Créations Les Gumes sur la 1re Avenue le 27 juin dernier, nous a également parlé de la difficulté d'allier sa vie de famille avec son activité professionnelle. Elle aussi a préféré fermer son commerce pour se tourner davantage vers ses premières amours : la création de pâtisseries aux légumes et l'enseignement. La « maman-en-chef », comme elle aime se qualifier, donnera un cours sur l'entrepreneuriat à des étudiants du secondaire dès septembre. Elle travaille également sur un prochain livre de recettes.L'ébéniste Vicky Dessureault de La Chaiserie n'a pas souhaité renouveler son bail sur la 3e Avenue non plus. Elle soutient elle aussi que même si la demande et la passion sont là, le corps arrive parfois à bout. Désirant également se consacrer à sa famille, l'artisane a décidé de concentrer son travail chez elle à Château-Richer sur la Côte-de-Beaupré, à temps partiel avec un retour aux études. Plus de détails sur la poursuite des activités de La Chaiserie dans un prochain article.Cet article a été écrit en collaboration avec Raymond Poirier et Izabelle Houde.