Trésors d’arrière-cours (4) : le jardin à l’anglaise d’André Lemieux

L’un des fleurons du patrimoine limoulois, l'ancienne école d'Hedleyville, abrite un petit jardin chaleureux qui s’harmonise tout à fait au style champêtre du bâtiment érigé en 1897 sur la 3e Rue.

Trésors d’arrière-cours (4) : le jardin à l’anglaise d’André Lemieux | 27 juillet 2011 | Article par Jean Cazes

La cour arrière d’André Lemieux. 30 juin 2011.

Crédit photo: Jean Cazes

L’un des fleurons du patrimoine limoulois, l’ancienne école d’Hedleyville, abrite un petit jardin chaleureux qui s’harmonise tout à fait au style champêtre du bâtiment érigé en 1897 sur la 3e Rue.

Le sérigraphiste André Lemieux est le propriétaire de cette école reconvertie en logements. Dans sa cour arrière, il a créé un îlot de verdure avec l’aide précieuse de son associé, Yves Dumaresk. Une œuvre à maturité menée sur près de trois décennies qui fait aussi le bonheur des deux locataires de l’artisan.

En 1983, André pratiquait déjà son traditionnel métier dans Saint-Jean-Baptiste quand il fit l’acquisition de la maison classée peu après bien culturel.

« J’ai profité d’une opportunité et j’ai eu beaucoup de chance, raconte-t-il avec humilité. J’ai donc changé de quartier, mais comme bien du monde, au départ, j’avais des préjugés sur Limoilou que je connaissais à peine. C’est plus le cas, maintenant ! »

Depuis, le sérigraphiste a relocalisé son atelier tout près de chez lui. Très attaché à son milieu d’adoption, il cofondera la Société historique de Limoilou. André s’impliquera de plus dans divers dossiers de mise en valeur du secteur. Enfin, il consolidera son lien d’appartenance au quartier en restaurant sa nouvelle demeure tout en aménageant sa cour arrière qui était totalement à refaire. André relate avec moult anecdotes savoureuses les grandes étapes de l’aménagement du parterre ombragé. Une aventure pas évidente, au début…

« La cour, dit-il avec un brin d’ironie, c’était une surface de gravelle avec des hangars. Il y avait un seul arbre, un frêne, qui y pousse toujours d’ailleurs. On a conservé un bâtiment, fait venir un camion de terre, posé de la tourbe, mais ça avait l’air d’un terrain de golf… »

Évoquant sa jeunesse heureuse vécue « à la campagne de l’époque, Loretteville, au bord de la Saint-Charles », le Limoulois d’adoption explique que ce coin de nature où il se recueille encore, l’été, a servi d’inspiration pour ce qui deviendra finalement un magnifique exemple de jardin à l’anglaise : « Ma première plante naturalisée est cette fougère ! ».

Poursuivant la description de son arrière-cour, André souligne que ses arbres sont le fruit d’une sélection éclairée avec les conseils précieux de nul autre qu’Yvan Dubé, son voisin d’en face et propriétaire du célèbre « petit jardin exotique » de la 3e Rue !

Autour du pommier taillé en ombelle, au centre, le hangar, les allées et deux points d’eau personnifient le jardin. L’usage d’origine du hangar centenaire demeure nébuleux : « C’était une écurie, suppose-t-il, ou peut-être une tannerie. Ce bâtiment restauré donne vraiment une âme à la cour ! ». Les allées sinueuses en pierres de grès garnies d’une mousse abondante « grâce à un secret de jardinier, le yogourt » ajoutent au cachet.

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Une « source » et son bassin qui ont vingt ans d’histoire couronnent le tout. André en est particulièrement fier : « Elle coule à l’année; il y a même des poissons rouges qui survivent au fond du bassin, l’hiver ! » Il précise qu’au m^me endroit, un petit ruisseau a déjà fait son lit, justifiant à l’époque la localisation de l’ancienne école.

Au fil du temps, diverses autres plantes naturalisées ou horticoles se sont mêlées aux fougères, dont le sceau de Salomon, très représentatif de notre flore des sous-bois, et le myosotis « qui se multiplie facilement par graines ». Parmi les autres plantes vertes vedettes à souligner, sa vigne d’origine de l’Île d’Orléans a si bien prospéré qu’elle couvre maintenant tout le côté jardin de la maison!

Aujourd’hui, André Lemieux savoure à plein le fruit de ses efforts partagés. « Et une fois bien aménagé, un jardin à l’anglaise, tu laisses ça aller, et ça s’harmonise tout seul ! », conclut-il avec enthousisme.

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